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Kasaï : Le PDL-145T à l'arrêt à Mweka
* Des infrastructures laissées à l'abandon
Hier mercredi 18 février, le constat est aussi brutal que préoccupant dans le territoire de Mweka, situé au cœur de la province du Kasaï : aucune infrastructure du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) n'a été achevée. Initié avec beaucoup d'espoir par le gouvernement central, ce programme ambitieux, destiné à améliorer les conditions de vie des populations locales, se heurte aujourd'hui à des obstacles majeurs qui compromettent son impact sur le terrain.
Partout où l'on se tourne dans le territoire de Mweka, le même spectacle s'impose : des bâtiments inachevés, des chantiers abandonnés, des travaux interrompus depuis plusieurs mois. Écoles, centres de santé, infrastructures communautaires, laissés à l'abandon, des carcasses de béton qui se détériorent progressivement, victimes de l'usure et de l'absence de surveillance.
Les habitants, qui avaient placé de grands espoirs dans ce programme, assistent impuissants à ce qu'ils perçoivent comme un gaspillage de ressources publiques et une trahison des engagements gouvernementaux. " Nous avons cru que le PDL-145T allait transformer nos villages, améliorer l'éducation et la santé. Aujourd'hui, il ne reste que des ruines ", déplore un chef de quartier local.
L'ALERTE LANCÉE PAR L'ADMINISTRATEUR DU TERRITOIRE
Face à cette situation alarmante, l'administrateur du territoire de Mweka, François Mingambengele, n'a pas caché sa colère et son inquiétude. Dans une déclaration récente, il a tiré la sonnette d'alarme, soulignant le danger que représente cette paralysie prolongée pour la confiance des populations envers les autorités.
M. Mingambengele a insisté sur la nécessité d'une intervention urgente du gouvernement central, afin de relancer les travaux et éviter que le programme, pourtant porteur d'espoir, ne sombre définitivement dans l'échec. Il a également pointé du doigt le manque de suivi et de contrôle, qui a favorisé l'abandon des sites par les entreprises chargées des travaux.
Les conséquences sont multiples et préoccupantes. Pour les enfants et les jeunes, l'inaccessibilité à des écoles opérationnelles freine l'accès à l'éducation. Pour les patients et les familles, l'absence de centres de santé fonctionnels limite considérablement l'accès aux soins de base. De plus, la détérioration des infrastructures déjà entamées risque de rendre les coûts de réparation et de finition encore plus élevés si aucune action rapide n'est entreprise.
Selon certains habitants, le retard et l'abandon des chantiers alimentent un sentiment de frustration, et parfois même de désespoir, face à des projets qui devaient améliorer leur quotidien. " Nous avons besoin de résultats concrets, pas seulement de promesses", martèle une mère de famille, désabusée.
UNE SITUATION SYMPTOMATIQUE D'UN PROBLÈME PLUS LARGE ?
Le cas de Mweka pourrait ne pas être isolé. À travers plusieurs territoires de la province du Kasaï et au-delà, le PDL-145T connaît des retards similaires, pointant du doigt des faiblesses dans la gestion, le suivi des travaux et la responsabilisation des entrepreneurs. La situation soulève donc des questions sur la planification, la supervision et l'efficacité de ce programme national, censé renforcer le développement local et l'infrastructure communautaire.
À ce stade, tous les regards se tournent vers le gouvernement central et les ministères concernés. Les habitants de Mweka attendent des actions concrètes : relance des chantiers, inspection des sites, redéploiement des équipes techniques et engagement des entreprises pour finaliser les travaux. La survie du programme PDL-145T dans ce territoire dépendra désormais de la volonté politique et de l'efficacité administrative.
Le PDL-145T à Mweka est aujourd'hui à la croisée des chemins. Ce projet, qui avait suscité l'enthousiasme des communautés locales et des acteurs du développement, risque de devenir un symbole de promesses non tenues si aucune mesure immédiate n'est prise. L'enjeu dépasse la simple finalisation des infrastructures : il s'agit de restaurer la confiance des populations envers leurs institutions et le développement local.
Félix MULUMBA Kalemba