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Démission de Bahati Lukwebo : Dénis Mukwege dénonce la pression sur les parlementaires
Le débat autour de la modification de la Constitution en Rd_Congo ne cesse de provoquer des remous au sein de l'élite politique du pays. Les démissions récentes du Président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et du deuxième vice-président du Sénat, Bahati Lukwebo, font écho aux inquiétudes exprimées par le Prix Nobel de la Paix, Dénis Mukwege, qui s'est publiquement étonné des comportements des parlementaires congolais.
Selon Dénis Mukwege, la sanction infligée à Kamerhe et Lukwebo est révélatrice d'une inversion inquiétante des rôles démocratiques en RDC.
"En osant vous opposer au projet de changement de la Constitution, alors que notre pays est en guerre, vous avez eu le courage de dire la vérité, signe de noblesse pour un représentant du souverain primaire", a-t-il déclaré.
Pour le médecin humanitaire, ces responsables auraient dû rester fermes, quel que soit le prix à payer, face à la pression exercée par leurs collègues et par le parti présidentiel UDPS, moteur du projet de révision constitutionnelle.
Bahati Lukwebo, président du regroupement politique AFDC-A, a exprimé sa position contraire dès le début du mois de mars. Lors d'un point de presse, il avait souligné que le pays souffre non pas d'un problème de textes, mais de dirigeants de bonne foi pour les appliquer au bénéfice du peuple. Lukwebo avait également rappelé que le mandat du président Félix Tshisekedi court jusqu'en 2028, un message qui a heurté certains partisans du pouvoir, favorables à l'idée d'une révision constitutionnelle anticipée.
Vital Kamerhe et la fin d'un parcours tumultueux
À l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, longtemps fidèle allié du président, a démissionné en septembre dernier. Une pétition initiée par Crispin Mbindule, ancien proche collaborateur, l'accusait de "gestion opaque, blocage du contrôle parlementaire et suppression des avantages des députés". Bien que Kamerhe soit resté discret sur le projet de modification de la Constitution, sa démission s'inscrit dans le même climat de tension et de contraintes exercées par la majorité présidentielle.
Pour Dénis Mukwege, la situation actuelle met en lumière "une inversion de rôles qui tue la démocratie". Dans un contexte normal, les parlementaires sont censés contrôler l'action gouvernementale et présidentielle. Or, en RDC, ce sont les représentants du peuple qui se trouvent sanctionnés lorsqu'ils expriment un désaccord. Le Prix Nobel déplore également la soumission d'une grande partie des élus à la "mangeoire" du pouvoir, laissant transparaître une hypocrisie politique qui affaiblit le fonctionnement démocratique du pays.
Christian-Timothée MAMPUYA