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Fermeture du sous-bureau local de la MONUSCO à Lubero : Joseph Kavahwera Balukwicha mécontent de l’ingratitude de ses administrés vis-à-vis des casques bleus
Dans le cadre du processus de retrait accéléré de la MONUSCO de la RDC, le Chef de bureau intérimaire de la force onusienne à Beni, Abdourahamane Ganda, s’est rendu dernièrement à Lubero pour annoncer à l’administrateur de ce territoire, la décision de fermeture du bureau sous-local de cette force de la paix, situé au chef-lieu de cette entité politico-administrative.
« Au 31 décembre prochain, la MONUSCO aura fermé sa base militaire de Lubero au Nord-Kivu. Nous avons pris des dispositions pour qu’au 31 décembre prochain, la MONUSCO ne soit plus présente à Lubero. J’ai été chargé de venir vous l’annoncer officiellement : au 31 décembre 2023, il n’y aura plus de présence de la MONUSCO, aussi bien civile que militaire ici à Lubero« , a déclaré Abdourahamane Ganda.
Cette décision est en droite ligne avec le souhait du gouvernement congolais de voir la MONUSCO accélérer le processus de son retrait de la RDC, sans pour autant tomber dans la précipitation. Abdourahamane Ganda a poursuivi son mot en indiquant qu’il y aura des mouvements de personnel et de troupes les prochains jours, tout en sollicitant l’indulgence et la coopération de l’autorité locale pour permettre aux équipes qui seront chargées de ce déménagement de travailler en toute sécurité.
Le role positif de la Monusco
Réagissant à cette annonce, l’administrateur de la commune rurale de Lubero, Joseph Kavahwera Balukwicha, a stigmatisé l’attitude parfois ingrate de certains de ses administrés vis-à-vis de la MONUSCO.
« La MONUSCO nous a beaucoup aidés. Elle a appuyé notre armée à combattre les groupes rebelles qui faisaient alors la loi ici (Ndlr :Lubero). La population était très contente de cet appui de la MONUSCO à notre gouvernement. L’impact de la MONUSCO a été palpable dans notre territoire où la paix est revenue, et il y a eu même réunification du pays…« , a laissé entendre le chef de l’administration de Lubero.
Il a renchéri en soulignant qu’aujourd’hui, la stabilité est là, même si des groupes armés locaux restent actifs dans son territoire. Pour lui, la présence de la MONUSCO a été plus que nécessaire. L’impact a été positif.
« Maintenant, a- t-il précisé, du fait de la persistance de l’insécurité des groupes armés, certains habitants se découragent et ont tendance à oublier ce que la force onusienne nous a apporté ».
Situation securitaire préoccupante
Pour mémoire, c’est en 2002 que la MONUC s’installe à Lubero. Ce déploiement était dicté par la présence des rebelles du CNDP de Laurent Nkundabatware et des exactions commises contre les populations locales, au nom de la protection des civils. Lubero a été d’ailleurs la première base militaire de la mission onusienne dans le grand Nord-Kivu.
Au CNDP, s’ajoutent les rebelles des FDLR et d’autres groupes armés : la situation sécuritaire était plus que préoccupante ces années-là.
Une présence dissuasive
Pour un ressortissant du coin qui se souvient combien il était très difficile de se déplacer à l’époque, la présence de la MONUSCO a d’abord été un élément dissuasif pour tous ces miliciens qui continuaient à attaquer des civils le long de la route nationale n°4. Mais, grâce aux patrouilles quotidiennes de la MONUSCO, les assaillants étaient souvent mis en déroute.
C’est pourquoi, Joseph Kavahwera Balukwicha estime que la MONUSCO a joué un rôle important dans la stabilité de la situation sécuritaire, en dépit de certaines faiblesses constatées. Il recommande au gouvernement de prévoir un dispositif militaire pour la protection des populations après le départ de la MONUSCO. Muke MUKE