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Martin Fayulu : "La cohésion nationale peut bouter dehors tous ceux qui dérangent"
L' opposant Martin Fayulu en appelle au combat non seulement de la démocratie mais aussi surtout celui de la cohésion nationale et de l'intégrité territoriale pour barrer la route à tous ceux qui tirent profit des portions de terres, des richesses de la République démocratique du Congo et qui veulent de la balkanisation du pays. C'est la substance du message que Martin Fayulu a lancé hier lundi 16 février, à la messe commémorant le 34ème anniversaire de la marche des chrétiens, à la paroisse Saint-Joseph dans la commune de Kalamu, à Kinshasa.
Face à la situation actuelle que traverse le pays, le président de l' Engagement pour la citoyenneté et le développement ( Ecidé), s'est exprimé en ces termes: " Nous sommes donc ici pour dire aux Congolais de ne pas céder, le combat continue parce que ce pays aux immenses richesses voit pourtant son peuple vivre dans une misère indescriptible. Nous devons continuer à réclamer la démocratie, et aujourd'hui la cohésion nationale. La cohésion nationale peut bouter dehors tous ceux qui dérangent, tous ceux qui veulent avoir des portions de terres, c'est notre détermination à poursuivre le combat. Hier, c'était le combat pour la démocratie. Aujourd'hui, c'est le combat pour la démocratie, pour l'intégrité territoriale et pour la cohésion nationale. C'est ce combat que nous allons continuer et je suis très heureux que les Congolais se souviennent de cette date ", a fait savoir Martin Fayulu.
LE 16 FEVRIER 1992, DEBUT D'UNE TRAGEDIE
La date du dimanche 16 février 1992 marquait le début d'une tragédie qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective des Congolais, Zaïrois à l'époque. Ce jour-là, des manifestants qui réclamaient la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS) ont été violemment réprimés par les forces de l'ordre, sous le régime de l'ancien chef de l'État, feu le maréchal Mobutu Sese Seko. Les morts ont été enterrés au cimetière de Kintambo.
Le bilan officiel de cette marche sous le gouverneur Kibabu Madiata Nzau a fait état d'une dizaine de morts. En revanche, la Société civile avait avancé un bilan beaucoup plus lourd, évoquant la disparition d'une centaine de personnes.
Des milliers de citoyens, venus de différentes communes de Kinshasa, avaient répondu à l'appel d'un groupe de prêtres, intellectuels et laïcs catholiques pour réclamer la réouverture de la CNS, dans ce qui fut l'une de plus grandes manifestations depuis l'indépendance du pays.
Arborant bougies, rameaux et chapelets, les manifestants ont défié l'interdiction des autorités, exprimant ainsi leur désir ardent de voir la CNS reprendre ses travaux. Face à cette mobilisation massive, la répression a été d'une violence inouïe, avec des tirs à bout portant de la part des forces de l'ordre contre les protestataires.
Deux mois après ces événements tragiques, malgré l'opposition du Premier ministre Jean Nguz Karl-I-Bond, qui dénonçait le coût budgétaire des travaux de la CNS réunissant 2.650 délégués, ces assises avaient finalement repris ses activités. Elles aboutiront à la désignation d'Étienne Tshisekedi comme Premier ministre du Gouvernement de transition le 15 août 1992, marquant ainsi un tournant dans l'histoire politique du pays.
Gloire BATOMENE