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Gombe: surpris d’être omis, des électeurs enrôlés désemparés
Ouverts à 8h19, plusieurs bureaux de vote du collège Saint Joseph ont été pris d’assaut par des votants qui se sont enrôlés sur place. Comme bien ailleurs dans le pays, ils se sont rués, de prime abord, sur les listes électorales – affichées le jour même devant les bureaux de vote – pour s’assurer que leurs noms sont réellement repris et pour être fixés sur le lieu où ils devraient voter.
’exercice était si laborieux qu’on en voyait zigzaguer pendant des heures à travers la cour de l’école, en quête de la liste adéquate. Chaque électeur était, en effet, tenu de dénicher ses références (noms et photo) enfouies à travers des centaines des paperasses – collées au mur – qui alignaient les coordonnées d’autres votants.
Déboussolés, résignés, certains renonçaient même à voter et s’apprêtaient à retourner au bercail, sans avoir rempli leur devoir civique.
Des volontaires pour scruter les listes électorales
C’est alors que l’on a vu surgir ‘‘des volontaires occasionnels’’ qui proposaient leurs services pour fouiner les références des électeurs sur les listes électorales, recourant à l’ordre alphabétique. Quitte aux généreux votants de leur glisser quelques billets de banque, une fois le service rendu.
Pour économiser leurs énergies, ‘‘ces bons samaritains’’ recommandaient à leurs généreux donateurs de recourir à l’application CENI-RDC pour faire scanner leurs cartes d’électeur et pouvoir être renseignés sur la présence de leurs identités dans le fichier électoral et sur le bureau de vote approprié.
C’est seulement une fois fixé que l’électeur pouvait enfin se rendre dans la file d’attente correspondant aux premières initiales de son nom de famille. Et là, il était tenu de suivre l’ordre établi sans chercher à l’empiéter, de peur de s’attirer les foudres de ceux qui l’ont précédé.
Le rituel à respecter dans le bureau de vote
Une fois admis dans le bureau de vote, il fallait se plier à la même discipline en suivant le rituel traditionnel : brandir la carte d’électeur et les références sur la liste électorale (noms, photo, pagination), se faire enregistrer, attendre sagement son tour pour recevoir le bulletin de vote signé par le président et le secrétaire du bureau de vote, se rendre dans l’isoloir pour pointer ses candidats à la présidentielle, à la députation nationale, aux provinciales et aux municipales. Ensuite, glisser dans l’urne le bulletin de vote rempli et tremper l’auriculaire gauche dans l’encre indélébile pour ne plus voter une seconde fois.
Parmi les électeurs enrôlés au collège Saint Joseph, l’on a retrouvé une bonne fourchette d’omis. Ceux qui se sont enregistrés sur place et détiennent leurs cartes d’électeur, mais qui n’ont pas eu la chance de retrouver leurs noms sur les listes électorales.
Ils ont beau sillonner le centre d’inscription, scanner leurs codes QR par téléphone en se servant de l’application CENI-RDC… en vain. On les a vus agrippés sur le capot d’une jeep, torche à la main, en train de rechercher leurs noms sur les listes racolées sur ce véhicule garé.
Déçus, certains n’ont pu se contenir, préférant rentrer à domicile. D’autres ont tenté de s’infiltrer dans les files d’attente pour espérer être admis dans la salle.
Le courroux de voter par dérogation
Outre les électeurs répertoriés dans le centre d’inscription du collège Saint Joseph, les présidents de bureaux de vote étaient tenus d’orienter d’autres électeurs qui étaient habilités à voter par dérogation. En l’occurrence, des journalistes, des témoins, voire des observateurs… qui étaient censés prester loin de leurs centres d’enregistrement.
Ces votants par dérogation suivaient quasiment la même démarche. A la seule différence qu’ils devraient décliner leur identité sur place. N’étant pas dans leurs circonscriptions originelles, nombre d’entre eux n’avaient plus l’occasion de retrouver les numéros de leurs candidats aux municipales, moins encore aux législatives nationales et provinciales.
Ils devraient se résigner à trouver d’autres candidats de la circonscription que leur proposait le dispositif électronique de vote. Leur seul soulagement : ‘‘le loisir de pointer leur joker à la présidentielle’’ ou de s’abstenir carrément, en cochant une case vide. Yves KALIKAT