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Les évêques catholiques d’Afrique centrale condamnent l’attaque d’Uvira
* Pour contrer les ennemis de la paix, les prélats de l’ACEAC appellent à une communication non violente
La sous-région des Grands Lacs est en ébullition. Déchirée par des conflits armés récurrents, elle est devenue le théâtre des affrontements entre les communautés et une zone instable où affluent, au quotidien, des déplacés et des réfugiés fuyant la guerre. Face à ce drame qui s’est amplifié récemment avec l’attaque d’Uvira, Cardinaux, Archevêques et Evêques de la région se sont réunis du 10 au 14 décembre 2025 au siège de Caritas, à Kinshasa, pour trouver une issue pacifique à cette crise.
Mobilisés au sein de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC), ils ont pris part, cinq jours durant, à l’Assemblée plénière qui s’est clôturée par une messe hier dimanche dans la capitale de la République démocratique du Congo. L’occasion s’est avérée propice pour les prélats catholiques de réitérer leur appel au retour de la paix dans ces pays voisins.
Dans une déclaration commune lue hier à la messe de clôture de l’assemblée plénière de l’ACEAC, les évêques catholiques se sont ouvertement opposés à la guerre en cours, prônant plutôt «la construction d’une paix durable et le vivre-ensemble dans la sous-région des Grands Lacs».
«Nous sommes, disent-ils, profondément affligés par la résurgence des conflits et de la violence dans notre sous-région et singulièrement dans les provinces de l’Est de la RDC. Nous pensons aux récents bombardements d’Uvira, dans le Sud-Kivu, et nous les condamnons fermement. Ces bombardements accentuent le risque d’un embrasement sous régional, avec leur cohorte de victimes, dont les morts, les réfugiés et les déplacés internes».
«Nous avons cru apercevoir des lueurs d’espoir dans les différents processus et Accords de paix engagés dans et entre nos Etats, dont les derniers en date ont été ratifiés par les Chefs d’Etat de la RD Congo et du Rwanda le 4 décembre 2025 à Washington, sous l’égide du Président des Etats Unis d’Amérique et en présence de celui du Burundi. Tout comme les précédents Accords, celui-ci a suscité beaucoup d’espoir au retour de la paix. Mais, les récents évènements impactant le vivre-ensemble aux frontières de nos trois pays suscitent inquiétudes et interrogations», regrettent les évêques.
Compassion envers les victimes
«Dès lors, renchérissent-ils, ayant vu la souffrance de nos populations (cf. Ex 3,7), nous exprimons notre solidarité, notre proximité et notre compassion envers toutes ces victimes. Nous supplions tous les belligérants d’arrêter les massacres et les crimes qui endeuillent cycliquement notre sous-région depuis plusieurs décennies».
«Au-delà de toutes ces tribulations, notent les prélats catholiques, nous croyons qu’un vivre ensemble-harmonieux et une paix durable restent possibles dans notre sous-région. Nous devons, à cet effet, continuer à garder allumée la flamme de l’Espérance, tout en nous souvenant que la paix dans notre sous-région doit être une œuvre commune. Elle ne dépend pas seulement des Accords signés sur le plan international, mais aussi et surtout de notre engagement sincère et dans la vérité aux processus de paix dont l’effectivité se juge sur le terrain».
Convaincus qu’il importe essentiellement de privilégier le désarmement des cœurs pour arriver à reconstituer une société apaisée, les prélats catholiques de l’ACEAC lèvent le ton : «C’est en transcendant nos rancœurs, notre égoïsme, notre orgueil, notre volonté malsaine de puissance et le sentiment de suspicion que nous pouvons renouveler nos relations existentielles sur la base de l’amour et donner à nos populations la chance d’un mieux-vivre ensemble aujourd’hui et demain».
Appel au respect de la vie
«Venus de nos trois pays, le Burundi, la RD Congo et le Rwanda, nous continuons à témoigner de la fraternité universelle par nos rencontres cordiales et conviviales en bravant les guerres et la restriction des mouvements de personnes dans notre sous-région. A temps et à contre temps, nous ne cesserons de prier, de prêcher l’Evangile de la paix, et d’agir ensemble pour le triomphe de la paix sur la guerre et de l’amour sur la haine», rapporte le représentant des évêques d’Afrique centrale.
«Nous prions spécialement pour ceux qui, aujourd’hui, ont la charge de conduire et/ou d’influencer le destin de nos pays afin que le Seigneur leur donne le courage de réaliser dans notre sous-région cette prophétie de Michée : «Ils mettront en pièces leurs épées pour en faire des socs de charrue, et leurs lances pour en faire des serpes : aucune nation ne prendra plus les armes contre une autre et l’on n’apprendra plus à faire la guerre. Ils habiteront chacun au milieu de ses vignes et de ses figuiers, et il n’y aura personne pour les troubler». (Michée 4,3-4)», relèvent les membres de l’ACEAC.
«Ainsi, à vous, nos Gouvernants, que le Seigneur vous illumine pour que vous vous engagiez dans les processus de paix, non par convenance ou sous une quelconque contrainte extérieure, mais par la volonté de réorienter notre histoire commune vers des lendemains meilleurs. Ensemble, nous pourrons célébrer la joie du développement humain intégral, du respect de la dignité et de la vie de chacun».
Yves KALIKAT