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La CONEPT appelle à une mobilisation immédiate pour sauver l'éducation en péril
La Coalition nationale de l'éducation pour tous (CONEPT RDC) a dressé un constat alarmant sur l'état du système éducatif congolais. Face à des infrastructures détruites, des enseignants en difficulté, et un financement insuffisant, des millions d'enfants en RDC voient leur avenir compromis.
La CONEPT lance un appel urgent à l'action pour sauvegarder l'éducation comme droit fondamental et levier de développement national. Cette declaration a été faite lors d'une conférence de presse tenue hier 9 décembre à Kinshasa.
D'après cette déclaration lue par le coordonnateur national de la CONEPT, Jacques Tshimbalanga Kasanji, les enseignants congolais, véritables piliers du système éducatif, travaillent dans des conditions précaires. Salaires insuffisants, inégalités entre zones urbaines et rurales, et absence de dialogue social efficace sont à l'origine de grèves répétées. La CONEPT dénonce également l'intervention répressive des services spéciaux face aux revendications, une atteinte directe aux droits de l'homme et aux conventions internationales.
Le coordonnateur national de la CONEPT , Jacques Tshimbalanga Kasanji a souligné que " la résolution des conflits passe par un dialogue social structuré et respectueux, afin de garantir une éducation de qualité pour tous".
Les conflits armés et catastrophes naturelles aggravent la situation. Le Tanganyika compte 87 écoles détruites et 1 700 fermées en raison de l'insécurité. Autour de Goma, 240 000 enfants déplacés n'ont plus accès à l'éducation. Au Kasaï Central, les glissements de terrain ont anéanti 23 écoles, affectant près de 10 000 élèves. Même à Kinshasa, la destruction illégale des salles de classe de l'École Primaire BUMBA par des forces liées aux FARDC perturbe l'apprentissage.
Sous-financement persistant du secteur éducatif
Malgré les promesses, le budget alloué à l'éducation diminue. De 23,5 % en 2021, il est passé à 18,4 % en 2024 et devrait chuter à 17 % en 2025. Cette réduction menace les objectifs nationaux et internationaux, notamment la Stratégie Sectorielle de l'Éducation 2016-2025 et l'Objectif de Développement Durable 4 (ODD 4).
Le financement insuffisant laisse un déficit criant : sur 8 674 milliards de FC nécessaires pour la rémunération des enseignants, seulement 2 625 milliards de FC ont été alloués, laissant une différence de 6 048 milliards de FC.
Dans certaines provinces comme le Kasaï Central et le Haut Lomami, des élèves sont exploités pour des travaux domestiques et agricoles, une pratique contraire à la loi et aux droits de l'enfant. La CONEPT dénonce ces abus et appelle à une gouvernance éducative renforcée.
Pour résoudre cette crise, la CONEPT propose plusieurs mesures concrètes dont notamment l'augmentation du budget de l'éducation à 25 % du budget national, l'amélioration de la rémunération des enseignants pour éviter les grèves et garantir des conditions de travail dignes, la reconstruction des écoles détruites avec des fonds d'urgence...
La CONEPT exhorte le gouvernement, les partenaires internationaux, et la société civile à se mobiliser pour faire de l'éducation une priorité nationale. Comme le souligne le coordonnateur : "Une école reconstruite, c'est une vie sauvée. Agissons pour chaque enfant, chaque enseignant, chaque école ".
Tricya MUSANSI