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Le Prof. Ding Yifan retrace le rôle historique du PCC dans la modernisation du pays
*L'universitaire révèle que l’empire du Milieu a accompli «en 50 ans ce que l’Occident a mis des siècles à réaliser».
En marge de la commémoration du 80ème anniversaire de la République populaire de Chine face à l’agression japonaise et au fascisme, le professeur Ding Yifan, chercheur et politologue à l’université de Pékin, a animé une conférence exceptionnelle à l'intention des journalistes du Centre de communication de presse internationale en Chine (CIPCC). L’universitaire a offert une analyse approfondie de l’histoire du Parti communiste chinois (PCC) et de son rôle central dans la transformation de la Chine en l’une des nations les plus industrialisées du monde.
Revenant sur le contexte historique, le professeur Ding a rappelé qu’avant 1921, la Chine était un pays «semi-colonial et semi-féodal», affaibli par les guerres de l’opium, l’invasion de Pékin par huit puissances étrangères et une succession de traités inégaux. «C’est le Parti communiste chinois qui a fondé la République populaire de Chine. Il a permis au pays de recouvrer sa souveraineté et de se remettre sur la voie du développement», a-t-il affirmé.
156 projets industriels
La fondation du PCC en 1921, entre Shanghai et Jiaxing, a ouvert une nouvelle ère dans l’histoire politique chinoise. Guidé par la pensée marxiste et épaulé par l’Internationale communiste, le Parti s’est donné pour mission de mobiliser ouvriers et paysans pour une révolution prolétarienne. Les grandes grèves de 1925 à Shanghai, Guangzhou et Hong Kong, ainsi que le soulèvement armé du 1er août 1927, ont forgé son expérience militante et militaire.
Durant les décennies suivantes, le PCC a mené une lutte armée contre le Guomindang (GMT) et résisté à l’invasion japonaise grâce à la stratégie de la «Longue Marche» (1934-1936), qui permit à Mao Tsé-toung de s’imposer comme leader incontesté du Parti. Après la victoire contre le Japon en 1945, la guerre civile s’est soldée, en 1949, par la proclamation de la République populaire de Chine, tandis que le gouvernement nationaliste se réfugiait à Taïwan.
Le professeur Ding Yifan a insisté sur le «double défi» auquel le PCC a fait face après 1949 : préparer le pays à d’éventuelles guerres tout en bâtissant une économie solide. Grâce à 156 projets industriels lancés lors du premier plan quinquennal avec le soutien de l’Union soviétique, la Chine a connu un développement sans précédent. Cependant, les années suivantes furent caractérisées par des projets qui ont connu des échecs retentissants, notamment le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle.
Les réformes initiées par Deng Xiaoping à partir de 1978 ont ouvert une nouvelle ère. «L’établissement de relations diplomatiques avec les États-Unis en 1979 a non seulement permis d’améliorer l’environnement international, mais aussi d’accélérer le développement économique du pays», a expliqué Ding Yifan.
"De pays agricole à celui de grand puissance industrielle"
L’universitaire soutient que la Chine est aujourd’hui le seul pays au monde à disposer de l’ensemble des secteurs de production industrielle et manufacturière.
«En une quarantaine d’années, la Chine est passée du statut de pays agricole à celui de grande puissance industrielle», a-t-il déclaré, soulignant qu’entre sept et huit millions de diplômés sortent des universités chaque année, dont plus de 70 % formés dans les secteurs technologiques et industriel.
Le PCC, fondé sur trois piliers – organisation, communication et direction militaire – combine traditions politiques chinoises, méritocratie et représentativité sociale. Cette structure a permis une modernisation rapide, reconnue même par des observateurs occidentaux.
Pas "de chinois vivant sous le seuil de pauvreté"
Le conférencier a mis en avant l’exploit historique réalisé par le PCC à tête de la Chine : l’élimination de l’extrême pauvreté. Des millions de logements sociaux ont été construits, permettant à chaque citoyen de disposer d’un toit. «Il n’y a plus de Chinois vivant sous le seuil de pauvreté», a-t-il affirmé.
Sur le plan international, la Chine promeut la «communauté d’un avenir partagé pour l’humanité» et soutient les efforts de développement des pays partenaires. «En Afrique, la Chine a construit des routes, des ponts, des chemins de fer, des stades et des hôpitaux, tout en apportant son appui au développement agricole et à la santé», a souligné Ding Yifan.
Pour le professeur, le PCC se distingue par sa capacité à représenter la majorité de la population et à corriger ses erreurs tout en gardant le cap stratégique du développement. «En cent ans, le PCC a permis à la Chine de redevenir une puissance souveraine et moderne. Aujourd’hui, elle est la deuxième économie mondiale et, dans certains secteurs, la première», a-t-il conclu.
Cette conférence a ainsi permis de mesurer l’ampleur de l’évolution de la Chine en huit décennies : d’un pays affaibli par les guerres et les occupations étrangères, elle est devenue une puissance industrielle et diplomatique mondiale, tout en offrant un modèle de gouvernance alternatif sur la scène mondiale.
De notre envoyé spécial à Pékin, Christian-Timothée MAMPUYA