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Révision de la Constitution :”Nshole n'a aucun mandat pour parler au nom de qui que ce soit” (Augustin Kabuya)
La polémique autour de la révision de la Constitution s'intensifie dans le pays. En réponse à la récente déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), opposée à toute modification de la Loi fondamentale, le président intérimaire de l'UDPS, Augustin Kabuya, a lancé une virulente charge contre le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Nshole, tout en réaffirmant la détermination de son parti à mener à bien ce projet.
S'exprimant le samedi 20 juin devant les militants de l'UDPS, Augustin Kabuya a d'abord remis en cause la légitimité du prélat à s'exprimer au nom des Congolais. « Nshole n'a aucun mandat pour parler au nom de qui que ce soit. Il n'est même pas marié pour parler au nom de sa femme, de sa famille ou de ses enfants », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Je pensais à l'époque que Nshole était sérieux ».
Le dirigeant de l'UDPS a toutefois reconnu à la Cenco le droit d'exprimer ses opinions sur les questions politiques. Il a cependant insisté sur le fait que ces prises de position ne modifieront en rien la volonté de sa formation politique. « La Constitution sera révisée », a-t-il martelé, balayant les réserves exprimées par l'Église catholique.
Dans la foulée, Augustin Kabuya a également accusé le secrétaire général de la Cenco d'adopter une posture qu'il juge complaisante face à la crise sécuritaire dans l'Est du pays. « Nshole va parler au nom de qui ? Ils sont allés prendre de l'argent au Rwanda chez Kagame et Kabila, puis ils commencent à créer les désordres. Ils ne sont même pas en mesure de dire clairement, au point 2 de leur déclaration, qu'il y a une armée étrangère qui occupe notre territoire de manière illégale. Ils commencent à le maquiller dans un bon français », a-t-il affirmé.
Ces accusations interviennent quelques heures après la déclaration des prélats catholiques réaffirmant leur opposition à toute révision de la Constitution. Ils estiment qu'une telle initiative ne constitue pas une priorité pour le pays au regard des défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels il est confronté.
Cette nouvelle passe d'armes illustre la montée des tensions entre l'UDPS et la Cenco sur le débat constitutionnel, désormais au cœur des affrontements politiques entre le pouvoir et plusieurs acteurs de la société civile et de l'opposition.
Jérémie ASOKO