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FOFECEGDD dénonce les propos susceptibles de banaliser les violences sexuelles faites aux femmes
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) a été interpellé, dans un communiqué de presse de l'ong Forum des Femmes pour la Gouvernance, la Démocratie et le Développement (FOFECEGDD) suite aux propos tenus á Kinshasa au cours de l'émission "Mongongo ya Bayi Mboka", animée par M. Nhonho Nkhuru, sur la chaine Congomani TV, au cours de laquelle un communicateur d'un parti politique de la place s'est publiquement exprimé au sujet de l'influenceuse Jaël Show : " Si Jaël Show était à Kinshasa, j'allais la violer".
Cette organisation de défense des droits des femmes demande au CSAC de se saisir de cette séquence et d'examiner les responsabilités liées à la diffusion de propos susceptibles de banaliser les violences sexuelles faites aux femmes.
Le FOFECEGDD lance un appel notamment aux autorités judiciaires compétentes, de se saisir d'office, en prenant connaissance des propos rapportés, d'en apprécier la portée et, si les faits sont établis, de prendre les mesures que prévoit les lois de la République.
Face á cette situation, les médias ont été invités á ne banaliser jamais les violences sexuelles pour faire de l'audience car une émission peut être populaire sans être irresponsable, un débat peut être vif sans devenir violent et un communicateur peut défendre un camp sans menacer une femme de viol.
Á ce sujet, le FOFECEGDD prie le Chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Champion de l'Union africaine pour la masculinité positive, à renforcer ses efforts pour protéger les femmes contre toutes les formes des violences, quelle que soit leur forme, et d'où qu'elles viennent.
Cependant, cette structure de la société civile considère que de tels propos ne peuvent être banalisés, relativisés ou noyés dans les querelles politiques et médiatiques du moment. "Une menace de viol reste une menace de viol, même lorsqu'elle est prononcée sous le coup de la colère, dans une émission de télévision ou au milieu d'un débat politique.
" Nous le disons avec toute la gravité que la situation impose : le viol n'est pas une plaisanterie. Il n'est pas une punition. Il n'est pas une réponse à une insulte. Il n'est pas un moyen de défendre une autorité. Et il ne peut en aucun cas devenir un langage politique", dénonce la source.
Toutefois, tout en condamnant fermement les propos injurieux, outrageants ou offensants tenus à l'encontre du Président de la République, de la Première Dame, des institutions de la République ou de toute autre personnalité publique, FOFECEGDD tient à rappeler qu'aucune parole, aussi controversée ou offensante soit-elle, ne saurait justifier qu'une femme soit menacée de viol, exposée à des violences sexuelles ou réduite au silence par la peur.
"Condamner une insulte ne signifie pas légitimer la violence ; défendre une autorité ne donne à personne le droit de menacer l'intégrité physique et la dignité d'une femme".
Enfin, le FOFECEGDD refuse catégoriquement cette dérive et rappelle que l'espace numérique ne peut, sous aucun prétexte, devenir un espace de non-droit où certains se croient autorisés à proférer des menaces, à humilier ou à déshumaniser autrui sous couvert d'anonymat, de militantisme ou de liberté d'expression.
Mathy Musau