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Prison Centrale de Makala : Le Vice-ministre de la Justice et le Premier président de la Cour de cassation sur terrain pour évaluer la situation carcérale
Suite à la communication du Président de la République lors du dernier conseil des ministres, évoquant la surpopulation carcérale qui demeure l’une de ses préoccupations majeures, conformément à son engagement à œuvrer en faveur de la restauration d’un État de droit en RDC, le vice-ministre de la Justice Thaddée Mambu Lau et le Premier président de la Cour de Cassation, Elie Ndomba Kabeya, ont tenu le 25 mars 2024 à la Prison Centrale de Makala une séance de travail avec les opérateurs judiciaires, toutes catégories confondues, sur la situation carcérale dans cette prison construite en 1957 pour 1.500 détenus.
A ce jour, près de 15.000 personnes y sont hébergées. Cette descente à Makala visait à dresser la photographie réelle des détenus.
Elie Ndomba a déclaré que « nous sommes venus faire le travail de toilettage de la population carcérale. Aujourd’hui, la population a augmenté de cent pour cent. Il y a des raisons évidentes parce que la démographie de la ville de Kinshasa est en expansion, la criminalité est en augmentation. C’est normal qu’on trouve beaucoup de personnes en détention. Est-ce que tous ceux qui sont en détention sont là de manière régulière ? C’est pour cette raison que tous les chefs de juridiction d’offices, des greffiers sont présents pour vérifier au cas par cas et voir ceux qui sont là de manière irrégulière, comment les mettre en liberté et vérifier aussi ceux qui ont été condamnés peuvent aller purger leurs peines dans d’autres prisons comme à Luzumu, à Angenga et ailleurs».
Cependant, il a ajouté que «nous avons de grandes prisons comme le Centre de détention de Luzumu au Kongo Central et Angenga qui ne sont pas remplies. Pour quelqu’un qui a été déjà condamné à dix ans, au lieu qu’il passe dix ans à la Prison Centrale de Makala, on peut l’amène à Angenga pour aller purger sa peine. Il peut même former sur place, où il a la possibilité d’être resocialisé qu’ici à la Prison Centrale de Makala, où il sera étouffé où il peut même tomber malade et laisser sa vie».
«Nous avons été saisi de la présence d’un prisonnier qui a totalisé 21 ans de détention sans jugement. Pourquoi il est là depuis 21 ans et pourquoi il n’a jamais sollicité qu’il soit jugé. Parler c’est bien, mais il faut vérifier. Nous nous sommes des juristes et nous ne parlons pas en l’air. Je veux savoir pourquoi il est là depuis 21 ans. Je suivrais le dossier pour voir où se trouve son dossier et la réponse sera donnée lorsqu’on aura tout vérifier», a-t-il réagi à une question de la presse.
«Tous ceux qui sont en détention ne sont pas là du fait des magistrats seulement. Je sais que la situation sur papier, dans les registres des dossiers, dans les offices et juridictions n’est pas totalement conforme à la photographie de la situation réelle de la population carcérale», a-t-il reconnu.
C’est pour cela que «j’ai demandé aux parquets, tous les offices, tous les responsables de juridictions accompagnés des greffiers qui s’occupent du secteur pénal que nous puissions nous retrouver ici. C’est pour avoir la photographie réelle sur terrain. Quel détenu relève de quelle juridiction et de quel office ? Donc, chaque chef de juridiction et ses greffiers devraient vérifier clairement quelles sont les personnes en détention qui relèvent de leurs offices. Dès que vous relevez cette photographie sur terrain, vous retournez pour comparer avec ce que vous vous avez dans vos juridictions pour sortir un premier rapport. Tous ceux qui n’ont pas de dossiers effectifs et qui sont en détention de manière hasardeuse, nous allons les libérer», a expliqué le Premier président de la Cour de cassation au cours de cette descente. Mathy MUSAU