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LE PRÉSIDENT DE L'ACH TAPE DU POING SUR LA TABLE : Jean-Marc Kabund dénonce « une gestion folklorique » de l'épidémie d'Ebola en RDC
Jean-Marc Kabund critique vivement la gestion de l'épidémie d'Ebola par les autorités congolaises. Il dénonce une riposte qu'il juge « folklorique », une possible sous-évaluation du bilan humain et des interrogations persistantes sur l'utilisation des fonds mobilisés.
Pour cet opposant qui s'exprimait le vendredi 28 août, lors d'un Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, la crise sanitaire dépasse désormais les seules difficultés techniques. Elle révélerait, selon lui, une défaillance dans la manière dont le pouvoir assume sa responsabilité face à une urgence qui touche directement la population.
Kabund parle d'« irresponsabilité » des gouvernants, estimant que la gravité de la situation ne serait pas suffisamment prise en compte.
L'ancien dirigeant de l'UDPS met également en doute la transparence de la communication autour de l'épidémie. Il évoque une possible minimisation de son ampleur, affirmant que l'intervention de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres partenaires internationaux aurait été déterminante pour documenter la réalité de la situation.
Kabund avance, à ce titre, un bilan de plus de 2.300 décès, chiffre qu'il présente comme révélateur de l'ampleur de la catastrophe sanitaire.
« OÙ VONT TOUS CES FONDS ? »
Le volet financier constitue l'autre axe majeur de son réquisitoire. Jean-Marc Kabund s'interroge sur la destination des ressources mobilisées par les partenaires internationaux pour soutenir la riposte.
Selon l'ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale, le personnel de santé engagé dans les zones affectées connaîtrait plusieurs mois d'arriérés de paiement. Une situation qu'il juge particulièrement préoccupante au regard des financements annoncés pour faire face à l'épidémie.
« Comment expliquer où vont tous ces fonds ? », s'est-il interrogé, laissant planer des soupçons de mauvaise gestion, voire de détournement. Ces accusations, formulées par l'opposant, constituent l'un des points les plus sensibles de son intervention. Elles appellent, le cas échéant, des éléments de réponse documentés des autorités compétentes.
« COMME SI TOUT ALLAIT BIEN »
Le président national de l'Ach et de la CGC rapproche, par ailleurs, la gestion de la crise sanitaire de celle du conflit armé dans l'Est de la RDC. Il reproche au pouvoir de Kinshasa de maintenir, face à Ebola comme face à la guerre, une forme de distance avec des réalités qui affectent pourtant directement des millions de Congolais.
À ses yeux, les autorités se comporteraient « comme si tout allait bien », alors que les équipes de terrain font face à des difficultés considérables. Une comparaison destinée à dénoncer ce qu'il considère comme un déficit de prise de conscience au sommet de l'État.
L'opposant refuse toutefois de faire de la mobilisation populaire contre Ebola une mission de l'opposition. Pour lui, la protection de la population relève d'abord et avant tout de la responsabilité du pouvoir. « Notre rôle, c'est d'interpeller ces dirigeants », estime-t-il.
DES COUACS FACE À LA RIPOSTE
Les déclarations de Jean-Marc Kabund interviennent dans un contexte de forte mobilisation sanitaire contre l'épidémie d'Ebola Bundibugyo, déclarée en mai 2026. Les autorités congolaises travaillent notamment avec l'OMS, l'Africa CDC et l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) pour contenir la propagation du virus.
Sur le terrain, la riposte reste confrontée à plusieurs contraintes, parmi lesquelles les difficultés de financement, la logistique et l'insécurité dans certaines zones affectées par les conflits armés.
Le réquisitoire de Kabund remet ainsi au centre du débat la question de la gouvernance de la crise sanitaire, de la transparence dans l'utilisation des financements et de la prise en charge des personnels mobilisés. Des accusations lourdes, auxquelles les autorités sanitaires et gouvernementales pourraient être appelées à répondre par des données précises sur les fonds engagés, les dépenses effectuées et l'évolution réelle du bilan de l'épidémie.
Jérémie ASOKO