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La Chine place l’IA et la transition écologique au cœur de développement pour 2026-2030
La session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), la plus haute instance législative de République populaire de Chine, s’est ouverte le 5 mars au Grand Palais du Peuple à Pékin. La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du président Xi Jinping et de plusieurs dirigeants du Parti et de l’État.
Chaque printemps, la vie politique chinoise converge vers un moment important en l’occurrence : les «Deux Sessions». Cet important rendez-vous institutionnel réunit l’Assemblée populaire nationale de Chine, le Parlement chinois, et la Conférence consultative politique du peuple chinois, principal organe consultatif du pays.
Pendant plusieurs jours, des milliers de délégués venus de toutes les provinces, des milieux économiques, académiques et sociaux se retrouvent pour examiner les grandes orientations économiques, sociales et stratégiques du pays. Au-delà de son caractère institutionnel, cette rencontre annuelle constitue le moment où le gouvernement dévoile sa feuille de route pour l’année à venir : objectifs de croissance, priorités budgétaires et stratégies de développement.
Le ton de l’année 2026 a été donné le 5 mars devant des hauts dirigeants du Parti et de l’État, des députés et diplomates accrédités en Chine, tous réunis pour cette session annuelle. À cette occasion, le Premier ministre Li Qiang a présenté le rapport d’activité du gouvernement, document central qui dresse le bilan de l’année écoulée et fixe les priorités économiques et sociales du pays.
L’un des principaux points à l’ordre du jour est la mise en œuvre du 15ème plan quinquennal (2026-2030), qui trace les grandes lignes du développement de la Chine pour les années à venir. Les législateurs ont examiné le projet de programme de ce plan ainsi que plusieurs rapports clés, notamment celui sur l’exécution du plan de développement économique et social de 2025 et le projet de plan pour 2026.
Une croissance économique comprise entre 4,5 % et 5 %
Les parlementaires ont également étudié les rapports sur l’exécution du budget central et des budgets locaux pour l’année écoulée ainsi que le projet budgétaire pour 2026, qui constitue un instrument essentiel de la politique économique du gouvernement.
Dans son rapport, le Premier ministre Li Qiang a présenté les principaux objectifs économiques pour l’année 2026. La Chine vise une croissance économique comprise entre 4,5 % et 5 %, tout en cherchant à améliorer la qualité et la durabilité de son développement.
Le gouvernement prévoit également la création de plus de 12 millions de nouveaux emplois urbains, tandis que l’inflation devrait être maintenue autour de 2 %. Le déficit budgétaire devrait se situer aux alentours de 4 % du produit intérieur brut, tandis que la production céréalière nationale devrait atteindre environ 700 millions de tonnes, un objectif stratégique pour garantir la sécurité alimentaire du pays.
Au-delà de ces indicateurs macroéconomiques, la stratégie chinoise repose de plus en plus sur l’innovation technologique. Le rapport du gouvernement met particulièrement l’accent sur le développement des «forces productives de nouvelle qualité», concept qui désigne l’intégration des technologies avancées dans l’ensemble du système productif. L’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la biotechnologie, les nouveaux matériaux et les technologies quantiques figurent parmi les secteurs clés dans lesquels la Chine entend consolider son avance.
Construction de plusieurs centres internationaux
Dans ce contexte, Pékin prévoit de construire plusieurs centres internationaux dédiés à l’innovation scientifique et technologique afin de renforcer son rôle dans la compétition mondiale pour les technologies émergentes. Le gouvernement souhaite également accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les secteurs industriels et les services à travers le programme «Intelligence artificielle +», qui vise à favoriser l’adoption à grande échelle de solutions numériques et d’agents intelligents.
La transformation technologique touche également les secteurs traditionnels. Dans l’agriculture, par exemple, l’introduction de technologies numériques et de systèmes automatisés favorise l’émergence d’une agriculture intelligente, capable d’améliorer la productivité tout en optimisant l’utilisation des ressources.
Parallèlement, la Chine réaffirme sa volonté de poursuivre l’ouverture de son économie au reste du monde. Le rapport d’activité du gouvernement souligne que le pays entend élargir davantage l’accès à son marché, notamment dans le secteur des services. Des expériences pilotes seront étendues à plusieurs domaines, dont les télécommunications à valeur ajoutée, la biotechnologie et les établissements hospitaliers à capitaux étrangers.
Cette politique d’ouverture s’inscrit également dans le cadre de l’initiative Initiative la Ceinture et la Route, qui vise à renforcer la connectivité économique et les échanges commerciaux entre la Chine et ses partenaires à travers le monde. Pékin entend poursuivre la construction de corridors logistiques internationaux, notamment à travers le développement des lignes ferroviaires reliant la Chine à l’Europe et à l’Asie, ainsi que la mise en place d’un nouveau corridor combiné terre-mer dans l’ouest du pays.
La transition écologique constitue un autre pilier du programme gouvernemental. La Chine prévoit d’accélérer la transformation verte de son économie et de réduire les émissions de dioxyde de carbone par unité de produit intérieur brut. Selon les objectifs présentés, cette intensité carbone devrait diminuer de manière significative au cours de la période 2026-2030, dans le cadre d’une stratégie visant à concilier croissance économique et protection de l’environnement.
Sur le plan international, le rapport du gouvernement réaffirme également la position diplomatique de la Chine. Pékin a déclaré s’opposer résolument aux forces séparatistes prônant l’indépendance de Taïwan et aux ingérences extérieures, tout en réaffirmant son attachement à une politique étrangère indépendante et pacifique. La Chine affirme par ailleurs son opposition à l’hégémonisme et aux politiques de puissance, tout en appelant à un ordre international fondé sur l’équité et la justice.
Plusieurs projets législatifs importants
La session a également été marquée par l’examen de plusieurs projets législatifs importants. Li Hongzhong, vice-président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale, a présenté des explications concernant un projet de code environnemental, un projet de loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques ainsi qu’un projet de loi relatif à la planification du développement national.
À travers ces orientations, la session de l’Assemblée populaire nationale offre un aperçu clair de la trajectoire que la Chine entend suivre dans les années à venir. Entre innovation technologique, ouverture économique et transition écologique, Pékin cherche à consolider son rôle comme moteur de la croissance mondiale tout en poursuivant la modernisation de son modèle de développement.
Les décisions prises lors de ces «Deux Sessions» ne concernent pas seulement l’avenir du pays, mais elles influenceront également l’équilibre économique mondial et les perspectives de coopération internationale, notamment avec les pays en développement et les partenaires africains.
Christian-Timothée MAMPUYA depuis Beijing en Chine