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Procès Matata: Salomon Kalonda dénonce un acharnement judiciaire
*Par ailleurs, ce fidèle des fidèles de Moïse Katumbi dit "NON" à un procès politisé !
Le procès Augustin Matata Ponyo Mapon, accusé de détournement présumé de fonds alloués au projet du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, continue à défrayer la chronique en Rd Congo. La toile s'emballe. Les internautes y vont de leurs commentaires, au goût de leurs appartenances politiques, selon qu'ils soient de l'opposition ou de la majorité parlementaire au pouvoir.
Dans le microcosme politique, les acteurs ne portent plus les mêmes lunettes pour regarder cette affaire mettant en cause, un ancien Premier ministre, élu sénateur en avril 2024.
Tenez. À quelques jours de la reprise du procès, sauf ultime report, ce mercredi 23 avril, des acteurs majeurs de l'anti pouvoir donnent de la voix. Cas du sénateur Salomon Idi Kalonda Della. Ce dernier, les dents serrées, dénonce ce qu'il considère comme un acharnement judiciaire dans l'affaire Matata.
Dans un message publié samedi 19 avril sur son compte X, Salomon SK Della déclare à haute et intelligible voix qu'il s'associe à son leader politique Moïse Katumbi Chapwe, pour dénoncer - non sans véhémence -les impairs constatés dans le déroulement dudit procès.
Loin des galimatias qu'on entend souvent de certains Thuriféraires, Salomon Kalonda Della dit voir dans cette affaire un acharnement judiciaire similaire à celui dont il dit avoir lui-même été victime par le passé.
"Je m'associe au Président Moïse Katumbi dans sa condamnation du procès politique intenté contre l'Honorable Mapon Matata. Pour avoir moi-même été indûment victime d'un acharnement judiciaire, je ne cesserai jamais de combattre toute forme d'injustice, d'où qu'elle vienne et quelle que soit la personne concernée", écrit-il dans un ton n'admettant pas de réplique, sur son compte Tweeter.
Par ailleurs, ce sénateur battant pavillon Ensemble pour la République, parti politique cher à Moïse Katumbi Chapwe, Au-delà du statut d'ancien Premier ministre du prévenu, c'est la question de l'indépendance de la Justice qui cristallise les analyses et retient l'attention de plus d'un opposant.
"La RDC, comme pays et comme nation, ne peut être unifiée que sur la base d'un État de droit, juste et impartial pour tous ses citoyens et non sur l'arbitraire", tranche Salomon SK Della, fidèle des fidèles de Moïse Katumbi.
Vu des observateurs, ce propos de Salomon Kalonda, sonne désormais comme un message fort qui prélude une mobilisation tous azimuts au sein de la classe politique congolaise pour tordre le cou à ce qu'ils estiment être des atteintes aux principes fondamentaux de la démocratie.
L'histoire retiendra que Moïse Katumbi, compte parmi les premiers opposants à fustiger ce qu'ils ont considéré comme étant une violation flagrante des principes fondamentaux du droit dans cette procédure, la qualifiant de "scandaleuse". Selon lui, la Cour constitutionnelle, qui s'était auparavant déclarée incompétente pour juger Matata Ponyo, s'est "contredite" en relançant l'instruction sans que les préalables juridiques nécessaires n'aient été remplis.
"Le droit est piétiné et torturé pour satisfaire une volonté politique. Notre pays a besoin d'unité et non de règlements de comptes en se servant de la Justice", avait martelé Katumbi.
Et de renchérir: "Augustin Matata Ponyo est un sénateur. De ce fait, il est couvert des immunités reconnues à tout parlementaire. Si, par acharnement, il devait être poursuivi pour des faits nouveaux, une autorisation préalable du Parlement est requise", ponctuait Moïse Katumbi.
On rappelle que l'instruction du procès s'est ouverte le 14 avril courant. À cette occasion, les avocats de la défense avaient soulevé plusieurs exceptions. Entre autres, l'incompétence de la Cour constitutionnelle à juger un ancien Premier ministre, par ailleurs sénateur, sans l'autorisation du Parlement, la violation de l'article 68 de la Constitution interdisant tout recours contre les arrêts de la Cour. Pas que. Car, le conseil de l'ancien chef du gouvernement sous Joseph Kabila, a également critiqué une collaboration jugée irrégulière entre la Cour constitutionnelle et la Cour de cassation.
Malgré leur demande de remise pour permettre une meilleure préparation de la défense, la Cour, présidée par Dieudonné Kamuleta, avait choisi de poursuivre l'instruction.
De son côté, Matata Ponyo, qui continue de clamer son innocence, continue à dénoncer, une justice à double vitesse. "Il s'agit d'un procès politique visant à me neutraliser", a-t-il regretté devant les juges, avant de solliciter un délai supplémentaire pour étudier les pièces du dossier.
On rappelle que le Ministère public, représenté par le Procureur général John-Prosper Moke Mayele, accuse Matata Ponyo, Deogratias Mutombo, alors Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) au moment des faits, ainsi que l'homme d'affaires sud-africain Kristof Grobler, de détournement de plus de 200 millions de dollars destinés au projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo.
LES PERIPETIES D'UN PROCES
Les générations présentes et futures retiendront que la Cour constitutionnelle avait décidé le 16 octobre 2023 de juger "par défaut" Matata Ponyo Mapon, ancien Premier ministre (de 2012 à 2016) et candidat à la présidentielle de décembre de la même année, poursuivi pour détournement présumé des deniers publics, dans le cadre d'un deuxième procès dans une même affaire.
Cependant, l'homme a la très célèbre et inséparable cravate rouge vif, avait dénoncé et continue à le faire, ce qu'il avait estimé être des manœuvres visant à l'écarter de la présidentielle de 2023.
À l'ouverture de l'audience, la défense de celui qui est aujourd'hui sénateur et président du parti Leadership et gouvernance pour le développement (LGD) avait indiqué que ce dernier était malade et suivait des soins à l'étranger, avant de solliciter un délai de 60 jours pour le juger.
On retiendra également, dans cette affaire, que Matata Ponyo avait comparu pour la première fois devant la Cour constitutionnelle le lundi 8 novembre 2021. Ce, après un premier report du procès le 25 octobre de la même année.
C'est donc lundi 21 août 2023 que le procès avait repris en l'absence de l'accusé, parce qu'en soins à l'étranger.
Lors de cette audience, les avocats de cet ancien Premier ministre avaient sollicité un délai de 60 jours pour le juger. Mais leur requête fut rejetée par la Haute cour qui avait décidé, le 16 octobre, de juger "par défaut" Matata Ponyo Mapon.
"La Cour retient le défaut à l'égard de M. Matata et prie ses avocats de se retirer", avait déclaré incisif, son président, Dieudonné Kamuleta, après une brève suspension.
Côté de la Défense, la décision de la cour a été considérée comme cavalière.
"Il s'agit d'une décision inique, qui ne préserve pas le droit de la défense", avait toute suite réagi, pour sa part, Me Laurent Onyemba, avocat de Mapon.
Sans y aller avec le dos de la cuillère, ce dernier avait dénoncé cette procédure qu'il avait qualifiée de manœuvres visant à l'écarter de la présidentielle du 23 décembre 2023 qui avait porté au pouvoir, l'actuel chef de l'Etat congolais, Félix Antoine TSHISEKEDI.
Christian MAMPUYA