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Au cours d'une conférence de presse organisée par CIPCC : Un chercheur chinois appelle les villes africaines à transformer les déchets en énergie
* Pour l'expert Wang Hongyi c'est un modèle écologique exportable vers le continent
Le chercheur de l'Institut Chine-Afrique de l'Académie chinoise des sciences sociales, Dr Wang Hongyi, a exhorté les grandes villes africaines à adopter le modèle chinois de valorisation énergétique des déchets, un système qui permet de transformer les ordures ménagères en électricité et en chaleur. Cette déclaration a été faite lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre du programme du Centre de Communication de Presse Internationale de Chine.
Selon Wang Hongyi, " le déchet est désormais une ressource ", et les pays africains gagneraient à en faire un levier à la fois écologique, économique et urbanistique. Là où certains États peinent encore à collecter et assainir, la Chine a fait de la gestion des déchets un pilier de sa transition verte. Pour Wang Hongyi, la question environnementale n'est plus seulement un enjeu technique : elle devient un choix déterminant pour l'avenir des États africains.
" Les déchets augmentent très rapidement et deviennent de plus en plus nombreux. Dans les villes chinoises, nous avons réussi à contrôler la situation grâce aux centrales qui transforment les déchets en électricité, ainsi qu'à des systèmes efficaces de recyclage de l'eau et de l'air ", explique-t-il.
À l'inverse, dans les zones rurales, il reconnaît que " les populations étant très dispersées dans les montagnes, la supervision reste insuffisante, ce qui entraîne une pollution persistante des rivières ". Il souligne que cela illustre " les limites actuelles des investissements publics en milieu rural, où les capacités financières demeurent restreintes ".
Le chercheur estime que cette réalité est comparable à celle de plusieurs pays africains, notamment au Burkina Faso et en République démocratique du Congo, où les capitales croulent sous les déchets depuis des années.
" Chaque grande ville africaine a besoin de centrales de valorisation énergétique. Sans cela, ce sont des montagnes d'ordures qui s'accumulent pendant des décennies, qui polluent l'environnement et abîment l'image du pays ", déplore-t-il, citant en exemple les difficultés rencontrées à Ouagadougou.
EN CHINE LE DÉCHET EST DEVENU UNE RICHESSE
Il rappelle que la Chine a fait ce virage technologique à un moment où elle faisait face aux mêmes défis structurels que l'Afrique aujourd'hui.
" En Chine, le déchet est devenu une richesse. Il peut produire de l'électricité et créer une économie circulaire bénéfique pour la ville et pour la population ", souligne-t-il.
Selon lui, l'Afrique accuse surtout un retard politique dans ce domaine : " En Afrique, je ne vois pas encore beaucoup d'intention stratégique. Pourtant, les centrales de valorisation peuvent devenir une mesure très importante pour améliorer l'environnement africain. C'est un très bon business, rentable et durable. "
LA TRANSFORMATION VERTE
Il présente cette transformation comme faisant partie d'un projet plus vaste de la transformation verte menée sous l'impulsion du président Xi Jinping. La pensée de Xi sur la civilisation écologique est aujourd'hui au cœur de la gouvernance chinoise. Elle s'appuie sur une idée devenue célèbre dans tout le pays " les eaux claires et les montagnes luxuriantes sont des atouts inestimables ".
Cette philosophie a conduit à des réformes profondes juridiques, industrielles et sociales qui ont permis à la Chine d'enregistrer des progrès spectaculaires. La capitale Pékin affiche désormais plus de 85 % de journées avec une bonne qualité de l'air, contre moins de la moitié il y a dix ans.
Wang Hongyi évoque également la lutte frontale menée contre la désertification, autre symbole de la volonté politique chinoise. " À 80 kilomètres au nord de Pékin, il y avait autrefois un désert. Aujourd'hui, il a disparu, remplacé par des forêts et des cultures. Ce n'est pas seulement grâce à l'argent, mais grâce à la constance dans l'effort et à l'engagement collectif ", affirme-t-il.
CETTE POLITIQUE ENVIRONNEMENTALE MANQUE EN AFRIQUE
Pour lui, c'est cet esprit d'effort sur le long terme qui manque encore en Afrique, où les politiques environnementales restent souvent ponctuelles, dépendantes des bailleurs ou sans continuité.
Interrogé sur la pertinence de cette approche pour le Congo-Kinshasa, il confirme que le modèle est parfaitement applicable. " Oui, la RDC pourrait suivre cet exemple. Elle produit assez de déchets pour alimenter une centrale dans chaque grande ville. Mais il faut une vision politique forte et durable, parce que sans continuité, il n'y a pas de résultat ", insiste-t-il.
La Chine, conclut-il, se montre disposée à accompagner l'Afrique dans cette transition, mais l'initiative doit venir d'abord des gouvernements africains eux-mêmes. " On peut offrir des projets pilotes, une expertise technique, ou des partenariats industriels, mais la volonté première doit être locale. La transformation écologique n'est pas un discours, c'est un choix structurant qui demande courage et détermination ".
Christian-Timothée MAMPUYA depuis Pékin en Chine