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Mgr Melchisedec Sikuli Paluku : « Nous avons l’air de penser que nous ne sommes pas gouvernés »
Mgr Melchisedec Sikuli, l’évêque de Beni-Butembo, dans la province du Nord-Kivu, a déclaré dernièrement, au terme de sa visite pastorale à la paroisse Saint Conrad de Kasindi ce qui suit : « Nous sommes dans un Etat de malaise, où les gens sont tués tous les jours, et attaqués de tous les côtés. Nous semblons penser que nous ne sommes pas gouvernés« . Ces propos ont été tenus après le constat amer selon lequel la myriade et la régularité des défis menaçant la vie en RDC donnent l’impression qu’il n’y a pas de gouvernement fonctionnel dans le pays.
En sus de quoi, le prélat a conseillé : « Nous devons vraiment nous occuper de nous-mêmes. Nous ne devons pas attendre le monde extérieur. Nous ne pouvons pas attendre que les nations extérieures viennent et construisent, qu’elles apportent la paix, la sécurité, le développement et une éducation de qualité à nos enfants ».
Aux dirigeants du pays, il leur a demandé d’accorder la priorité au bien-être de la population en déclarant: « je ne peux pas dire que la foule que je viens de voir jouit de ce bien-être », avant d’ajouter: « C’est à nous Congolais d’y veiller «
Aucun Congolais ne peut être surpris par les propos du n°1 de l’Eglise universelle dans le diocèse de Beni-Butembo tant qu’ils entrent dans la ligne droite de la mission prophétique de cette confession religieuse, que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a toujours défendue .Pour les fanatiques, une telle position peut paraître extrémiste mais les réalités sur le terrain ne contredisent pas les propos du prélat. De l’est à l’ouest en passant par le centre, le climat est infernal en RDC. Si certains peuvent penser que le pays se porte bien tant qu’ils se la coulent douce dans leurs salons huppés de la haute ville, les spectacles ahurissants que vivent quotidiennement les citoyens donnent raison aux autres.
La déclaration de Mgr Melchisedec Sikuli doit plutôt interpeller les autorités congolaises et les inciter à changer le fusil d’épaule tant que ceux qu’ils gouvernent crient jour et nuit pour réclamer une protection beaucoup plus rassurante et de meilleures conditions de vie. Pour preuve, depuis l’instauration de l’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri, des morts se succèdent du jour au jour au point où même certains élus de ces coins proposent au gouvernement de mettre fin à cette mesure d’exception qu’est l’état de siège.
Les derniers tristes événements vécus dans le territoire de Kwamouth et qui dépassent actuellement cette entité pour s’étendre dans le Kwango et le Kwilu voisins prouvent à suffisance que l’insécurité tend à embraser tout le territoire national après la partie septentrionale du pays. Une situation d’insécurité qui persiste en dépit de l’entrée au gouvernement de certaines personnalités qui ont suscité beaucoup d’espoirs dans l’opinion. Les enlèvements diurnes et nocturnes suivis des meurtres enregistrés à Kinshasa ces dernières semaines viennent compléter ce tableau déjà sombre du paysage congolais.
Outre cette question de l’insécurité, il y a à déplorer la dépréciation de la monnaie locale qui charrie des conséquences socio-économiques qui s’observent ces dernières semaines. Le panier de la ménagère ne fait que s’amenuiser au grand dam des plus démunis qui ne savent plus à quel saint se vouer. Malheureusement, il se constate que ceux qui ont les rênes du pouvoir ne s’attaquent pas au fond des questions mais cherchent à trouver des boucs-émissaires avec la chasse aux opposants qui ne sont pour rien dans la déconvenue actuelle. Pourtant, l’heure est plus que jamais à la recherche de l’unité nationale pour exploiter le plus possible les intelligences nationales dont le pays a grandement besoin pour le sortir du gouffre dans lequel il se trouve. Muke MUKE