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Dissertation: la langue française pose problème aux élèves
Depuis hier lundi 8 mai, près d’un million de finalistes du secondaire ont entamé des épreuves hors session de l’Examen d’État, édition 2023. En prime, ils ont affronté la dissertation. Qui dit dissertation voit la grammaire française et les connaissances générales. Mais que se passe-t-il actuellement avec nos élèves dans ce domaine? Le constat est loin d’être satisfaisant.
Depuis plusieurs années, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’enseignement en RDC connaît une baisse sensible. Une des causes principales est le mauvais apprentissage du français, du reste langue officielle d’apprentissage aux élèves en RDC. C’est au primaire qu’un élève est sensé apprendre les fondamentaux de la langue de Voltaire, mais depuis des années cet apprentissage pose de sérieux problèmes aux élèves. La conséquence est qu’aujourd’hui au niveau du secondaire et même universitaire, les élèves écrivent et s’expriment mal.
En réalité, si les correcteurs n’étaient pas complaisants dans leur tâche, très peu de finalistes obtiendraient plus de 50% des points. Pour se convaincre qu’il se pose un problème sérieux de rédaction française en RDC, il faut lire les écrits sur les affiches publiques et les réseaux sociaux quand bien même la rigueur n’y est pas requise.
À une certaine époque, pour devenir enseignant ou maître à l’école primaire, il fallait avoir étudié dans une école spéciale où était dispensée une formation appropriée. Mais actuellement le recrutement du personnel enseignant se fait vaille que vaille. Aucun critérium précis n’est déterminé pour ce faire.
Pour ne pas se discréditer en cas de nombreux échecs dans leurs écoles, les chefs d’établissements et les enseignants ont mis en place une odieuse pratique de recruter des personnes étrangères à l’école, appelées vulgairement « mercenaires » pour travailler à la place de leurs élèves.
Un autre problème sérieux autour des épreuves hors-session de l’Examen d’État de cette année est le taux très élevé des frais de participation. Dans certaines provinces, les gouverneurs sont allés jusqu’à la somme de 300.000 FC. Beaucoup de parents ont été obligés de fournir des sacrifices énormes pour réunir un tel montant fixé sur aucune base objective.
Pour ne pas imposer aux parents un tel chemin de la croix dans l’avenir, le gouvernement est invité à prendre ses responsabilités. La responsabilité d’organiser les épreuves de l’Examen d’État incombe à l’Etat.
En conséquence, il importe que cette activité soit alignée dans la rubrique des dépenses. Les parents ne doivent pas se partager cette tâche avec l’État. D’ailleurs, la gratuité de l’enseignement, décrétée par le Président de la République doit concerner également cette activité.
Au-delà de toutes ces préoccupations, le plus important est de fournir à la nation une élite digne et responsable qui sera capable d’innover et de faire face aux problèmes auxquels le pays sera confronté dans l’avenir.
Les épreuves hors-session vont se poursuivre du mercredi 10 au samedi 13 mai courant avec le français, tandis que la session de l’Examen d’État proprement dite se déroulera du lundi 26 au jeudi 29 juin prochain. Muke MUKE