Dernière minute
Société
Le Centre d’information et de documentation sur le climat (Cidoc) vient de lancer un projet d’appui pour des agriculteurs évoluant dans des zones périphériques de Kinshasa, en vue de les accompagner pour faire face aux effets du changement climatique. Ce lancement est intervenu lors d’un atelier…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Kinshasa vit au rythme des spéculations autour du prochain remaniement gouvernemental. Le chef de l'État, Félix Tshisekedi, a déjà confirmé son intention de réajuster son équipe, une annonce qui…
Étranger
L’analyse des conflits mondiaux révèle une constante géopolitique : le rôle pivot du voisinage dans les dynamiques des conflits. Si le voisin peut être un médiateur de paix, il s’avère bien…
Nation
Ndjili : sept élèves s’évanouissent en classe à l’Institut Biochimie
L’Institut Biochimie de Ndjili a connu une journée particulière hier mardi 6 décembre. Sept élèves se sont évanouis pendant les heures des cours. Elles auraient inhalé une odeur. Elles ont commencé à tomber l’une après l’autre et ont perdu connaissance. D’après les premières explications données par le bourgmestre de Ndjili, Moussa Abdul Razac, l’odeur nauséabonde serait venue des ordures laissées devant l’école après le déchargement d’un conteneur. Les victimes, essentiellement des filles ont été acheminés d’urgence, presque toutes inconscientes, dans un centre hospitalier situé non loin de l’école. Elles ont repris connaissances quelques minutes plus tard après les premiers soins.
Après une descente au centre de santé pour se rendre compte de la situation et réconforter les victimes, le bourgmestre de Ndjili, Moussa Abdul Razac, a révélé que «cette odeur posait un problème de respiration au niveau des élèves qui étaient présents. On a remarqué que les élèves commençaient à tomber l’une après l’autre et perdaient connaissance».
Il se réjouit du fait qu’il n’y a pas eu mort d’hommes et la prise en charge n’a pas tardé. «Nous remercions Dieu parce que le drame a eu lieu à l’école. Les élèves sont pris en charge dans un centre médical. La difficulté que nous avons, c’est de déceler la cause. C’est vrai que non loin de l’école, il y avait des ordures. Il semble que ces ordures ont été générées par un véhicule, un conteneur qui déchargeait des articles le dimanche 4 décembre dernier. C’est là qu’on a trouvé ces ordures répugnantes entreposées quelques part. Comme c’est non loin de l’école, avec les pluies qui s’abattent ces derniers temps, on ne sait pas si cela a eu des effets nocifs et pollué l’air», a déclaré le bourgmestre à Forum des As.
Qu’à cela ne tienne, Moussa Abdul s’interroge tout de même sur la cause réelle et tient à connaître, mordicus, la réalité des faits. «Le vrai problème est de faire une corrélation. Est-ce que ces odeurs qui provenaient de ces ordures sont-elles à la base de la situation que nous avons connue avec ces élèves. Il faudrait que le médecin chef de zone avec ses services puisse nous aider à déceler les véritables causes. A notre niveau, nous devons nous battre pour connaitre l’origine du supposé véhicule, l’identifier et connaitre son propriétaire. Nous devons également savoir et surtout interroger la police qui était présente lors de l’arrivage pour nous dire ce qui s’est passé réellement », a poursuivi le patron de Ndjili.
Un Commandant de la Police a confirmé à FDA: «Nous étions au poste. Le préfet est venu nous alerter que les enfants sont en train de tomber. On lui a posé la question, il nous a dit que c’est dû à des ordures jetées à côté de l’école».
Le prof Bienvenu Mata (Biochimie), «Nous avons vu une, deux, trois quatre et cinq tombaient. Cela qu’on s’est rendu compte qu’il y a un problème. Cela a créé la panique à l’école. Tout le monde était curieux de venir vivre la scène. On ne sait pas exactement ce qui est à la base. Le Proved est arrivé, la police également. Mais pour mesure préventive, on a libéré les enfants».
Un autre corps enseignant, qui a requis l’anonymat, a également fait savoir que les élèves suffoqués par cette odeur sont ceux dont les classes se trouvent le long du mur de l’école. Il attribue aussi cet incident au conteneur. «Le conteneur a déchargé la marchandise le dimanche devant l’école. Dans le lot, il y avait des articles périmés entre autres des oignons, l’ail, les ndakala (fretins). C’est le lundi que nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une odeur insupportable. Ne pouvant plus supporter l’odeur, les gens qui vendent tout le long du mur de l’école ont décidé de les évacuer. Juste au moment où ils ont commencé à le faire, l’odeur a dégénéré jusqu’au niveau des classes. Ces sont les élèves de 6ème année et 4ème humanités scientifiques, ainsi que des 5ème commercial qui ont été exposés à cette odeur», explique-t-il.
D’après le témoignage d’un élève de la 6ème année qui a également requis l’anonymat, l’odeur aurait commencé depuis le vendredi dernier.
«On était juste en classe le vendredi dernier. On a senti une forte odeur. Nous avons dit à notre professeur qui dispense le cours de comptabilité. Lui aussi a réellement senti une odeur. Il nous a demandé d’aller signaler au bureau. Et aujourd’hui, quand nous sommes arrivés, l’odeur était toujours là. Nous avons informé notre directeur de discipline. Il nous a dit que si c’est le cas, nous pouvions nous mettre dans la cour de l’école sur la pelouse. Nous sommes sortis. Quelques temps, on nous a demandé de retourner en classe. L’odeur s’amplifiait. Le prof de math est venu pour enseigner, mais il n’a pas pu le faire. Nous avons dit au conseiller, ce dernier a dit que l’odeur ne tue pas. Juste le temps de sortir, les enfants ont commencé à tomber l’une après l’autre. Ils étaient près de 15 élèves. Elles ont commencé à avoir des problèmes respiratoires», a raconté cette élève.
Si presque toutes les sources pointent un doigt accusateur aux produits avariés évacués du conteneur, il n’en est pas le cas pour les vendeurs qui se trouvent devant l’école. Ils estiment que l’origine de l’odeur devrait être cherchée ailleurs. «Le conteneur a été déchargé le dimanche. Il y avait effectivement des produits pourris notamment l’ail, les oignons, des feuilles de laurier ainsi que des moteurs des véhicules et des ustensiles de cuisine. Si réellement c’est cette odeur qui a provoqué le problème respiratoires chez les enfants, nous serions les premiers parce que cela s’est passé devant nous», indique Nkita Ndembo.
C’est à l’issue de l’enquête que les uns et les autres auront des précisions sur ce cas.
En dernière minute, toutes les victimes ont quitté le centre après quelques heures d’observation. Mais une d’entre elles y est retournée parce qu’elle avait des maux de tête. Après des soins, elle est encore retournée à la maison. Dina BUHAKE