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Dix ans requis dans le procès en appel de Yoon dans l'affaire de l'obstruction de justice
SEOUL, 06 avr. (Yonhap) -- Dans son réquisitoire, l'équipe du procureur spécial Cho Eun-suk a demandé 10 ans de réclusion criminelle contre l'ancien président Yoon Suk Yeol, dans le procès en appel pour obstruction de justice et d'autres charges liées à sa tentative déjouée d'imposer la loi martiale en 2024.
Lors de cette dernière journée d'audience qui se tient actuellement depuis 14h à la Haute Cour de Séoul, les procureurs ont maintenu la peine qu'ils avaient requise en première instance, et que les juges avaient réduite à cinq ans dans leur verdict en janvier.
Yoon avait été reconnu coupable d'avoir ordonné le 3 janvier 2025 au service de la sécurité présidentielle d'empêcher des enquêteurs de pénétrer à l'intérieur de la résidence présidentielle pour appliquer un mandat d'arrêt. Celui-ci avait été accordé pour le placer en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la loi martiale.
Yoon avait également été reconnu coupable d'infraction au droit de délibération de sept de ses anciens ministres, puisqu'il a présidé en leur absence une réunion ministérielle peu avant la proclamation de la loi martiale, afin de donner l'illusion que le texte avait été examiné par le cabinet comme l'exige la loi. Dans leur réquisitoire, les procureurs affirmaient que neuf ministres avaient été lésés mais la cour n'a retenu les charges que pour sept ministres.
"Le crime est de nature particulièrement grave puisque (Yoon) a abusé de sa position de président pour détruire l'ordre constitutionnel et exercer à des fins privées le pouvoir de l'Etat", a déclaré un membre de l'équipe du procureur spécial, au sujet de l'emploi de la sécurité présidentielle pour empêcher son arrestation.
"Depuis le premier jugement, il a eu pleinement l'opportunité de demander pardon devant la population, mais il continue de clamer son innocence en créant constamment des excuses."
Les avocats de la défense et Yoon auront l'occasion plus tard durant cette séance de livrer leurs dernières plaidoiries.
Le verdict devrait tomber d'ici au mois de juin, étant donné que les délibérations ne prennent généralement pas plus de deux mois après la fin du procès.
Yoon se tient sur le banc des accusés dans pas moins de huit procès pénaux, étant également visé par des affaires de corruption orbitant autour de son épouse et de tentative d'ingérence dans une enquête interne de l'armée sur le décès d'un Marine.
Pour ce qui est des principaux chefs d'inculpation liés à sa proclamation de la loi martiale, il a été condamné en février à la réclusion à vie pour instigation d'une insurrection, une décision dont il a également fait appel. Il demeure en prison depuis sa mise en détention provisoire en juillet de l'année passée.