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Corée: l'ancien président Yoon condamné à 2 ans de prison pour acceptation de sondages gratuits
La Cour centrale du district de Séoul a condamné lundi l’ancien président Yoon Suk Yeol à une peine d’emprisonnement de deux ans, après l’avoir reconnu partiellement coupable d’acceptation de dons illégaux, sous la forme de sondages d’opinion qui avaient été proposés par un homme se présentant comme un influencer politique.
Les juges ont retenu le chef d’infraction à la loi sur les fonds politiques, alors que son épouse Kim Keon Hee, elle aussi impliquée dans cette affaire, a été acquittée en appel de ces mêmes charges.
C’est le procureur spécial Min Joong-ki, mandaté l’année dernière pour faire la lumière sur tous les soupçons de malversations liés à Kim Keon Hee, qui avait décidé d’engager des poursuites contre Yoon et le fournisseur de ces sondages, Myung Tae-kyun.
Les transactions litigieuses au cœur de l’affaire portent sur 58 sondages réalisés gratuitement entre avril 2021 et mars 2022, alors que Yoon visait la prochaine élection présidentielle, ce qui aurait représenté une valeur de 270 millions de wons (180.100 dollars).
Dans son verdict, la cour a reconnu qu’il s’agissait de dons illégaux pour 14 de ces sondages. Le montant de 13,96 millions de wons sera confisqué à Yoon en plus de sa peine carcérale.
Les juges ont suivi l’argumentation de l’accusation, qui était que ces sondages devaient servir de monnaie d’échange contre la promesse d’un soutien de Yoon à l’ancienne députée Kim Young-sun, qui espérait être désignée candidate de leur parti lors des élections partielles de juin 2022, soit peu après l’investiture de Yoon.
La cour a également condamné Myung, coprévenu dans ce procès, à 18 mois de prison. Min et son équipe demandaient quatre ans d’emprisonnement contre Yoon et trois ans contre Myung.
En avril, une cour d’appel a confirmé l’acquittement prononcé en première instance contre son épouse. La Haute Cour de Séoul a estimé que le couple n’avait pas tiré un quelconque gain de ces sondages, puisque Myung avait aussi proposé ce service à d’autres personnes.
Le procureur spécial Min et son équipe, en charge aussi de l’accusation dans ce procès, ont déjà engagé un pourvoi en cassation.
Yoon fait l’objet de plusieurs poursuites pénales concernant certains de ses agissements durant sa présidence, dans la plupart des cas en lien avec sa tentative d’instaurer la loi martiale en décembre 2024 sans en respecter scrupuleusement les conditions inscrites dans la Constitution.
En février, il a été condamné à la prison à vie pour instigation d’une insurrection, sa loi martiale ayant été reconnue par les juges comme une tentative d’auto-coup d’Etat.