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A propos du soutien supposé au M23 : Kabuya accuse, le camp Kabila réplique
* L’ex-président « Kabila est derrière cette guerre du M23», déclare le SG de l’UDPS.
*«Les Congolais ont compris le mode opératoire de l’UDPS : se plaindre et accuser faussement les autres », rétorque la conseillère en communication de Joseph Kabila.
Le Secrétaire général du parti présidentiel « Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) », Augustin Kabuya, a accusé, au cours d’une matinée politique qu’il a animée samedi 30 mars, l’ancien président Joseph Kabila, sorti «clandestinement» du pays, d’être «derrière» la guerre engagée par le Rwanda et le M23.
L’ancien président «Kabila a fui le pays. Allez vérifier à la Direction générale de la migration (DGM), il n’y a aucune trace de sa sortie des frontières de la République démocratique du Congo», a déclaré Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel lors d’une matinée au siège de cette formation politique.
L’ex-président «Kabila est derrière cette guerre du M23. Kabila était décidé à nous faire la guerre, c’est pourquoi il n’avait pas signalé sa sortie du territoire congolais. Il a quitté clandestinement le pays, donc en cachette», a ajouté M. Kabuya devant plusieurs centaines de militants de l’UDPS lors de cette réunion publique. «Vous êtes distraits, l’ennemi est en train de nous infiltrer pour nous affaiblir», a-t-il martelé.
L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), «Corneille Nangaa n’est qu’une étiquette, comme on avait fait à l’époque de Laurent-Désiré Kabila (…) Les Rwandais vont récidiver comme ils avaient fait à Kitona, pour exterminer une fois de plus nos militaires, une fois ils ont le pouvoir, après avoir manipulé les Congolais», a-t-il fait savoir.
M. Kabuya fait allusion aux affres de la guerre enclenchée en 1996 par l’Alliance des forces démocratiques de libération du Congo (AFDL), une coalition des armées de plusieurs pays qui a fait chuter le défunt président Mobutu Sese Seko le 17 mai 1997.
Quant à M. Nangaa, il est à la tête d’une coalition des groupes armés qui combat l’armée congolaise aux côtés de l’armée rwandaise, prenant le contrôle de plusieurs localités dans trois territoires du Nord-Kivu (Est).
Des cadres du PPRD rejoignent Nangaa
Au moins trois cadres du parti de l’ancien président Kabila ont rejoint l’ancien président de la Céni dans son aventure contre la République et la Nation. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a tout nié, estimant que ses deux cadres ont agi en toute «liberté» et cela «sans engager le parti», a déclaré son secrétaire général adjoint Ferdinand Kambere.
L’ex-président Kabila a quitté le pouvoir le 24 janvier 2019, après la victoire du président Félix Tshisekedi qui a géré le pays pendant deux ans avec le camp Kabila. En décembre 2020, la coalition FCC-CACH au pouvoir s’était disloquée, écartant les partisans radicaux de M. Kabila, devenus par conséquent opposants au régime Tshisekedi.
L’Union sacrée de la nation du président Tshisekedi a raflé quasiment tous les sièges à l’Assemblée nationale, alors que lui-même a remporté la présidentielle de 2023 avec 73,47% des suffrages. Le camp Kabila avait refusé de participer à ces élections générales de décembre 2023.
«J’étais au courant de toutes ces manœuvres», a dit Augustin Kabuya aux militants de l’UDPS. Le camp Kabila répond à Kabuya: «Les Congolais ont compris le mode opératoire de l’UDPS : se plaindre et accuser faussement les autres».
Comme il fallait s’y attendre, la déclaration d’Augustin Kabuya n’a pas laissé indifférent le camp Kabila. Dans une déclaration parvenue à Forum des As, le même samedi dans la soirée, la conseillère en communication de Joseph Kabila affirme que les accusations du secrétaire général du parti présidentiel sont irresponsables.
«Les propos irresponsables de M. Kabuya de l’UDPS frisent la folie. Le seul chef d’Etat de toute l’histoire de la RDC à organiser des élections démocratiques, ensuite une alternance pacifique qui a eu pour premier bénéficiaire ce même parti, peut fuir, mieux abandonner ce pourquoi il s’est investi toute sa vie ? Ou encore être à la base d’une quelconque déstabilisation de cette même nation ? C’est incohérent de réfléchir dans ce sens», a fait savoir Barbara Nzimbi.
Dans la foulée, elle souligne que les Congolais ont compris que l’UDPS est un parti qui ne fait que se plaindre et accuser faussement les autres. «Heureusement que le peuple congolais a compris le mode opératoire de l’UDPS : «Se plaindre et accuser faussement les autres», oubliant que diriger, c’est aussi assumer. Cette énième distraction ne peut surgir que de ce parti, cherchant à détourner l’attention des Congolais face à son incapacité à gérer le pays. Joseph Kabila a légué à l’UDPS un pays entier que ce même parti continue de détruire ; ce, année par année depuis 2019», a-t-elle souligné.
Par ailleurs, Barbara Nzimbi a indiqué que Joseph Kabila n’a pas de comptes à rendre à l’UDPS. «Sorti en bonne et due forme, le président Joseph Kabila n’a pas des comptes à rendre à l’UDPS et poursuit et respecte son agenda, notamment ses responsabilités académiques à assumer ; il rentrera dans son pays librement quand il le voudra ; et ce, sans aucune restriction. Aux rêveurs, continuez de rêver», conclut la conseillère en communication de Joseph Kabila. Didier KEBONGO