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Kinshasa : ouverture d'une réunion multipartite sur la gestion des données de la recherche et de l'innovation
La réunion multipartite sur la gestion des données de la recherche et de l'innovation en RDC s'est ouverte hier lundi 16 février 2025 à Kinshasa, avec pour objectif de renforcer la coordination nationale et d'améliorer la production des indicateurs scientifiques nécessaires à l'élaboration des politiques publiques fondées sur des preuves.
La ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire, Recherche scientifique et Innovation, Marie-Thérèse Sombo Ayanne, a présidé la cérémonie d'ouverture. Elle a salué la participation des experts et acteurs du système national d'innovation, soulignant l'importance stratégique de cette initiative.
" Le thème de la présentation sur la mesure de la science, de la technologie et de l'innovation donne de l'espoir à notre ministère, car cela cadre avec notre feuille de route qui prévoit l'organisation des enquêtes sur la recherche et l'innovation comme préalable à la révision de la politique nationale de recherche scientifique validée en 2021", a-t-elle déclaré.
La ministre a également réaffirmé son engagement à soutenir les mécanismes de collecte des données, indispensables à une gouvernance efficace du secteur.
" La formulation et la mise en œuvre des politiques sectorielles exigent la qualité de nos indicateurs. Je m'engage à soutenir l'organisation des enquêtes pour obtenir des instruments nécessaires à une prise de décision éclairée ", a-t-elle ajouté, avant de procéder à l'ouverture de la réunion multipartite.
LES DONNEES, UN ENJEU STRATEGIQUE POUR LA SOUVERAINETE SCIENTIFIQUE
Le représentant de l'Unesco en RDC, Isaias Barreto Da Rosa, a salué le leadership de la ministre et l'engagement du gouvernement congolais en faveur du renforcement du système national de recherche. Selon lui, aucune politique crédible ne peut exister sans des données fiables et accessibles.
" Dans une économie mondiale où les données sont devenues des ressources stratégiques, la capacité d'un pays à produire et à utiliser ses données scientifiques détermine la qualité de ses politiques publiques, la performance de son système d'enseignement supérieur et sa compétitivité économique", a-t-il affirmé.
Pour la RDC, a-t-il souligné, la maîtrise des données constitue à la fois un enjeu de souveraineté scientifique et un levier de développement durable.
De son côté, le gestionnaire principal de l'initiative ASTII au sein de l'Auda-Nepad, Lekovis Seke, a relevé que la RDC fait face à des défis de développement, nécessitant des solutions locales fondées sur la recherche et l'innovation.
" Il faut marier la recherche et l'innovation pour trouver des solutions durables, car elles jouent un rôle essentiel dans la réalisation des objectifs de développement ", a-t-il indiqué.
Selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire, environ 38 % des étudiants sont actuellement inscrits dans les filières scientifiques et technologiques, un chiffre qui traduit les efforts engagés pour renforcer les capacités nationales.
ACCELERER LA DIGITALISATION DES ENQUETES
Cet atelier qui s'étend jusqu'au 17 février à l'Institut national des arts (Ina), vise notamment à améliorer la production des indicateurs de recherche et d'innovation, à harmoniser les méthodes de collecte et à accélérer la digitalisation des enquêtes.
Elle s'inscrit dans le cadre de l'Initiative africaine sur les indicateurs de la science, de la technologie et de l'innovation, mise en œuvre avec l'appui de l'Auda-Nepad et de l'Unesco, en collaboration avec l'Institut national de statistique.
Cette réunion offre également une plateforme de dialogue entre les ministères, les institutions scientifiques et les partenaires techniques, afin d'identifier les lacunes, définir une feuille de route et renforcer la gouvernance des données.
Les travaux devraient déboucher sur un plan d'action visant à doter la RDC d'un système performant de collecte et d'exploitation des données scientifiques. Cela permettra d'orienter efficacement les politiques publiques et de renforcer la position du pays dans les observatoires africains et internationaux de la recherche et de l'innovation.
Tricya MUSANSI