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MEETING DU LEADER DU MLC : J.P. Bemba accuse Joseph Kabila d'être la main noire derrière " la milice Mobondo"
La mystérieuse main noire derrière la redoutable milice " Mobondo " a désormais un visage et un nom. Selon Jean-Pierre Bemba, Vice-Premier ministre et ministre des Transports et Voies de Communication, il s'agirait de l'ancien président de la République, Joseph Kabila, Cette déclaration fracassante a été faite, lors de son discours populaire prononcé, mercredi 26 février à Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu.
Le chef de file du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) est dans de sales draps.Et les accusations à son encontre ne cessent de s'accumuler. Déjà désigné par son successeur, Félix Tshisekedi, comme le parrain de l'Alliance Fleuve Congo (AFC) et du mouvement du 23 Mars (M23), la famille politique de Fatshi enfonce encore le clou en l'accusant d'être le cerveau moteur de la milice Mobondo. Cette dernière est apparue au lendemain du conflit foncier opposant les communautés Teke et Yaka dans la province du Maï-Ndombe.
Devant une foule de partisans, Jean-Pierre Bemba a affirmé que les combattants de la milice Mobondo, capturés et interrogés par les forces de sécurité, auraient avoué agir sous les ordres de Joseph Kabila. Il accuse l'ancien chef de l'État de vouloir semer l'insécurité dans le Grand Bandundu et d'être impliqué dans le conflit sanglant opposant les communautés Teke et Yaka.
" Depuis que je connais le Grand Bandundu, jamais deux tribus qui vivent ensemble ne se sont entre-tuées de cette manière. Lorsque j'étais ministre de la Défense, nous avons arrêté ces hommes, nous les avons interrogés, et ils ont tout avoué. Ils ont cité le nom de l'ancien président Joseph Kabila. Il est le cerveau derrière tout cela, dans le but de déstabiliser Kinshasa ", a déclaré Jean-Pierre Bemba devant une foule à Bandundu.
Il a également élargi ses accusations en affirmant que JKK, en collaboration avec le Rwanda, est à l'origine de l'insécurité persistante dans l'Est du pays, notamment à Goma et Bukavu.
" Après avoir échoué dans le Grand Bandundu, il s'attaque désormais à l'Est. Avec le soutien du Rwanda, il crée l'insécurité pour piller nos richesses. Nous ne pouvons pas accepter cela. Vous devez dire non pour que ces choses cessent. Rangez-vous derrière le chef de l'État pour mettre un terme aux souffrances de nos frères de l'Est. "
Face à cette situation explosive, Jean-Pierre Bemba appelle à une mobilisation générale. Il exhorte les jeunes du Grand Bandundu à s'enrôler massivement dans l'armée pour défendre le pays contre les groupes armés et éviter que l'Est ne subisse le même sort que d'autres provinces.
" Si nous voulons la paix, nous devons chasser les militaires rwandais de notre sol. Le chef de l'État a demandé que tous les jeunes âgés de 18 ans s'engagent dans l'armée afin de contrer l'agresseur qui cherche à balkaniser notre pays. Enrôlez-vous massivement pour défendre la patrie et éviter que ce que vivent nos frères de Goma et Bukavu ne se répète ici à Bandundu ", a-t-il insisté.
L'ancien vice-président a également appelé à l'unité et à la vigilance pour vaincre l'ennemi.
" Je vous exhorte à rester unis. Ne nous laissons pas diviser par l'ennemi. L'heure est venue pour nous tous - civils et FARDC - de nous ranger derrière le chef de l'État, Félix Tshisekedi. Il est celui qui a osé dire non à Paul Kagame et à ceux qui pillent nos ressources. Soyez rassurés : le chef de l'État ne dort pas, et un jour, nous aurons de bonnes nouvelles. Nous avons peut-être perdu une bataille, mais nous n'avons pas perdu la guerre. Nous allons utiliser tous les moyens pour récupérer Goma et Bukavu ", a-t-il martelé.
Bemba, accompagné d'une délégation gouvernementale comprenant notamment Didier Mazenga et Ève Bazaiba, séjourne à Bandundu pour évaluer la situation sécuritaire et sensibiliser la population. Après Bandundu, la délégation de Bemba prévoit de se rendre à Kikwit et dans d'autres villes du Grand Bandundu pour poursuivre la sensibilisation et l'évaluation sécuritaire.
En 2022, Ambongo confirmait une main noire
Lors d'une conférence de presse tenue le 21 octobre 2022,le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, évoquait lui aussi une " main noire ", mais il pointait plutôt du doigt des acteurs politiques de la capitale.
Le prélat catholique avait affirmé que les tensions dans le Maï-Ndombe ont été attisées par des intérêts venus de Kinshasa, et non par des éléments étrangers.
" J'ai discuté avec des témoins sur le terrain, et personne ne m'a parlé d'une ingérence extérieure. Tout le monde reconnaît que c'est un conflit lié aux terres et à la redevance coutumière. Il s'agit d'un problème interne. Il n'y a pas d'intervention étrangère à Kwamouth ", a-t-il déclaré.
L'archevêque de Kinshasa a également révélé avoir transmis à Sama Lukonde, à l'époque premier ministre une liste des personnalités politiques locales soupçonnées d'être impliquées dans l'instabilité de la région.
Début conflit
Le conflit, qui a débuté en 2022 à Maï-Ndombe, s'est progressivement étendu jusqu'aux portes de Kinshasa. Des insurgés yaka, armés de fusils de chasse et de machettes, s'en prennent désormais aux villages teke de la commune de Maluku.Ces violences, marquées par l'assassinat d'un chef coutumier et de sa famille, ont forcé de nombreux habitants à fuir leurs foyers. Plusieurs villages, dont Bolingo, Kinzono et Mfumukieto, sont désormais sous le contrôle de la milice Mobondo.
Malgré le déploiement des forces de l'ordre, l'armée peine à déloger les miliciens de leurs bastions. La population locale, majoritairement agricole, redoute de retourner aux champs et réclame davantage de patrouilles de sécurité.
Le Mobono apparait en 2022
La milice Mobondo, qui a émergé en 2022 à la suite de cet conflit foncier, est aujourd'hui une menace sécuritaire majeure. D'abord circonscrit à la province du Maï-Ndombe, ce groupe armé s'est progressivement implanté dans le Kwilu, et Kwango et même aux portes de Kinshasa. Il sème la terreur parmi la communauté Teke. Des villages entiers ont été attaqués.
Joseph Kabila fait à nouveau parler de lui
L'ancien président Joseph Kabila, habituellement discret depuis son départ du pouvoir en 2019, a récemment fait parler de lui à travers une tribune controversée. Dans ce texte, il exprime une forme de sympathie envers le M23, ce qui renforce les soupçons sur son rôle présumé dans l'agression de la RDC par ce groupe rebelle soutenu par le Rwanda.
" Contrairement à ce que les autorités de Kinshasa prétendent, la crise ne se résume pas aux actions du M23, présenté à tort comme un simple groupe anarchiste manipulé par un État étranger. Ce mouvement a des revendications légitimes ", a écrit Kabila. Ces propos ont provoqué un tollé au sein de l'opinion publique. Beaucoup y voient la confirmation que l'ancien président est bien le parrain du M23.
Dans l'entrefait, cette sortie a immédiatement relancé les spéculations sur un possible retour sur la scène politique, de celui qu'on surnomme à Kinshasa le "recteur de l'université de Kara " à cause de son silence légendaire
Son parti, le PPRD, multiplie les signaux en ce sens, et son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, a récemment annoncé une communication imminente de l'ex-président. " Le chef va parler dans trois ou quatre jours. Il a parlé une fois et tout le monde a tremblé. Il va encore parler ", a-t-il déclaré lors d'une matinée politique tenue à Kinshasa.
Christian-Timothée MAMPUYA