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Le Brésil et la RDC célèbrent la Capoeira à Kinshasa
* Prisée par les pratiquants brésiliens et congolais, cette discipline sert désormais de pont culturel entre les deux Etats poumons de la planète.
La discipline est quasiment devenue un pont culturel entre les deux plus grands Etats poumons de la planète. Mieux entre l'Afrique et l'Amérique latine. Ce continent où a été déporté plusieurs Africains à l'ère de l'esclavage. La capoeira, c'est d'elle qu'il s'agit, a récemment réuni le Brésil et la République démocratique du Congo à Kinshasa au cours d'un spectacle qui se veut symbolique.
Deux semaines plus tard, ce spectacle, organisé le 26 juin dernier au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa, remonte à la surface dans l'esprit de ceux qui ont pris activement part à cette production à la veille de la célébration de la fête de l'indépendance de la RDC. De l'avis de quelques chercheurs, la capoeira serait un art martial d'origine congolaise. Précisément d'origine kongolaise…
Flatté de voir les Congolais - les Kinois en particulier - s'approprier, voire se réapproprier cette discipline qui a traversé l'Océan Atlantique, l'ambassadeur du Brésil en RDC, M. Roberto Parente, a jugé opportun de contribuer à la réussite de cette cérémonie qui mettrait Brésiliens et Congolais autour d'une table. Voire autour d'une scène de spectacle.
La grande fête multiculturelle avec comme menu spécial : la Capoeira, cet art martial brésilien mêlant danse, musique et acrobatie. ''Le CWB s'est ainsi transformé en une scène d'expression culturelle pour célébrer la richesse et l'histoire de cette tradition afro-brésilienne'', commente à cet effet Jeannot Matwaki, chroniqueur culturel de la Radio Okapi.
Un pont entre Brasilia et Kinshasa
A l'honneur, l'Ambassadeur du Brésil en RDC a souligné l'importance de la capoeira dans la construction d'un dialogue culturel entre les peuples. Roberto Parente a tenu à cet effet à témoigner sa reconnaissance envers les parrains de l'événement, tout en saluant la participation active des groupes congolais et brésiliens impliqués.
"Fruit du dynamisme de la coopération entre Brasilia et Kinshasa, cette activité a connu plusieurs temps forts. En l'occurrence, les prestations artistiques du groupe Capoeira Godc, très engagé dans la promotion de la Capoeira en Afrique centrale, et du groupe congolais Kimosi ya Kongo, qui a su marier l'héritage local à la discipline brésilienne dans une fusion spectaculaire", commente Jeannot Matwaki.
Le savoir-faire Kongo revalorisé ?
Outre les démonstrations de Capoeira, le festival a offert des spectacles culturels variés : danses traditionnelles congolaises, projection d'un film mettant en lumière l'histoire et les valeurs de la Capoeira… Cette discipline, née de la résistance des esclaves africains au Brésil, qui est aujourd'hui reconnue par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité… depuis 2014.
"Les participants n'oublieront pas la remise de certificats de mains même de l'ambassadeur du Brésil à Kinshasa. Un geste symbolique pour saluer leur engagement et leur passion pour cette pratique qui symbolise la résilience, la liberté et l'unité des cultures afro-descendantes", se remémore un analyste culturel qui a requis l'anonymat.
Cet événement renforce ainsi les liens entre le Brésil et la RDC, rappelant les racines africaines profondes de la Capoeira et son rôle de passerelle entre les continents.
Aujourd'hui, cette journée booste la motivation des centaines de jeunes Kinois qui prennent plaisir à pratiquer cet art martial où l'on revit les sonorités de certains instruments d'origine Kongo et le savoir-faire des ancêtres africains qui ont été déracinés de ce continent qui leur est resté cher.
Yves KALIKAT