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Les participants au CIPCC plongent dans les subtilités de la langue chinoise
Deux jours après le lancement officiel du programme de communication de presse internationale en Chine (CIPCC), les participants ont entamé, lundi 25 août 2025, leur premier cours d’initiation au chinois mandarin. Sous le regard attentif de Zhuang Ying, enseignante passionnée par la transmission de son patrimoine linguistique, un poignet de journalistes venus d’Afrique, d’Asie, du monde arabe et d’Amérique latine ont découvert les premières clés d’une langue parlée par plus d’1,5 milliard de personnes dans le monde.
Assis face à un tableau blanc couvert de caractères mystérieux, les journalistes ont rapidement compris qu’apprendre le mandarin, c’est bien plus qu’acquérir un simple vocabulaire : c’est entrer dans un univers linguistique façonné par des siècles d’histoire et de tradition. «Il existe cinq tons en chinois, dont quatre principaux», a expliqué Zhuang Ying, avec un sourire encourageant. «Si vous parvenez à les maîtriser, vous comprendrez mieux la langue».
Ciment linguistique d'un pays vaste
Dès les premières minutes, l’enseignante a replacé la langue chinoise dans son contexte culturel. La Chine compte 56 ethnies reconnues, mais c’est l’ethnie Han, représentant plus de 80 % de la population, qui a façonné le putonghua, le mandarin standardisé, comme langue officielle et nationale de la République populaire de Chine. Appelée aussi zhongwen, littéralement «langue écrite chinoise», elle est le ciment linguistique d’un pays vaste et diversifié.
«La Chine est grande et riche en dialectes», a rappelé Zhuang Ying. «Le mandarin sert de langue commune. Dans les familles, on parle encore des dizaines de dialectes régionaux, mais pour se comprendre mutuellement, il faut parler le mandarin».
Aujourd’hui, plus de 1,5 milliard de personnes à travers le monde parlent le chinois, qui est également l’une des six langues officielles de travail de l’Onu. Même à Hong Kong, où l’anglais est courant, maîtriser le mandarin est considéré comme un atout majeur.
Des sons et des tons
Pour les journalistes, la première étape de ce voyage linguistique a été l’apprentissage des sons et tons. Le mandarin est une langue tonale : 23 consonnes initiales, 35 finales et 5 tons déterminent le sens des mots. Un même son peut signifier des choses totalement différentes selon l’intonation. Les participants, un brin amusés par leurs premières tentatives, ont répété des phrases simples et des salutations, sous le regard attentif de leur enseignante.
Zhuang Ying a également introduit des notions linguistiques fondamentales : morphèmes, mots, syntagmes et phrases. Chaque caractère, souvent monosyllabique, est porteur de sens. «Le chinois est une langue où chaque son, chaque ton compte. La précision est essentielle», a-t-elle insisté.
L’initiation ne s’est pas limitée à la phonétique. L’enseignante a plongé les apprenants dans les profondeurs historiques de l’écriture chinoise, un système graphique vieux de plus de 3.000 ans. Les premiers caractères, gravés sur des os d’animaux ou des bronzes, avaient des significations pictographiques claires : chaque symbole représentait un objet ou une idée.
Au fil des dynasties, l’écriture chinoise s’est façonnée au rythme des besoins de la société et de l’évolution culturelle. Le xiaozhuan, ou «petit sceau», a ouvert la voie en simplifiant les formes archaïques pour leur donner une harmonie graphique plus marquée. Plus tard, sous la dynastie Han, le lishu a permis de structurer une écriture carrée et efficace, pensée pour répondre aux exigences d’une administration impériale centralisée.
Xingshu et Kaishu
Au fil du temps, la recherche de fluidité et de rapidité a donné naissance au caoshu et au xingshu, styles plus libres qui ont introduit une dimension artistique et expressive. Cette longue évolution a conduit au kaishu, calligraphie standardisée qui, par sa clarté et son équilibre, est devenue la norme moderne et l’un des symboles les plus aboutis de la culture chinoise.
Outil de communication et vecteur d'histoire
Aujourd’hui, on recense près de 9.000 caractères, mais seuls 581 sont utilisés dans la vie quotidienne et environ 934 apparaissent dans les journaux. Ce système complexe et artistique est considéré comme un véritable patrimoine culturel.
Une immersion culturelle
Au-delà de l’aspect linguistique, ce cours d’initiation a été une immersion culturelle. Les journalistes ont découvert que la langue chinoise est à la fois un outil de communication et un vecteur d’histoire et d’art.
À la fin du cours, certains journalistes sont repartis avec leurs premières phrases en mandarin, d’autres avec des caractères soigneusement tracés sur leurs cahiers. Mais tous ont compris que parler chinois, c’est entrer dans une autre manière de voir le monde.
De notre envoyé spécial à Pékin, Christian-Timothée MAMPUYA