Dernière minute
Société
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Kinshasa vit au rythme des spéculations autour du prochain remaniement gouvernemental. Le chef de l'État, Félix Tshisekedi, a déjà confirmé son intention de réajuster son équipe, une annonce qui…
Étranger
Les États-Unis ont remercié Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la Vision et le Leadership qui propulsent le partenariat de 250 ans vers de nouveaux sommets.
Intervenant lors d’une…
Nation
Dans un univers marqué par la guerre et des crises en cascade, l'évangéliste Colin Nzolantima juge opportun de tirer la sonnette d'alarme pour alerter ses compatriotes de la République…
Minerais de sang : Fatshi pilote le front judiciaire contre Apple
Kinshasa en a ras-le-bol. La RDC a lancé depuis le mois d’avril dernier, via son collectif d’avocats, une mise en demeure contre le géant américain Apple, soupçonné d’utiliser dans ses produits des minerais exploités illégalement en RDC. Profitant de leur séjour dans la capitale Rd congolaise, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a invité les avocats William Bourdon et Peter Salas à un échange avec les médias autour de l’action récemment engagée.
Reçus le mercredi 12 juin à Kinshasa par le Président de la République, Félix Tshisekedi, qui pilote le front judiciaire contre la puissante société américaine, ces avocats mandatés officiellement par la RDC, ont fait le point de la mise en demeure lancée à Apple en France et aux États Unis d’Amérique, question de responsabilité éthique de cette multinationale de par l’utilisation dans ses produits des minerais stratégiques illicitement extraits à la suite de l’activité belliqueuse du Rwanda contre la République démocratique du Congo et les violations massives des droits humains qui en découlent.
«Il faut agir. Il faut trouver les vecteurs d’influence pour montrer et prouver à tout le monde qu’il y a du sang dans les téléphones. Tout le monde doit savoir ce qui se passe dans la chaîne d’approvisionnement des téléphones qu’il a en mains. Nous comptons sur la société Apple. Nous pensons qu’elle peut agir pour décourager le commerce de ces produits exploités au prix du sang coulé», ont fait savoir les avocats Robert Amsterdam et William Bourdon, dûment mandatés par le gouvernement.
«Notre démarche est de rendre responsables ceux qui continuent sur ce chemin d’impunité. Nous avons un devoir d’inventivité et d’imagination juridique pour faire triompher la démarche des autorités de la République démocratique du Congo et donner l’estocade finale à Apple et toutes les autres multinationales impliquées dans l’exploitation des minerais de sang», confient-ils.
Pour le ministre de la Communication et Médias, le peuple congolais suit et attend les résultats de cette démarche entreprise par ce collectif d’avocats à l’international. «C’est une action surprise. La surprise est un des éléments de ce qui s’est fait ici. On a profité du passage de nos avocats ici pour faire le point avec les médias de l’évolution du dossier. Depuis, justement cette action qui avait été lancée le 25 avril dernier. Vous avez compris qu’il y a des choses qui ne peuvent pas être dites pour le moment parce qu’elles sont en train de couver. C’est une action qui sera sûrement longue parce qu’il ne s’agit pas seulement, comme l’a dit Maître Bourdon tout à l’heure, de faire focus sur une entreprise qui s’appelle Apple. Il y a d’autres cibles qui sont bénéficiaires des minerais qui sont produits illicitement, qui sont produits au prix du sang de citoyens de la République démocratique du Congo», a expliqué le ministre de la Communication et Médias.
«Autant, on se déploie sur le front diplomatique et le front militaire, autant nous opérons en même temps sur le front judiciaire, le front économique et sur le front médiatique. Nous irons encore davantage sur le front médiatique. Nous allons maintenir la vigilance et nous assurer que nous faisons comme gouvernement tout ce que nous devons faire pour amener la paix dans l’Est de la RDC, mais aussi pour recouvrer nos intérêts qui ont été indûment perçus par ceux qui profitent justement des recettes de nos minerais», a-t-il poursuivi.
Un aperçu des activités déployées sur le front judiciaire a été donné par le professeur Ivon Mingashang, Coordonnateur de la Task-Force Justice Internationale. Il reste convaincu que la République démocratique du Congo a toutes les chances pour remporter cette bataille. Contrairement à l’affaire qui l’avait opposée à l’Ouganda en rapport de la guerre de 6 jours où le collectif des avocats n’avait pas toutes les preuves matérielles à présenter devant les juridictions judiciaires internationales où cette affaire était portée. «Ces erreurs nous ont enseigné et nous ne les reprendrons plus. Pour cette démarche, au sein de la task force, nous avons tout un service qui s’occupe de la recherche des informations, identification des données et de leurs archivages. Il se documente correctement au quotidien. Ce qui nous aidera progressivement», a-t-il avancé.
À ce stade, il n’est un secret pour personne que le Rwanda est un pays receleur des minerais congolais. Paul Kagame l’a lui-même reconnu que son pays n’est pas le seul à bénéficier des minerais provenant illégalement de la RDC dont sa partie Est est insécurisée et la population victime des crimes internationaux commis par l’armée rwandaise.
Avec Cellcom Com et Médias