Dernière minute
Société
L'expérience nous a rendu sage. Nul n'est méchant volontairement". Un peu de révision de la grammaire ferait quand même du bien. Un mot sur le duo "rendu sage".
En situation normale, les deux mots se mettraient au pluriel (rendus sages) car s'accordant avec le pronom personnel "nous" qui…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Par un arrêté signé le 4 mai par Daniel Mukoko Samba, vice-Premier ministre, ministre de l'Economie nationale, le Gouvernement a procédé à une révision des prix des produits pétroliers dans la…
Étranger
SEOUL, 05 mai (Yonhap) -- Le président Lee Jae Myung a promis hier mardi de bâtir une société qui traite les enfants avec dignité dans un message marquant le Jour des enfants de cette année.
…Nation
Le président de la République, Félix Tshisekedi, est monté au créneau pour recadrer le débat autour de la Constitution, dans une intervention diffusée ce mercredi sur la RTNC.
Face aux…
Le Congo-Zaïre que nous voulions
Relecture pour une remise en perspective, Méditation citoyenne de Frank FIKIRINI MWENE-MBAYU
En octobre 1993, paraissait un ouvrage de 54 pages sous le titre "Le Zaïre que nous voulons", projet de société, aux éditions du Centre d'Etudes pour l'Action Sociale (CEPAS). Les auteurs, parmi lesquels madame Mweya Tolande, les Pères jésuites Bernard Muhigirwa, Michel Ntangu et Nzuzi Bibaki - entre autres -, avaient ainsi décidé de jouer un rôle avant-gardiste pour baliser le chemin de l'avenir en ces années de balbutiement démocratique consécutif à la Perestroïka, initiée par Mikhaïl Gorbatchev dans l'ex-U.R.S.S., en incarnant l'ambition qui fut celle de tout un peuple pour sa destinée.
Depuis lors, il s'est passé trente-deux ans, soit la même période de temps que celle du long règne du Maréchal Mobutu. De quoi nous inviter à nous regarder dans le miroir en tant que peuple. Ce faisant, le constat est implacable : nous n'avons pas avancé. Peut-être avons-nous juste évité de reculer. Mais, nous sommes dans un monde où qui n'avance pas récule.
Tenez, il est clairement stipulé dans l'ouvrage précité que l'avènement de cette société restructurée que nous voulions serait possible à deux conditions, à savoir :
" - la mise en place des institutions assurant le mieux possible la participation responsable de tous et le contrôle des dirigeants ;
- La transformation des mentalités marquées par des décennies de pouvoir colonial ou autocratique, par la tentation de prises de position tribales et par la difficulté de prendre en compte le bien commun. " (page 16 de l'ouvrage).
Un tableau d'étonnante actualité. Le temps a certainement avancé trente-deux ans après, mais pas la société qui, tout compte fait, n'est pas sortie de l'auberge. Et pourtant les promesses de changement - même radical - n'ont pas manqué, ni les tentatives pour ce faire. Il y a donc forcément un ou des problèmes qui perdurent et qu'il sied d'identifier et extirper pour de bon. En attendant qu'ils soient collectivement catalogués, on peut déjà relever ce qui suit :
1) On ne peut continuer de faire la même chose avec les mêmes personnes - ou presque - (au sens ontologique et idéologique) et espérer des résultats contraires. Il faut renouveler autant les idées que les acteurs.
2) La lutte contre les meilleurs, avec comme arrière-fond l'inversion des valeurs, nous a fait avancer à reculons. A cet égard, le renversement de la pyramide préconisé jadis par le sphinx de Limete - paix à son âme - ne peut s'arrêter au fameux "ôte-toi de là que je m'y mette".
Il faut opérer une véritable révolution, au sens du "rivoltare" italien (retourner) et non "rivolvere" (rouler en arrière). Nous devons avoir la volonté et le courage retour totalement et sans complaisance la situation actuelle qui n'a que trop perduré.
A cet égard, il faut bien admettre que, tout comme il y a trente-deux ans, si notre société, que nous voulons juste, "n'a pas été ce que nous souhaitions, c'est parce que nous avions démissionné de nos responsabilités, en nous fiant aveuglement à ceux qui prétendaient nous guider", à savoir, principalement, la vieille et sempiternelle nomenklatura (page 22 de l'ouvrage). Une sentence toujours d'actualité, comme on le perçoit. Tout comme demeure d'actualité le rêve que les auteurs de l'ouvrage précité portaient, à savoir celui de :
1. Un Etat de droit démocratique, dont on s'éloigne proportionnellement à l'intensité avec laquelle on le clame ;
2. Une société où les différences d'opinions et d'origines soient respectées, où les différences soient perçues comme une richesse et non pas comme une source de division;
3. Une société où chacun pourra de plus en plus être participant actif et libre à la vie de la nation ;
4. Un Etat dont les dirigeants soient entièrement et résolument au service du peuple dont ils sont les mandataires ;
5. La forme fédérale de l'Etat, option mise en veilleuse pour des raisons historiques bien connues ;
6. Des dirigeants intègres, imprégnés de morale politique;
7. Un parlement réellement capable de contrôler les gestionnaires de la République à tous les niveaux, au lieu d'être une caisse de résonnance, une chambre d'enregistrement ;
8. Une concurrence loyale et non-violente des partis politiques, ceux-ci devant faire preuve en leur sein, de tolérance à l'égard de ceux qui pensent autrement, tout en bannissant le culte de la personnalité et le tribalisme ;
9. Des médias honnêtes, objectifs et compétents ;
10. Une société civile active et non-inféodée aux partis politiques, dont les associations membres puissent jouer efficacement leur rôle de groupes de pression ;
11. Le partage équitable de la richesse du pays;
12. L'Economie sociale de marché ;
13. Une égale chance d'accès à l'instruction, aux soins médicaux, à un habitat convenable ;
14. La conservation et le développement de tout ce qui était beau et bon dans nos traditions ancestrales ;
15. L'ouverture aux valeurs universelles, comme le respect des droits de l'homme et des droits des peuples, et la lutte contre l'inversion des valeurs (pages 9-10 de l'ouvrage).
Tout un projet de société, voulu d'ailleurs comme tel par les auteurs. La condition majeure pour y parvenir, à la portée du citoyen lambda, c'est ne plus renoncer "à penser par nous-mêmes" et ne plus "admettre qu'on nous fasse parler ou chanter contre notre propre conscience" (page 22 de l'ouvrage). Dont acte. Osons donc nous remettre en perspective.