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La vérité glaciale du SG de l'Onu: "La Monusco n'a ni le mandat ni la capacité d'imposer la paix"
*Pour Antonio Guterres, sans la confiance entre les parties au conflit, "ce sera très difficile de pacifier l'est du Congo".
Dans une interview à RFI en marge du 39ème Sommet des chefs d'Etat de l'UA, le SG de l'Onu a lâché une vérité glaciale, à savoir, la Monusco n'est pas en capacité d'imposer la paix. Forum des As publie ici un extrait de cet entretien.
RFI : La chef de la Monusco a atterri jeudi 12 février à Goma, en RDC. Un symbole, puisque l'aéroport est fermé depuis un an. C'est la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui contrôle cette ville congolaise. Cela fait plus de sept mois que les différents accords de Washington, puis de Doha, ont été signés et qu'ils ne sont pas appliqués. Comment la Monusco peut-elle faire pour faire appliquer le cessez-le-feu ?
Antonio Guterres : Il faut, premièrement, reconnaître que nous avons eu un certain nombre d'accords, c'est vrai, mais que les combats se sont poursuivis et que l'attitude des deux parties est plutôt belligérante. Alors on peut signer des accords, mais s'il n'y a pas de confiance, ces accords ne vont pas résoudre le problème. La Monusco n'a pas la capacité d'imposer la paix. Ni le mandat, ni la capacité. Mais ce que nous faisons, c'est de participer activement dans les contacts avec les deux côtés, et dans les contacts avec d'autres médiateurs, pour essayer de progressivement rétablir une confiance qui a été complètement brisée. Et sans que cette confiance soit rétablie, ce sera très difficile de pacifier l'est du Congo.
L'hypothèse de sanctions internationales, contre des responsables rwandais cités dans des rapports de l'ONU, a été soulevée. Le président Paul Kagame y a d'ailleurs répondu avec virulence. Les États-Unis l'envisagent sérieusement. L'ONU aussi ?
Aux Nations unies, la question des sanctions est une question de la compétence stricte du Conseil de sécurité, et c'est une question qui n'a pas encore été discutée. Aucun pays n'a encore fait de proposition. Ce ne sera pas facile, je crois, d'obtenir le consensus du Conseil. Mais il y a une chose qui est évidente : il faut rétablir l'intégrité territoriale du Congo. Et basé sur ça naturellement aussi, résoudre beaucoup de problèmes, créer des conditions de bons rapports entre les différentes communautés. Mais la question essentielle pour le moment, c'est de faire que le cessez-le-feu fonctionne effectivement. C'est un préalable pour que ce rétablissement de la confiance puisse être possible.
* Le titre est de Forum des As