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Kasaï : deux patients décèdent pour manque du personnel médical au centre de santé de Kayala
La crise sanitaire prend une tournure dramatique dans le secteur de Bampende, en province du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo. Deux décès ont été enregistrés au centre de santé de Kayala ce mercredi 25 février après le départ précipité du personnel soignant, plongeant cette structure médicale dans une paralysie totale.
Selon plusieurs sources locales, le médecin affecté à Kayala ainsi que deux infirmiers ont quitté leur poste à la suite de menaces présumées proférées par des habitants du village. Depuis leur départ, aucun personnel qualifié n'assurerait la prise en charge des malades dans cette aire de santé, exposant la population à de graves risques.
La confirmation des deux décès est venue du médecin chef de zone (MCZ) de Nyanga, le docteur Eddy, qui s'est personnellement rendu sur place après avoir été alerté de la situation.
"Deux cas de décès sont déjà enregistrés faute de soins. Les infirmiers et le médecin ont quitté leur lieu d'affectation sous prétexte d'insécurité. Je me suis déplacé pour tenter de sauver d'autres patients", a-t-il déclaré.
DES VERSIONS DIVERGENTES SUR LES CAUSES DU DÉPART
Le docteur Eddy affirme ne constater aucune situation d'insécurité susceptible de justifier l'abandon du poste par l'équipe médicale. Il évoque plutôt des "dires non fondés" et parle d'une manœuvre attribuée à certains jeunes du village, qu'il qualifie de consommateurs de chanvre.
D'après lui, un communiqué retrouvé aux domiciles des prestataires de santé ferait partie d'une intimidation isolée et ne traduirait pas une menace généralisée contre le personnel médical.
Toutefois, d'autres sources locales livrent une version plus alarmante. Elles soutiennent que les agents de santé auraient découvert une affiche leur ordonnant de quitter immédiatement le village sous peine de "lourdes conséquences", allant jusqu'à des menaces explicites de mort.
Ces pressions auraient été attribuées à des membres de la communauté pende, même si aucune autorité locale n'a officiellement confirmé cette accusation. Tout compte fait, plusieurs versions divergentes circulent sur les causes du départ de l'équipe soignante.
UNE VIDÉO QUI ENFLAMME LES RÉSEAUX SOCIAUX
La tension est montée d'un cran après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo dans laquelle un infirmier affirme avoir reçu des menaces directes. Visiblement inquiet, il y sollicite son transfert vers un autre centre de santé, évoquant un climat qu'il juge incompatible avec la poursuite de ses fonctions.
Cette séquence, largement partagée, a suscité une vive émotion dans l'opinion publique locale, ravivant le débat sur la sécurité du personnel médical dans les zones rurales et enclavées.
En attendant un éventuel retour de l'équipe soignante, les habitants de Kayala et des villages environnants se retrouvent sans encadrement médical. Pour des pathologies nécessitant une prise en charge urgente, les malades doivent désormais parcourir de longues distances vers d'autres structures sanitaires, au risque d'aggraver leur état.
Dans une région déjà confrontée à des difficultés d'accès aux soins, cette situation met en lumière la fragilité du système de santé local et la dépendance quasi totale de certaines communautés à un nombre très limité de prestataires.
Le ministère provincial de la Santé du Kasaï a annoncé qu'il se prononcerait dans les prochaines heures afin d'éclairer l'opinion et de préciser les mesures envisagées. Parmi les options évoquées figurent le renforcement de la sécurité autour du centre de santé, une mission d'enquête administrative et la recherche d'une solution durable pour garantir la continuité des soins.
De son côté, le médecin chef de zone affirme avoir échangé avec l'équipe partie, laquelle aurait promis de regagner son poste dans les jours à venir. Une perspective qui reste conditionnée à un climat apaisé et à des garanties de sécurité.
Au-delà des circonstances exactes de ces menaces, l'affaire de Kayala met en lumière les défis persistants auxquels fait face le système sanitaire dans certaines zones du centre du pays : sous-effectif chronique, isolement géographique, tensions communautaires et absence de mécanismes rapides de protection du personnel.
Alors que deux familles pleurent déjà leurs proches, la situation sanitaire et sécuritaire demeure tendue dans cette partie du Kasaï. Les regards sont désormais tournés vers les autorités provinciales et nationales, appelées à agir rapidement pour éviter d'autres pertes en vies humaines.
Félix MULUMBA Kalemba