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PROJET DE BALKANISATION DE LA RDC : Mgr Sébastien Muyengo est formel : "Uvira ne tombera pas!"
* Cependant, le prélat catholique appelle la population locale à une résistance pacifique.
Tombera, tombera pas ? "La ville d'Uvira ne passera pas sous le contrôle des forces rebelles de la coalition AFC/M23", déclare formellement Mgr Sébastien Muyengo, évêque de cette agglomération de la province du Sud-Kivu, joint au téléphone lundi dernier par Top Congo, une radio privée ayant crevé l'audimat en RD Congo.
Agacé par l'escalade observée ces derniers jours à Uvira, deuxième ville du Sud-Kivu après Bukavu, le prélat catholique s'interroge sur le dessous des cartes de ce qu'il qualifie de nomination "suspecte", le 1er septembre courant, de l' officier général des Forces armées de la RD Congo (FARDC), Olivier Gasita, aux fonctions de commandant adjoint de la 33ème région militaire .
Selon ce prince de l'Eglise catholique romaine, les tensions observées ces derniers jours dans cette partie de la province du Sud-Kivu, s'inscrivent dans la droite ligne du projet de saucissonnement ou balkanisation de la RD Congo. Partant, Mgr Sébastien Muyengo, comme nombre d'analystes de cette question, pense que la ville d'Uvira constitue le dernier verrou à faire sauter pour matérialiser ledit projet.
En bon partisan du Dr Jean Price-Mars qui en 1915, .avait invité ses compatriotes haïtiens à résister face à la tentative d'occupation de l'île par les Américains, Mgr Sébastien Muyengo appelle la population d'Uvira et des localités circonvoisines à une résistance pacifique.
On rappelle que la tension est montée d'un cran en début de semaine dans cette agglomération du Sud-Kivu, à la suite des manifestations populaires réclamant le départ, sans condition, du général Olivier Gasita. Ce dernier, officier Munyamulenge, c'est-à-dire un Tutsi congolais- est accusé de proximité avec l'AFC/M23.
Face à l'ampleur de la situation, une délégation des membres du gouvernement de Kinshasa a été dépéchée, lundi 8 septembre sur place à Uvira, pour une décrispation négociée avec les différentes parties au conflit. A savoir, l'Armée congolaise, les membres du groupe armé "Wazalendo" et les acteurs de la Société civile locale.
En même temps que Mgr Sébastien Muyengo invite la population à une résistance mentale, nombre d'observateurs encouragent les FARDC et les Wazalendo à une collaboration sincère. Le contraire serait une façon de prêter le flanc à l'adversaire. Reste à savoir si Kinshasa va faire la volonté de la population qui boude l'officier nommé ou qu'il continuera à le maintenir à son poste. Autrement dit, le Gouvernement devra choisir entre la légalité et la légitimité. Mais toujours est-il que dans pareille situation, nul sage ne conseillerait de gouverner par défi.
UVIRA, LE "WATERLOO ?"
L'aventure des forces coalisées AFC-M23 dans l'Est de la République démocratique du Congo, ressemble à quelques similitudes près, à celle de l'Europe napoléonienne en 1799. Sans doute, la comparaison devrait s'arrêter là, dans la mesure où Napoléon Bonaparte et la coalition rebelle dans la partie orientale de la RD Congo n'ont pas la même idéologie et ne poursuivent pas les mêmes objectifs.
Le plus important à retenir ce jour, est que malgré l'Accord de Washington signé le 27 juin dernier entre la RD Congo et le Rwanda, la situation demeure toujours tendue dans l'Est du pays. Ni cet accord signé sous l'œil témoin des dirigeants américains ni la Déclaration de principes signée le 18 juillet 2025 à Doha au Qatar, entre le Gouvernement congolais et la coalition AFC/M23 soutenue par Kigali, n'a réussi à faire taire les armes. Bien au contraire.
Pour la petite histoire, fin janvier 2025 la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, tombait sous le contrôle des rebelles. Quelques semaines après, soit le 16 février, les mêmes rebelles AFC/M23 lancent de nouvelles offensives et prennent la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.
Près de huit mois après ces conquêtes de la rébellion, la situation demeure à l'état. Auréolés par leurs victoires sur les troupes loyalistes, dans les deux villes précitées de l'Est de la RD Congo, les rebelles posent des actes dignes de souveraineté d'un Etat, Entre autres, la mise en place d'une administration autonome et des forces de sécurité. Pas plus tard que mardi 2 septembre, le gouverneur de la province du Sud-Kivu nommé par la rébellion, a présenté aux médias locaux les nouveaux responsables de la nouvelle force de Police à Bukavu. Preuve de plus que l'AFC/M23 se moque de Washington et de Doha.
Grevisse KABREL