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A Kuqa, les journalistes africains sur les traces vivantes de la Route de la Soie
* Les hôtes de la tournée ont l'occasion de comprendre l'initiative "Ceinture et la Route".
Comprendre l'Initiative " la Ceinture et la Route " sans palper du doigt les vestiges de l'ancienne Route de la Soie serait comme lire un livre en omettant son prologue. C'est cette dimension originelle, presque fondatrice, que les journalistes africains anglophones et francophones ont touchée lors de leur visite à Kuqa, dans la province du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Le samedi 18 octobre dernier, ils ont traversé trois sites majeurs les Grottes de Kizil, le Temple de la pagode Subashi et l'ancienne tour de guet de Kizilgaha, comme on traverse un chapitre de civilisation qui refuse de mourir.
Ce déplacement a été rendu possible grâce à l'appui de China International Press (CIPCC) et du China Institute for Innovation and Development Strategy, qui ont permis aux participants de s'immerger dans l'une des régions agricoles les plus stratégiques de l'ouest chinois, là où l'histoire, l'idéologie patrimoniale et la stratégie contemporaine se croisent avec une intensité rare.
À Kuqa, l'on marche sur ce qui fut, autrefois, un royaume bouddhiste rayonnant, une capitale spirituelle, un foyer intellectuel où se traduisaient les textes religieux qui allaient ensuite se diffuser vers l'intérieur du continent chinois. Les Grottes de Kizil, antérieures même aux grottes de Mogao à Dunhuang, renferment encore des fresques qui témoignent de la rencontre des influences indienne, persane et gréco-bouddhiste preuve ancienne que la mondialisation culturelle est née bien avant l'internet et les ports commerciaux.
Plus loin, les ruines du temple Subashi surgissent comme un fragment suspendu, sculpté par le vent. Ce complexe monastique, jadis fréquenté par de grands érudits bouddhistes, constitue un rappel silencieux de ce qu'était la Route de la Soie : un corridor d'idées autant que de marchandises. Et lorsque l'on s'approche de la tour de guet de Kizilgaha, la fonction stratégique du réseau de communication militaire des Han apparaît avec évidence : surveiller, signaler, protéger déjà, la connectivité était une question d'équilibre et de souveraineté.
BELT AND ROAD INITIATIVE RENOUE AVEC CETTE CONTINUITÉ
C'est cette continuité historique que la Belt and Road Initiative renoue, prolonge et actualise. Dans son architecture contemporaine, la BRI n'est pas un projet "nouveau", mais une renaissance, une transposition géopolitique d'un héritage millénaire.
Pour les journalistes africains, cette dimension est apparue tangible. "Pendant une semaine environ, nous avons pu visiter la ville d'Aksu dans la région du Xinjiang. Cela nous a permis de toucher du doigt la réalité de la Route de la Soie qui est une initiative dans le domaine des voies de communication et de la coopération transcontinentale. Les passages incessants des moyens de transport, le dynamisme économique de la ville démontrent la réalité du renforcement des échanges entre la Chine et le reste du monde", explique le journaliste Serges Ika Ki, du média Lefasonet.
CES CITES, C'EST LA MATRICE DE LA PUISSANCE CHINOISE
Ce que ces sites donnent à voir, c'est la matrice de la puissance chinoise : un modèle construit sur la profondeur historique, la conservation méthodique et la projection géopolitique, explique le journaliste camerounais, Christian Blondel Abia.
"Quand on parle de la Route de la Soie, nous voyons comment la Chine a préservé son idéologie, comment elle l'a maintenue et inscrite dans sa continuité historique. Aujourd'hui, le projet renaît à travers l'Initiative de la Ceinture et la Route, qui transpose dans le monde moderne ce qui fut autrefois un réseau civilisationnel", commente-t-il.
Un désert transformé en forêt
La visite n'était pas seulement une exploration historique ou théorique : elle était tangible et concrète. À Aksu, les journalistes ont vu comment l'ingénierie de l'eau avait transformé un désert aride en forêts et vergers, créant un modèle économique mêlant production agricole et industrie.
"Nous avons vu comment la Chine a transformé un désert en forêt. Aujourd'hui, cette forêt produit des pommes, des noix et d'autres cultures. À Aksu, on parle d'agriculture, d'énergie, de foresterie, mais aussi de musées : c'est la Route de la Soie qui renaît sous nos yeux", témoigne un autre journaliste de la délégation.
Ce modèle, mêlant vestiges protégés et innovation productive, éclaire le fondement de la BRI : une diplomatie qui convoque l'histoire pour légitimer le futur. Là où d'autres puissances avancent par conquête ou influence doctrinale, la Chine avance par continuité. Et derrière la continuité, une ambition assumée : celle d'une puissance qui ne se projette pas seulement par l'économie, mais par la civilisation.
"Grâce à la transformation des matières premières, au progrès technologique et au développement industriel, la Chine s'affirme aujourd'hui comme une puissance majeure. Peut-être qu'on dit encore qu'elle est la deuxième, mais moi je dirais qu'elle est déjà la première", conclut l'un des participants.
LES JOURNALISTES AFRICAINS EXPÉRIMENTENT
Pour les journalistes africains présents, cette expérience n'a pas été une simple visite touristique, mais une immersion intellectuelle. Toucher du doigt les racines de la Route de la Soie, c'est mesurer le rôle que pourrait jouer l'Afrique dans la version contemporaine de ce projet : la Ceinture et la Route n'est pas un passé glorifié, mais un futur en construction. L'Afrique y représente la prochaine zone stratégique - non pas comme consommatrice passive, mais comme partenaire structurel.
À Kuqa, la Chine ne raconte pas son passé : elle montre comment elle l'a transporté dans le présent pour dessiner son avenir. La Route de la Soie n'est pas morte. Elle a changé de forme, d'échelle, de rythme. Elle est devenue un langage diplomatique et économique, fondé sur la continuité historique et la projection globale.
Christian-Timothée MAMPUYA de retour de Kuqa, à Xinjiang, en Chine