Dernière minute
Société
Les coupures d'électricité qui perturbent Kinshasa s'expliquent notamment par l'arrêt du groupe G25 et la baisse du niveau des eaux, selon le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba. Pour desserrer l'étau, l'entreprise annonce une solution d'urgence : une centrale flottante de 134 MW, qui…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans un contexte mondialisé où l’influence d’un État se mesure autant par sa puissance diplomatique que par sa capacité à projeter une image positive et attractive, la République Démocratique du…
Étranger
Le Maroc a, pour la première fois de son histoire, une femme comme Première ministre: Fatima Ezzahra El Mansouri issue du Parti Authenticité et Modernité. Le Roi Mohammed VI a procédé à sa…
Nation
Du 30 septembre au 02 octobre 2026, les journalistes des radios communautaires de Kinshasa sont en atelier de renforcément des capacités en matière de préparation, de prévention et de…
Goma-Bukavu : l'administration parallèle de l'AFC/M23 ravive les craintes d'une balkanisation de la RDC
La prise de contrôle de Goma et de Bukavu par l'AFC/M23 s'accompagne progressivement de la mise en place de structures administratives parallèles à celles de l'État congolais. Une évolution qui alimente les inquiétudes autour d'une possible partition de fait de la République démocratique du Congo.
Dans les zones qu'il contrôle, le mouvement rebelle ne se limite plus à une présence militaire. L'AFC/M23 a installé des responsables administratifs, organisé la perception de taxes et mis en place différents mécanismes de gestion des affaires publiques.
Des initiatives sont également menées dans plusieurs secteurs, notamment l'éducation et les infrastructures. Des responsables sont placés à la tête d'établissements scolaires et universitaires, tandis que certains travaux de réhabilitation des routes sont entrepris dans les territoires sous son contrôle.
Cette organisation cherche également à renforcer ses liens avec l'extérieur. La démarche visant à faire reconnaître ou homologuer certains diplômes délivrés dans les zones contrôlées par l'AFC/M23 auprès de structures de la Communauté d'Afrique de l'Est est perçue comme une volonté de donner davantage de poids à cette administration rebelle parallèle.
" D'UNE BALKANISATION DE FAIT VERS UNE BALKANISATION DE DROIT "
Cette évolution se manifeste également sur le terrain de la communication. Le porte-parole de l'AFC/M23, Lawrence Kanyuka, intervient régulièrement pour présenter les positions et les actions du mouvement, avec une communication qui reprend certains codes institutionnels utilisés par les autorités de Kinshasa.
Pour ses détracteurs, cette stratégie participe à l'installation progressive d'un pouvoir concurrent de celui du gouvernement central.
La question inquiète jusqu'au sein des institutions nationales. Le rapporteur de l'Assemblée nationale, Jacques Djoli, a récemment évoqué cette situation lors d'un échange avec le journaliste Stanys Bujakera.
" En fait, on est dans une balkanisation de fait qui peut basculer vers une balkanisation de droit", a-t-il déclaré.
Cette analyse traduit une crainte grandissante : voir une administration parallèle se consolider durablement dans l'est du pays et évoluer, à terme, vers une séparation institutionnelle plus formelle.
Pour l'heure, la RDC demeure juridiquement un État unitaire et aucune partition du territoire n'est officiellement établie. Mais la consolidation des structures mises en place par l'AFC/M23 à Goma, Bukavu et dans les zones sous son contrôle constitue désormais l'un des principaux enjeux politiques et sécuritaires du conflit dans l'Est congolais.
Félix MULUMBA Kalemba