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Delly Sesanga appelle à un sursaut citoyen pour sauver la Constitution
* Le leader d'Envol invite les Congolais à rester vigilants face à toute tentative de remise en cause de l'ordre constitutionnel.
Dans une adresse politique dense et résolument offensive, l'opposant Delly Sesanga dresse un diagnostic sévère de la situation politique, économique et sécuritaire de la République démocratique du Congo. Face à ce qu'il décrit comme une dérive progressive de la gouvernance, le président du parti Envol accuse le pouvoir en place de nourrir une "politique de la distraction", destinée, selon lui, à détourner l'attention des difficultés structurelles auxquelles le pays est confronté : insécurité persistante, fragilisation des finances publiques, recul des libertés et incertitudes autour du processus démocratique. Dans un discours ponctué de références aux luttes historiques pour la démocratie, il appelle les Congolais à rester vigilants face à toute tentative de remise en cause de l'ordre constitutionnel.
À un peu plus de deux ans de la prochaine présidentielle, l'opposant revient également sur le bilan de l'alternance intervenue en 2018, marquée par la fin de l'ère Joseph Kabila et l'accession au pouvoir de Félix Tshisekedi. Pour Delly Sesanga, cette transition politique n'a pas produit les transformations profondes attendues par une population confrontée à la pauvreté persistante, aux tensions sécuritaires dans l'Est du pays et aux fragilités de l'État. Il dénonce notamment une gouvernance qu'il juge marquée par l'explosion des dépenses publiques, le clientélisme politique et une gestion contestée des ressources nationales.
"LA GUERRE NE DOIT DEVENIR Un PRETEXTE POUR RETARDER LESELECTIONS DE 2028"
Au-delà du réquisitoire, le leader politique se projette vers l'avenir en appelant à un sursaut citoyen et à la défense des acquis démocratiques. Dans un contexte où le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle refait surface, Delly Sesanga insiste sur l'impératif de préserver la Constitution et de garantir l'organisation des élections en 2028 dans les délais prévus. À ses yeux, la consolidation de l'État de droit, la restauration de la confiance entre gouvernants et gouvernés et la construction d'un modèle de développement fondé sur la souveraineté économique constituent désormais les conditions essentielles pour éviter, selon ses termes, un recul démocratique et ouvrir une nouvelle étape de l'histoire politique congolaise.
Selon Delly Sesanga, " au lieu de préparer l'alternance démocratique, le pouvoir entretient une diversion permanente : la guerre comme écran, la guerre comme refuge, la guerre comme prétexte. C'est là un danger majeur. La guerre ne doit pas devenir un prétexte pour retarder les élections de 2028. Elle ne doit pas servir d'alibi à la confiscation de la démocratie."
Pour le leader d'Envol, " après avoir combattu, avec le peuple, dans la rue, le glissement électoral entre 2016 et 2018, Félix Tshisekedi et les siens ne peuvent, sans se renier, devenir aujourd'hui les artisans d'un nouveau glissement, sous couvert de la guerre ".
Aussi appelle-t-il le Gouvernement à doter la Ceni des moyens nécessaires pour la mise à jour du fichier électoral et l'enrôlement.
Et pour que personne n'ignore, Delly Sesanga rappelle que la feuille de route de la Centrale électorale prévoit que les années 2026 et 2027 soient consacrées à la révision du fichier électoral… or déjà, constate-t-il, des retards s'accumulent dans la mise en œuvre de ladite feuille de route, publiée le 4 avril 2025 pour le cycle électoral 2025 pour le cycle électoral 2025-2029.
Lire, ci-dessous, l'intégralité de l'adresse de Delly Sesanga. FDA
DECLARATION POLITIQUE DE L'HONORABLE Delly SESANGA, PRESIDENT NATIONAL D'ENVOL SUR LA SITUATION GENERALE DU PAYS
Mes chers compatriotes,
Je viens vous rappeler une vérité. Une vérité simple, mais cruciale pour l'avenir de notre pays. Une vérité que certains veulent cacher. Une vérité pourtant que vous devez connaître!
Je viens vous appeler à sortir de la distraction. La distraction du faux débat sur le changement de la Constitution, mieux l'établissement d'une nouvelle Constitution. La distraction du marchandage cynique autour de la guerre dans l'Est de notre pays.
Car derrière les tapages des discours que vous entendez, il n'y a aucun projet pour le peuple Congolais.
Il n'y a aucune vision pour la nation. La corruption banalisée, le tribalisme assumé, la Nation divisée, même déclinés avec arrogance et la force des armes ne font pas une vision !
Le régime actuel, à force de renier toute responsabilité dans ce qu'il accomplit, s'est progressivement transformé, à coup de bave et de la salive, en une véritable industrie politique de la distraction et de la manipulation.
Une industrie organisée autour d'une seule ambition : réinstaller la dictature en RD Congo.
Ce monstre politique, nos Pères de l'indépendance l'ont combattu avec courage et détermination. Ils l'ont combattu depuis la colonisation. Ils l'ont combattu pour l'indépendance. Ils l'ont combattu pour la souveraineté nationale.
Et cette réalité de la dictature et de la répression, notre jeunesse l'a affrontée à son tour.
Elle s'est levée. Elle a résisté. Elle a payé le prix fort. Parfois, le prix ultime, le sacrifice de leur vie. Car au fond, le combat n'a jamais changé.
Il faut savoir nommer les choses. Ce système, nous le connaissons. Un système fondé sur les contre-valeurs : le pouvoir personnel, le culte de la personnalité, le mensonge, le détournement, la corruption, la répression des libertés.
Ce système, nous l'avons subi dans notre histoire, sous la deuxième République notamment. Ce système, nous l'avons rejeté. Il représente le côté sombre de notre histoire.
Aujourd'hui, ce même système revient avec d'autres discours. Mais la logique reste la même.
Souvenons-nous de tous ceux qui ont versé leur sang pour l'avènement de la démocratie. Souvenons-nous des martyrs du 16 février 1992, tombés lors de la marche des chrétiens.
Souvenons-nous qu'il y a à peine quelques années nous avons refusé de retourner dans la dictature.
Souvenons-nous que nous avons refusé le troisième mandat à Joseph KABILA. Souvenons-nous de la carte jaune et de la carte de rouge, décernée par Feu Etienne TSHISEKEDI le 31 juillet 2016, ici même sur le boulevard Triomphal ! Nous étions là, vous étiez là, ils étaient là aussi même si, aujourd'hui au pouvoir, ils font semblants d'oublier ! Souvenons-nous que nous nous sommes battus à imposer l'alternance politique en 2018, pour inscrire notre pays sur la voie irréversible de la construction d'un État moderne et civilisé, conscient de l'histoire nationale, respectueux de sa Constitution et garant de la dignité du peuple congolais.
Rappelez-vous chers compatriotes que l'alternance politique de 2018 a été obtenue au prix du sang et de la vie de certains d'entre nous.
Souvenons-nous de Thérèse Kapangala. Souvenons-nous de Rossy Mukendi. Souvenons-nous de Hussein Ngandu. Souvenons-nous de Luc Nkulula
Ces jeunes n'ont pas donné leur vie pour que ce pays recule. Ils n'ont pas donné leur vie pour que l'on revive ce que nous avons déjà vaincu.
Ils sont morts pour la liberté. Ils ont été fauchés pour la dignité. Ils sont tombés pour que le peuple congolais reste debout et croit en un avenir meilleur pour lui-même, pour la Nation et pour les générations futures.
Congolaises, congolais,
Nous n'avons pas le droit d'oublier. Nous n'avons pas le droit de céder. Nous n'avons pas le droit de nous laisser distraire. Nous n'avons pas le droit de reculer et nous ne reculerons pas. Un peuple qui recule est appelé à disparaitre.
Voici la vérité cachée !
Il y a huit ans que Monsieur Tshisekedi dirige notre pays. Huit ans d'une alternance sans changement réel, sans solution pour le peuple, sans réponse à la souffrance nationale. Huit ans de gestion du pays sans dividende sociale.
Huit ans d'épreuves. Huit ans d'abandon. Huit ans d'humiliations infligées à un peuple livré à lui-même.
Voilà des années que l'insécurité s'installe au cœur même de Kinshasa, la capitale et dans plusieurs de nos villes, frappant des populations innocentes dans une indifférence insoutenable du pouvoir. On tue en plein jour. On agresse. On kidnappe. On viole. On fait des braquages en pleines rues. On sème la peur. Ceux qui gouvernent font semblant de ne rien voir, ne rien entendre, ne rien ressentir. Pour eux, il ne se passe rien et tout va pour le mieux !
Huit ans des lourds sacrifices imposés à notre peuple au profit d'un système de jouissance et
d'enrichissement d'une minorité de la classe dirigeante qui a pris le pays en otage.
Huit ans d'inefficacité et d'incapacité de l'Etat à accomplir ses missions minimales :
o les fonctionnaires et agents de l'Etat enregistrent plusieurs mois des salaires impayés ;
o les embouteillages étranglent la ville de Kinshasa, pendant qu'un pouvoir arrogant traverse la misère du peuple au son des sirènes et sous l'éclat des gyrophares mais incapable de réguler la circulation routière et l'ordre public.
o Kinshasa s'enfonce dans une insalubrité indigne d'une capitale, au milieu des déchets, du désordre et de l'abandon, des routes défoncées. Un désordre de l'espace urbain que le pouvoir fait semblant de découvrir, au détour d'un Conseil de ministres, pour ne pas assumer le désastre de son incurie.
Oui, huit ans de souffrance, c'est trop. Huit ans de souffrance, cela suffit. Huit ans de souffrance appellent un bilan. Le bilan d'une fin de règne. Le bilan d'un pouvoir défaillant. Le bilan d'une responsabilité écrasante dans l'insécurité, la désorganisation et la détresse de notre peuple.
Chers compatriotes
Depuis bientôt dix ans, je n'ai cessé d'alerter la Nation !
J'ai défendu une idée simple mais fondamentale : la réduction du train de vie de l'État. J'ai demandé de diminuer les dépenses institutionnelles afin de libérer les moyens à affecter aux investissements productifs pour le développement, au service d'un Etat modeste mais efficace !
La réduction du train de vie de l'État n'est pas un slogan. Mais c'est un choix stratégique pour la REFONDATION DU CONGO. C'est l'un des piliers d'une politique budgétaire sérieuse, responsable et orientée vers l'avenir, dans un pays où les dirigeants ont perdu le sens de la mesure. Car une politique budgétaire efficace n'a qu'un objectif : servir la croissance, réduire les inégalités et garantir la stabilité financière de la Nation.
J'ai toujours défendu une conviction claire : la croissance inclusive est le moteur le plus efficace de réduction de la pauvreté. C'est au nom de cette conviction que, dès 2006, nous en avions fait l'axe central de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté à travers le DSCRP I.
Et pendant que l'on parlait de rigueur, le pouvoir organisait le contraire :
o une explosion incontrôlée des dépenses, très souvent exécutées par la procédure d'urgence en dehors de la chaine de la dépense publique de 2019 à 2024, le volume des dépenses exécutées en procédure d'urgence ont représenté jusqu'à une moyenne de 30% de dépenses, constitué des dépenses d'investissement et de paiement de la dette intérieure, qui n'ont pas un caractère urgent.
o un clientélisme massif servi par des voix peu orthodoxes comme des jetons de présence en millions de dollars au Conseil d'administration de la SICOMINES qui dissimulent à peine des actes d'improbité devenue monnaie courante ;
o On s'empresse à faire une loi de finance rectificative en 2026, parce que le gouvernement a mis le pays à sec, mais lorsque comme en 2022, le Trésor public réalise un excédent des recettes de 2 milliards, on les dépense en procédure d'urgence, sans collectif budgétaire ;
Le résultat des courses, on retrouve un État hypertrophié, inefficace et financièrement fragilisé voire asphyxié, incapable d'honorer régulièrement les salaires de ses agents !
Au conseil des ministres du 13 mars 2026, fidèle à ses habitudes, Felix Tshisekedi, qui n'est jamais responsable de rien, feint de découvrir les dégâts! Mais, les chiffres sont plus éloquents. Depuis la réélection de Tshisekedi en 2023, la masse salariale mensuelle du secteur public a plus que doublé.
Elle est passée de 450 milliards CDF par mois à 1300 milliards CDF par mois, entre 40% et 50% des recettes courantes, 5% du PIB, enfermant l'Etat dans une rigidité budgétaire qu'on aurait pu éviter.
Désormais on emprunte par les bons du trésor pour payer les salaires. La réalité c'est l'explosion du clientélisme d'Etat, alimenté par ceux qui ont la main légère pour créer des postes en faveur des amis et multitudes des militants sur ordonnance, décret et arrêté. Les entreprises publiques ne sont pas en reste sur ce sujet.
La dette publique a pris la même trajectoire. Elle dépasse 13 milliards USD. Si elle demeure soutenable à ce jour, l'absence de mesures correctrices dans cette trajectoire, conjuguée à la faible qualité d'allocation des ressources, orientées vers des dépenses improductives, fait peser un risque réel sur les générations futures, qui pourraient supporter, à moyen et long terme, un service de la dette de nature à affecter durablement nos finances publiques.
Aujourd'hui, la réalité rattrape le régime. Quand nous parlions de la réduction du train de vie, elle était galvaudée et moquée. Le temps a fait sa leçon et reclassé les uns et les autres, loin de toute polémique et propagande. Le FMI, qui s'était fait silencieux sonne, tardivement, la sonnette d'alarme pour dire ce que nous dénoncions déjà parce que nous cheminions vers une impasse.
Mais la vérité, c'est que cette crise n'est pas une surprise. C'est la conséquence directe de choix politiques irresponsables et des actes, érigés en doctrine de la gouvernance : le clientélisme, la corruption, le détournement, la gabegie, l'impunité garantie aux courtisans du pouvoir … Qui mieux qu'un ancien ministre des finances de Tshisekedi pour l'énoncer!
À tous ces maux s'ajoute une autre défaillance majeure l'absence totale de coordination entre la politique budgétaire et la politique monétaire, devenue curieusement le temps d'un trimestre, un instrument de propagande politique, contraire aux missions de la Banque centrale.
Cette politique, on le sait a été une catastrophe pour nos concitoyens. Elle a occasionné l'instabilité et la manipulation du taux de change, la baisse du pouvoir d'achat ainsi que l'appauvrissement des ménages.
Ce n'est pas le gangstérisme monétaire qui va dédollariser l'économie nationale. Nous sommes favorable à ce que la monnaie nationale retrouve sa pleine souveraineté. Mais cela demande une approche holistique à court, moyen et long terme et coordonnée étroitement avec la politique budgétaire, qui semble avoir été prise de cours par un activisme inhabituel de la BCC, favorisé par un environnement politique du chaos et d'anarchie politique.
Chers compatriotes,
Abordons maintenant un sujet grave. Un autre sujet vital. La guerre qui ravage l'Est de notre pays depuis des décennies.
Lorsque Monsieur Tshisekedi est arrivé au pouvoir, il avait lui-même fixé un principe clair : sans la paix à l'Est, son bilan serait un échec.
Aujourd'hui, il lui reste 946 jours. La réalité est sans appel. La paix n'est pas revenue. Au contraire, la situation s'est aggravée.
o Des millions de nos compatriotes sont déplacés, arrachés à leurs terres, condamnés à l'errance ;
o Depuis la chute de Bunagana, il y a 4 ans, d'autres territoires ont échappé au contrôle du gouvernement.
o L'insécurité persiste, les populations souffrent et l'État semble impuissant.
o Mais plus grave, au milieu de cette tragédie, et je dénonce : la guerre à l'Est est devenue, pour le pouvoir, un instrument de marchandage politique, un instrument de justification de toutes les incompétences et antivaleurs, un instrument de maintien au pouvoir au nom d'une prétendue mission, un instrument de distraction.
Tant que la guerre dure, on vous demande de patienter. Tant que la guerre dure, on suspend les exigences. Tant que la guerre dure, on prolonge les échecs.
La guerre devient ainsi un alibi. Je le répète, il n'y'a aucune mission d'ordre quelconque en dehors et au-delà du mandat constitutionnel et qui se substituerait à celui-ci.
On peut alors légitimement se poser cette question : le pouvoir cherche-t-il réellement la paix, ou s'accommode-t-il de la guerre ?
Congolaises et congolais
Qu'on s'entende bien.
Nous condamnons fermement toute agression contre notre pays par toute puissance étrangère, en l'occurrence le Rwanda. Nous exigeons le retrait de toute force étrangère présente sur notre territoire. Nous appelons à la défense de l'intégrité du territoire national.
Mais cette position de principe ne doit pas nous faire perdre la lucidité. La condamnation de l'agression rwandaise ne saurait en aucun cas valoir validation, fût-ce implicitement, de la gouvernance en place.
Et c'est indécent que Felix Tshisekedi et son pouvoir veuillent nous enfermer dans une approche binaire stérile. Pour ma part, nous ne sommes pas condamnés à choisir entre la défense de la souveraineté nationale et l'exigence démocratique de la responsabilité politique. Défendre le pays et son intégrité est un devoir et un droit pour tout congolais, garantie par l'article 63 de la Constitution.
Exiger des comptes de ses dirigeants est aussi un droit et un devoir de tout citoyen dans le cadre de l'État de droit et des libertés constitutionnelles.
Refuser et condamner l'agression extérieure ne signifie pas cautionner les dérives internes. Défendre l'intégrité du territoire ne revient pas à absoudre les insuffisances du pouvoir.
Car la vérité est simple. Je condamne fermement l'agression de notre pays, tout en dénonçant, avec la même fermeté, les défaillances morales et opérationnelles dans la conduite de la politique de défense et de sécurité.
Ni la guerre, ni la menace extérieure, ne peuvent servir de refuge à l'irresponsabilité, ni de prétexte à l'effacement des exigences démocratiques.
Chers compatriotes,
Depuis 2021, l'état de siège a été instauré et prolongé. Et pourtant des villes stratégiques, capitales provinciales de Goma et Bukavu, sont tombées. La sécurité n'a pas été restaurée. L'autorité de l'État ne s'est pas renforcée.
Parallèlement, les budgets de la sécurité et de la défense ont connu une hausse significative. Plus de 30 % du budget national orienté vers la sécurité et la défense. La guerre a un coût. De 2019 à 2025, depuis l'accession de Felix Tshisekedi au pouvoir, les crédits consacrés à la défense et la sécurité nationales ont atteint les 13, 650 milliards de dollars.
Mais pour quels résultats ?
Pas d'amélioration décisive sur le terrain. Pas de renforcement visible de l'outil de défense. Pas de sécurisation durable des populations.
Alors une question s'impose : où sont passés tous ces moyens engagés dans la défense, la sécurité et la guerre ? A qui profite ces finances de la guerre ? S'ils n'ont pas aidé à renforcer nos capacités opérationnelles et à recouvrer l'intégrité de notre territoire national ? La situation pourrait bien cacher un business de la guerre! Le peuple a le droit de savoir !
Mes chers compatriotes, ouvrez l'œil et le bon !
À quoi sert aussi, au fond, l'instrumentalisation de la guerre par le pouvoir ?
La réponse est simple : gagner du temps, éviter les comptes et empêcher la tenue des élections.
Le pouvoir sait qu'au regard de la Constitution et de l'horloge républicaine, il ne lui reste que 946 jours d'exercice avant la fin définitive du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi.
La feuille de route de la CENI doit être mise en œuvre sans délai, en vue de l'organisation des prochaines élections, dont la convocation est prévue le 23 octobre 2028.
Dans ce contexte, le maintien dans une logique de guerre permet d'éluder le débat essentiel sur la préparation des échéances électorales à venir. Au lieu de préparer l'alternance démocratique, le pouvoir entretient une diversion permanente : la guerre comme écran, la guerre comme refuge, la guerre comme prétexte.
C'est là un danger majeur. La guerre ne doit pas devenir un prétexte pour retarder les élections de 2028. Elle ne doit pas servir d'alibi à la confiscation de la démocratie.
Après avoir combattu, avec le peuple, dans la rue, le glissement électoral entre 2016 et 2018, Félix Tshisekedi et les siens ne peuvent, sans se renier, devenir aujourd'hui les artisans d'un nouveau glissement, sous couvert de la guerre.
Or, déjà, des retards s'accumulent dans la mise en œuvre de la feuille de route de la CENI, publiée le 4 avril 2025 pour le cycle électoral 2025-2029.
Cette feuille de route prévoit que les années 2026 et 2027 soient consacrées à la révision du fichier électoral.
Nous appelons le Gouvernement à doter la CENI des moyens nécessaires pour engager sans délai ces opérations essentielles : la mise à jour du fichier électoral et l'enrôlement des électeurs.
Les élections de 2028 doivent se tenir dans les délais constitutionnels. Le peuple doit pouvoir choisir librement ses dirigeants.
Ce n'est pas un Cadeau, une faveur ou une tolérance. C'est un droit !
Mes chers compatriotes,
L'état des libertés publiques et des droits de l'homme dans notre pays est aujourd'hui profondément préoccupant.
L'espace politique s'est dangereusement rétréci. Des voix dissidentes sont réduites au silence. Des opposants sont contraints à l'exil.
Dans le même temps, des services agissant en dehors de tout cadre légal, fonctionnant comme une police secrète, confisquent des passeports, procèdent à des arrestations arbitraires, à des détentions illégales, en violation flagrante des garanties constitutionnelles les plus élémentaires. Sous quelles garanties de droit fonctionne aujourd'hui le Conseil national de cyberdéfense ?
Le Président Tshisekedi avait promis pourtant de fermer les cachots. Mais, il semble qu'on en ait crée d'autres depuis son avènement au pouvoir!
La création, par ordonnance-loi, d'un tribunal pénal économique et financier est un autre problème.
En apparence, il s'agit de lutter contre la corruption. Mais dans les faits, le risque est grand.
Le risque de voir se multiplier des poursuites sélectives ; des procédures expéditives.
Des accusations utilisées comme instruments politiques. Nous ne sommes pas opposés à la lutte contre la corruption. Bien au contraire. Mais, où en sommes-nous avec l'Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les conseillers spéciaux en la matière ? Plus ces structures spécialisées de lutte contre la corruption sont créées, il est curieux de voir la RD Congo continuer à defender sa place parmi les 20 pays les plus corrompus au monde dans l'indice de perception de la corruption.
Ce n'est pas l'absence d'une juridiction spécialisée de lutte contre la corruption qui a empêché que le dossier de 100 jours soit instruit et que tous les autres dossiers ne puisse trouver une issue satisfaisante. C'est plutôt l'absence de la volonté politique. L'idée d'instrumentaliser la justice qui gangrène notre appareil judiciaire.
Dans un État de droit : la justice n'est pas une arme. La justice n'est pas un instrument de peur. La justice est une garantie pour tous. Un jour au pouvoir, nous supprimerons toutes ces structures inutiles.
Mes chers compatriotes,
Notre pays est donc dans une crise multidimensionnelle. Face à cette situation, nous avons toujours défendu une voie responsable : le dialogue inclusif. Non pas par faiblesse. Non pas par renoncement.
Aujourd'hui, le pouvoir a un choix. Soit il accepte d'ouvrir cette voie. Soit il assume seul la responsabilité des conséquences. Le temps lui imparti n'est pas infini. Il est compté. Et ce n'est pas une polémique.
L'horloge tourne. Elle tourne vite. N'en déplaise aux partisans de la mission, qui ont oublié le mandat.
Apprenez à compter. Il lui reste 946 jours pour agir et bien agir! Lundi il lui en restera déjà 944.
Le dialogue n'est pas une capitulation mais une responsabilité. Parce que le dialogue est une voie de résolution pacifique et durable. Le dialogue permet de reconstruire la confiance et l'unité nationales.
Le dialogue permet de restaurer les équilibres fondamentaux de l'État et mettre fin au business de la guerre.
En lieu et place de cette voie de responsabilité, j'entends aujourd'hui resurgir une autre distraction : le débat sur le changement de Constitution.
Soyons clairs ! Aucun pouvoir n'est au-dessus de la Constitution. Aucun dirigeant n'a un droit divin sur ce pays. Changer la Constitution, transformer les mandats en mission illimitée et s'affranchir de toutes les exigences d'un Etat de droit ne fait pas partie de la République ! Installer un pouvoir personnel c'est une remise en cause du pacte républicain. C'est un acte de violence, qui confisque le pouvoir, sur le modèle de la dictature que les congolais ont connu, combattu et vaincu sous la deuxième République.
Ce fait n'a pas une autre qualification. C'est de la haute trahison ! C'est une ligne rouge.
L'initiative de changer la Constitution fonde tout congolais, partout sur l'étendue du territoire national, à user de l'article 64 de la Constitution, " à faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la Constitution "
Ceux qui s'y adonnent sortent de notre pacte républicain et prennent le maquis contre la République.
Ils doivent être traités et combattus comme tel par tout moyen !
Le peuple congolais a déjà combattu pour sa liberté. Il a déjà résisté. Il a déjà refusé l'arbitraire. Et il saura, encore une fois, se lever pour défendre la République.
S'il est une chose que ce pouvoir peut négocier, ce n'est pas son maintien. Ce sont les conditions d'une sortie pacifique en 2028. Ni glissement, ni mission de droit divin, ethnique, tribal ou partisan !
Mes chers compatriotes,
S'agissant des accords internationaux récents, nous en saluons le principe lorsqu'ils vont dans le sens de la paix. Mais nous restons vigilants sur leur contenu, sur leur équilibre et sur la préservation des intérêts du peuple congolais.
Il faut dire que le pays est à un tournant historique. Ses ressources critiques peuvent soit consacrer sa dépendance, soit fonder sa souveraineté industrielle. L'accord de Washington qui consacre le partenariat USA - RDC ne sera utile que s'il est transformé en véritable stratégie nationale, fondée sur la connaissance de notre sous-sol, l'industrialisation locale et la maîtrise des chaînes de valeur.
Sans souveraineté scientifique et sans transformation industrielle, notre pays restera riche en minerais, mais pauvre en pouvoir économique. Les milliards engagés dans la défense et les infrastructures n'auront de sens que s'ils s'inscrivent dans un système cohérent combinant énergie, corridors, capital national et discipline d'exécution.
Mais il faut aller plus loin, et dire la vérité. Le Congo est pauvre parce qu'on l'a enfermé dans un rôle.
Et parce que nous avons trop longtemps accepté ce rôle.
Hier, nous étions le caoutchouc du sang. Puis nous avons alimenté les industries de guerre. Puis nous avons fourni les minerais stratégiques de l'atome. Aujourd'hui, nous alimentons les télécommunications du monde. Demain, nous serons au cœur de l'économie verte.
Mais à chaque époque, une constance demeure : nous fournissons la matière, les autres captent la valeur. Les congolais demeurent pauvres parmi les populations les plus pauvres de la planète ! Cela doit cesser. Nous ne pouvons plus être seulement un pourvoyeur de matières premières brutes pour le reste du monde. Il est venu le temps de penser stratégie congolaise, et non le Congo particule objet dans la stratégie des autres.
C'est pourquoi nous restons lucides et exigeants. Nous avons déjà connu les limites d'un modèle fondé sur le troc, notamment dans le cadre du contrat chinois. Je l'ai dénoncé en 2008 à l'Assemblée nationale. Les faits ont fini par nous donner raison. Aujourd'hui, les infrastructures promises sont quasi inexistantes. Elles ne sont pas au rendez-vous à la hauteur des engagements. Les retombées économiques restent limitées. Pendant ce temps, les rentes circulent, les intérêts particuliers prospèrent.
La reproduction de ce modèle, même avec d'autres partenaires, y compris les États-Unis, dans le troc minerais-protection sécuritaire, sans correction structurelle, ne produira pas davantage de prospérité pour les Congolais. On pouvait mieux négocier. On devait mieux négocier. En pensant non pas au maintien au pouvoir d'un groupe à court terme, mais aux générations futures.
Nous pourrions nous retrouver, dans quelques années, dans une situation absurde : avoir cédé nos minerais dans des trocs successifs, sans avoir obtenu ni le développement ni la paix.
Le Congo ne manque ni de ressources ni d'opportunités. Il lui manque encore la volonté de transformer sa richesse en puissance. L'enjeu de notre développement n'est plus de signer des accords soit disant stratégiques. Mais de bâtir un modèle congolais. Un modèle où nos ressources financent notre industrie. Un modèle où notre sous-sol sert notre souveraineté. Un modèle où la richesse nationale profite enfin au peuple.
Mes chers compatriotes,
Au terme de ce bilan de la situation de notre pays, à 946 jours de la convocation du prochain scrutin, je lance un appel solennel. Un appel à la conscience nationale. Un appel à la responsabilité. Un appel au courage historique.
Je vous invite à vous réapproprier la Constitution, au-delà des clivages politiques, sans égard à nos appartenances partisanes, y compris au sein de la majorité actuelle. Il s'agit de la Nation, de notre avenir commun et des générations futures.
Car être patriote, ce n'est pas servir un homme. Ce n'est pas servir un camp. Ce n'est pas servir un clan, une tribu, une région ou un poste. Être patriote, c'est défendre la loi. Être patriote, c'est défendre la liberté. Être patriote, c'est défendre l'indépendance de la Nation. Il n'y a point de devoir de loyauté ou d'allégeance à ceux qui menacent l'unité nationale et le bien-vivre-ensemble.
Congolaises et congolais,
Je vous invite au rassemblement. Je vous appelle à vous lever comme un seul homme. À faire barrage à toute tentative de dérive autoritaire.
Mes chers compatriotes, Ne vous y trompez pas.
La véritable opposition, ce ne sont pas les leaders. La véritable opposition, c'est le peuple. Le peuple qui refuse de continuer à souffrir. Le peuple qui refuse l'humiliation. Le peuple qui décide de reprendre son destin en main.
Partout où ce message vous parvient, je vous invite à vous référer à votre Constitution, à ses principes, à ses garanties, à nos libertés et nos droits qui y sont consacrés, avec tous ses mécanismes de protection de la République.
Rappelez-vous toujours de ceci : aucun pouvoir, même élu, n'est légitime s'il viole la Constitution, aucune autorité n'est légitime si elle s'exerce en violation de la Constitution.
Alors, levons-nous et rassemblons-nous. Ensemble, disons stop à toute confiscation du pouvoir ! Stop à la haute trahison. Stop à la privation de l'Etat.
Souvenez-vous de cette sagesse : le Congo n'est pas une ferme pour devenir l'héritage d'un individu, d'un groupe ou un clan. Un peuple qui protège sa Constitution garantit sa liberté et défend sa Nation. Un peuple qui défend sa liberté construit son avenir.
Aux forces politiques d'opposition et aux forces vives de la société civile, je n'adresse qu'un seul message : le seul point de ralliement possible est la défense de l'essentiel ; l'unité du pays, la démocratie et la Constitution.
Aux patriotes engagés au sein de l'Union sacrée, je lance un appel à la conscience et au courage.
Ayez la lucidité de dénoncer cette forfaiture. Ayez la détermination d'aller jusqu'au bout. Rejoignez le seul combat qui vaille : celui de la défense de la Constitution, de la liberté et de la démocratie face à toute dérive autoritaire. Sachez-le clairement : choisir le confort par crainte de perdre des avantages ne vous garantira aucune demi-liberté. Ce choix ne mène pas à la sécurité. Il conduit, inévitablement, à la servitude.
Dans les jours à venir, nous allons engager une phase de sensibilisation et d'action sur terrain.
Rassemblons-nous dès demain et agissons ensemble pour mettre fin à la distraction, à la manipulation et à la diversion afin d'aller à l'essentiel et sauver notre pays.
Je vous remercie
Fait à Kinshasa, le 21 mars 2026