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Formation d’un gouvernement d’union nationale : Bahati, Kamerhe, Mboso, Kabuya et Mbata ouvrent le bal
Cette démarche s'inscrit dans le cadre des consultations initiées par le Président Félix Tshisekedi, pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le Conseiller spécial du Chef de l'Etat en matière de sécurité, Désiré-Cashmir Eberande Kolongele, a entamé, hier lundi 24 mars, des échanges avec la classe politique congolaise.
Pour cette première journée, les discussions se sont concentrées sur les membres du présidium de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir. Plusieurs figures ont été reçues. En l'occurrence, Modeste Bahati Lukwebo, Vital Kamerhe, Christophe Mboso, André Mbata et Augustin Kabuya.
Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a insisté sur la nécessité de restaurer l’unité nationale avant la mise en place du gouvernement.
« Je remercie d’abord le Conseiller spécial pour l’invitation et, à travers lui, le Président de la République de m'associer à ces consultations pour former un Gouvernement d’Union nationale. Nous avons échangé ; je lui ai dit clairement que le Gouvernement d’Union nationale devrait être l’aboutissement d’un processus", a déclaré Vital Kamerhe.
"Commençons d’abord par la cohésion nationale, retrouvons la paix ensemble et cherchons les acteurs qui sont à la mesure des défis du moment ; rassembler tous les Congolais pour la cohésion nationale, puisque nous sommes en guerre. Deuxièmement, nous devons faire en sorte que la paix soit l’objectif numéro un pour recouvrer l’intégrité territoriale , la souveraineté de notre pays et mettre fin à la guerre », a-t-il déclaré.
Une union nécessaire pour contrer l’agression
Pour sa part, Modeste Bahati Lukwebo, vice-président du Sénat et leader du regroupement politique AFDC et alliés, a soutenu que cette initiative présidentielle allait dans le sens de cimenter la cohésion nationale au moment où le pays fait face à l’agression rwandaise sur sa partie orientale.
« Nous, au niveau de l’AFDC et de nos alliés, nous soutenons l’initiative du Chef de l’État qui est également dans notre vision. Parce que nous pensons que nous devons cimenter la cohésion nationale en ce moment critique que vit notre pays, agressé par le Rwanda. Nous avons besoin de tout le monde et le Chef de l’État a eu raison de tendre la main à tous, sans exclusion. Il reviendra à chacun d’assumer ses responsabilités. C’est le moment où nous devons taire nos querelles pour sauver notre pays agressé par l’ennemi rwandais » , a fait remarquer Bahati Lukwebo.
Dans la même lignée,il a insisté sur la nécessité de mener le combat sur deux fronts, militaire et social. « Nous avons pensé qu’il faudra mener le combat sur deux fronts : le front militaire et le front social, parce que tout en nous battant pour reconquérir les territoires occupés, nous devons aussi songer au front social qui concerne la survie de la population », a-t-il martelé.
Compétence et patriotisme au cœur des attentes
Christophe Mboso, 2ème vice-président de l’Assemblée nationale et membre du Présidium de l’Union sacrée, a mis l’accent sur l’importance de choisir des personnalités compétentes et engagées.
« J’ai donné au Conseiller spécial mon point de vue pour le Gouvernement d’Union nationale. Il nous faut des gens compétents, capables de répondre le plus vite possible aux attentes des Congolais : la paix, terminer avec l’agression rwandaise et puis résoudre par des projets concrets, les besoins socio-économiques des Congolais. De la majorité comme de l’opposition, ils doivent aimer d’abord le pays et vouloir servir leurs intérêts et non les leurs », a-t-il argumenté.
Dans le même élan, André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, a souligné les principes fondamentaux devant guider la mise en place du futur gouvernement.
« Nous sommes venus échanger avec le Conseiller spécial en vue de la formation d’un Gouvernement d’Union nationale. J’ai apprécié les principes sur lesquels ces Consultations sont fondées : la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale, le respect des institutions, la suprématie de la Constitution, l’union nationale… Tous ces principes doivent nous aider à former un Gouvernement d’Union nationale », a ajouté le secrétaire permanent de l’USN.
Il a également rappelé l’importance du front politique dans la stratégie du Chef de l’État face à la crise sécuritaire. « Lors de son adresse devant les membres de l’Union sacrée de la Nation, le Chef de l’État avait parlé de trois fronts que nous menons. Il y a le front diplomatique, dans lequel nous avons remporté énormément de victoires face au Rwanda qui nous agresse, grâce à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et le front militaire. Mais avec le Conseiller spécial du Chef de l’État, nous nous sommes placés sur le front politique. Sur ce front, nous devrons recourir à un gouvernement d’union nationale et à l’union des filles et fils de ce pays pour que nous puissions faire face au défi, celui de l’agression du pays par le Rwanda », a insisté le professeur Mbata.
appel à l’unité nationale
Le président du Sénat, Sama Lukonde, a également pris part aux consultations. Il a appelé toutes les forces politiques à s’impliquer dans le processus. « Ces consultations politiques s’inscrivent dans un esprit de cohésion et d’unité nationale face à cette situation sécuritaire que vit la RDC en ce moment. À partir de ce moment où on ouvre cette possibilité d’avoir une main tendue pour avoir des échanges élargis avec toutes les forces politiques, tant de la majorité que de l’opposition, ainsi que de la société civile pour une gouvernance inclusive, nous invitons toutes les autres forces politiques à venir participer à ces échanges et à donner leurs idées, parce qu’ici il s’agit de la patrie, de la souveraineté de notre pays, et surtout du recouvrement total de notre sécurité sur toute l’étendue de la RDC », a-t-il déclaré.
L’UDPS favorable sans conditions
Pour Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, son parti, première force politique du pays, ne posait aucune condition particulière pour la mise en place du gouvernement d’union nationale.
« Nous n’avons pas posé des conditions particulières. L’UDPS, c’est le parti du Chef de l’État. Mais, vu certaines dispositions statutaires, il est empêché de gérer ce parti, mais je me réserve de certains commentaires. Je laisse la primeur au Chef de l’État », a-t-il précisé.
Le SG Kabuya a insisté sur l’importance de cette consultation pour permettre au président de la République de recueillir toutes les opinions avant de prendre une décision finale.
« L’UDPS, en tant que première force politique de notre pays, il était normal que le Conseiller spécial puisse nous inviter pour écouter aussi ce que nous pensons par rapport à la mise en place du Gouvernement d’Union nationale envisagée par le Président de la République. Nous n’avons pas posé des conditions comme telles. Comme vous le savez, l’UDPS est le parti du Chef de l’État, nous nous réservons néanmoins de vous dire quel est notre souhait », a conclu Augustin Kabuya.
Un processus rigoureusement encadré
Face aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant la liste des invités aux consultations, le cabinet du Conseiller spécial du Chef de l’État a tenu à clarifier la procédure en place.
« Il n’y a que le Conseiller spécial qui programme des consultations, contrairement à la liste qui circule sur les réseaux sociaux. La procédure, c’est que la programmation se fait 24 heures avant. Les concernés seront contactés à temps avec une invitation à l’appui qui sera envoyée en bonne et due forme », précise le cabinet.
Ces premières consultations donnent le coup d’envoi d’un processus qui pourrait redessiner l’échiquier politique congolais en réponse aux défis sécuritaires et socio-économiques du pays.
Christian-Timothée MAMPUYA