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L’UDPS répond aux critiques formulées par Kabila contre Fatshi
La riposte ne s’est pas fait attendre après les récentes déclarations de l’ancien président Joseph Kabila. Accusé d’instaurer une dictature au Congo, le chef de l’État Félix Tshisekedi s’est vu soutenu par des militants du parti présidentiel, réunis hier mercredi 25 mars pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une attaque infondée et politiquement orientée.
Lors d’une causerie morale, le Secrétaire général de ce parti présidentiel a qualifié les accusations de Joseph Kabila «de mensonges». Dans la foulée, Augustin Kabuya rappelle à l’opinion publique les années de gouvernance du «Raïs», qu’il décrit comme marquées par une répression violente des manifestations de l’opposition.
Évoquant des souvenirs douloureux, il a notamment fait référence à des militants de l’UDPS tués dans des circonstances tragiques, notamment lors d’un incendie meurtrier, ou ceux qui auraient été victimes d’exactions attribuées aux services de sécurité de l’époque.
Dans la foulée, le SG de l’UDPS a élargi ses critiques à certaines figures de l’Église catholique, notamment le cardinal Fridolin Ambongo et Mgr Donatien Nshole, qui ont également exprimé des inquiétudes sur une supposée dérive autoritaire du régime actuel. Le secrétaire général de l’UDPS les a mis au défi de produire des preuves concrètes, les invitant à présenter des images de manifestations violemment réprimées sous l’actuel pouvoir, comparables à celles observées sous le régime Kabila.
Quid de l’accord secret ?
Abordant la question sensible d’un prétendu accord secret entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, le SG de l’UDPS a tenté de clarifier les faits. Selon lui, il ne s’agissait nullement d’un pacte occulte pour accéder au pouvoir, mais d’une simple nécessité politique découlant des résultats électoraux.
«Le président Tshisekedi avait remporté l’élection présidentielle, mais il ne disposait pas de majorité parlementaire. Il fallait former une coalition», a-t-il expliqué, rejetant toute autre interprétation.
En outre, la voix autorisée du parti présidentiel a affirmé que Joseph Kabila se serait présenté auprès du président nouvellement élu «avec une arme à feu», pour lui rappeler le rapport de force politique.
Par ailleurs, le secrétaire général de l’UDPS s’est interrogé sur certaines zones d’ombre du passé de l’ancien chef de l’État, notamment l’acquisition d’une résidence à Goma en 1999, à une époque où la ville était sous contrôle de la rébellion du RCD. Une interrogation qui relance les débats sur les relations historiques entre certains dirigeants congolais et les mouvements armés.
L’intervenant a pris la défense de l’artiste Koffi Olomidé, dont les propos récents ont suscité des réactions. Ce dernier avait affirmé que «sans Tshisekedi, Kagame aurait un appartement à Gombe». Pour Kabuya, ces déclarations traduisent une réalité connue de tous à une certaine époque : «Pour être ministre, il fallait être parrainé par Kigali».
Christian-Timothée MAMPUYA