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Haut-Lomami : la crise s’aggrave à l’Assemblée provinciale après l’empêchement d’une plénière
La crise institutionnelle prend une nouvelle tournure au sein de l’Assemblée provinciale du Haut-Lomami. Ce lundi 08 juin, plusieurs députés provinciaux ont été empêchés d’accéder à l’hémicycle par un important dispositif sécuritaire déployé autour du siège de l’organe délibérant. Cette plénière devait porter sur l’installation d’un bureau d’âge, dans un contexte marqué par la contestation du bureau définitif dirigé par Basile Muleba.
À la base de cette tension, une motion de censure, déposée depuis le 14 mai contre le bureau de l’Assemblée provinciale. Les députés signataires accusent les membres du comité de gestion de détournement de fonds et de violations répétées du règlement intérieur.
Selon les élus contestataires, la séance empêchée visait à appliquer l’article 239 alinéa 7 du règlement intérieur afin de mettre en place un bureau d’âge chargé d’assurer la continuité des activités parlementaires.
Parmi les députés empêchés d’accéder à l’hémicycle figurait le rapporteur de l’Assemblée provinciale. Ce dernier accuse ouvertement le président Basile Muleba ainsi que le questeur Mukaya Séraphin de vouloir passer outre les textes qui régissent l’institution.
«Malheureusement, le président Basile Muleba et le questeur Mukaya ont choisi de défier le règlement intérieur. Pourtant, lors de l’élaboration de ce texte, c’est l’actuel président qui dirigeait la commission. Aujourd’hui, nous sommes surpris de voir quelqu’un qui totalise plus de vingt ans de carrière politique vouloir piétiner une loi qu’il a lui-même soutenue», a-t-il déclaré.
détournement de plus de 200 millions FC ?
Le bureau de l’Assemblée provinciale du Haut-Lomami est également accusé d’avoir détourné des émoluments des députés évalués à plus de 200 millions de francs congolais.
Ces accusations avaient conduit, en décembre 2025, à la destitution de Basile Muleba et du questeur Mukaya Séraphin, avant leur réhabilitation en mars 2026 par un arrêt de la Cour constitutionnelle.
Les députés frondeurs ont, depuis, saisi la Cour de cassation pour contester cette décision. Dans sa réaction, Senghor Kabondo Sengwa a rejeté les accusations portées contre le bureau de l’Assemblée provinciale. Il estime que la rigueur dans la gestion ne doit pas être assimilée à une dictature.
Le rapporteur accuse également certains responsables des services de sécurité provinciaux d’être instrumentalisés pour empêcher le fonctionnement normal de l’Assemblée provinciale.
Cette situation fait craindre une aggravation de la crise politique dans le Haut-Lomami, alors que les tensions restent vives entre les députés provinciaux et le bureau dirigeant de l’organe délibérant.
Patient Mubiayi MBY à Lubumbashi