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Gilbert Kabanda plaide pour un budget de recherche supérieur à 3%
La 3ème édition du Forum du Génie scientifique congolais a ouvert ses portes hier lundi 11 août à la grande salle de spectacles du Palais du Peuple. Au rendez-vous, la Première ministre, Mme Judith Suminwa Tuluka a procédé au lancement du Forum, au nom du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Occasion pour le ministre honoraire Gilbert Kabanda, initiateur de cette foire d’inventeurs, de plaider pour la révision à la hausse du budget consacré à la Recherche scientifique.
On s’attendait, comme à l’accoutumée, à voir le chef de l’Etat présider personnellement la 3ème édition du Forum du Génie scientifique congolais. L’honneur a été accordée à la Première ministre de présider la cérémonie. «Cet événement, désormais incontournable dans notre agenda national, symbolise l’éveil d’une nation résolue à maîtriser son destin par la force de la recherche scientifique et de l’innovation technologique», a relevé la Cheffe du gouvernement à travers le discours du Président de la république rédigé à ce propos.
Poursuivant la lecture de l’adresse du chef de l’Etat, Judith Suminwa a rendu un vibrant hommage au génie congolais «qui ne se limite pas aux laboratoires, mais transforme également notre gouvernance». «La RDC doit se fixer une discipline afin de prioriser, financer et industrialiser ses propres innovations», a martelé la cheffe du Gouvernement, insistant sur la nécessité de faire de la science et de l’innovation des leviers de souveraineté et de développement.
Le Chef de l’État, par la voix de sa représentante, a instruit le gouvernement de renforcer les mécanismes de valorisation et de diffusion des prototypes issus des recherches nationales, afin qu’ils s’intègrent rapidement dans la chaîne de création de valeur du pays.
«Au Conclave du Génie Scientifique Congolais de 2023, le Président avait instruit les institutions de la République, du Parlement et du Gouvernement, de porter le budget de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique à au moins 3% des crédits de la loi de finances 2024. Le budget accordé a été de l’ordre de 2.6 %. Mais hélas, son exécution n’a pas dépassé le taux de 11 % de ces crédits accordés constituant ainsi l’un des taux d’exécution le plus bas du Gouvernement», a souligné, pour sa part, le ministre honoraire de recherche scientifique lors de son adresse publique, vivement applaudie. Ci-dessous l’intégralité de son discours.
YKM et Jérémie ASOKO
Allocution de son Excellence Monsieur le ministre sortant de la Recherche scientifique et Innovation technologique à l’occasion de l’ouverture du Forum du Génie Scientifique Congolais, Edition - 2025
Excellence Madame la Première ministre, Représentante personnel du Président de la République, Chef de l’Etat, à qui j’adresse, à travers vous, mes hommages les plus déférents, non par formalité purement protocolaire, usuelle, mais par pulsion combinée des profondeurs de mon Esprit et de mon cœur : en l’espace de deux ans, à travers les trois Forums du Génie Scientifique Congolais, il s’est forgé et installé dans le mental de l’intelligentsia congolaise une conviction qu’il y a un vrai génie scientifique national, multidisciplinaire, multicentrique et abondant, éparpillé sur le territoire national, des centres urbains aux confins de nos villages les plus recules dans nos forêts denses et dans la diaspora. Mais aussi, la conviction que le sommet de l’Etat, se préoccupe constamment de la valorisation de ce génie scientifique au plus haut degré.
A travers les médias, le peuple congolais suit le captivant et patient intérêt porté par le Chef de l’État aux différents prototypes placés dans les stands d’exposition. Ce vif et permanent intérêt n’est pas un intérêt touristique. Il n’est pas non plus artistique, il n’est pas romantique. C’est un intérêt d’homme d’Etat ; que dis-je, d’un Chef d’Etat à la recherche de solutions aux problèmes socio-économiques et sécuritaires de la Nation. Solutions que son Autorité veut avant tout nationales et prêtes à être mises en services par les enfants du Congo.
Le Génie Scientifique Congolais est parfaitement en phase avec le Président de la République et son gouvernement à qui il a offert 64 prototypes d’innovation/inventions prêts à être opérationnalisées dans le programme gouvernemental depuis le 24 juin 2024 par différents secteurs socio-économiques et sécuritaires.
Le seul secteur qui a répondu à l’offre, il y a exactement une semaine, c’est le portefeuille de l’Etat, à travers le ministre de tutelle et son conseil supérieur.
Permettez-moi de saisir l’occasion pour remercier, encore une fois, le Ministre du Portefeuille sortant, son Excellence Busa, ainsi que l’ensemble du Conseil Supérieur et des mandataires du Portefeuille qui ont, après exercice dans un séminaire atelier, adopté le dispositif numérique 100 % congolais de gestion économique et financière de leur secteur.
C’est la Solution numérique, de dématérialisation des procédures comptable, fiscale, douanières et domaniale, une solution innovante qui n’existe pas encore dans tous les pays développés et émergents et qui, de l’avis du Ministre du Portefeuille, je cite, est «une authentique révolution dans la gestion des entreprises publiques et d’économie mixte, avant de s’étendre à tous les assujettis des impôts, taxes et droits domaniaux revenant au Trésor public.
Cette Solution numérique, œuvre du Génie Scientifique Congolais, vous avait été démontrée au cabinet du Président de la République au Mont-Ngaliema le 20 août 2020 dans son segment TVA. Son représentant personnel à l’ouverture et à la clôture du Séminaire-Atelier du Portefeuille, j’ai cité le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières a même établi un calendrier de sa mise en service, que les parties concernées observeront, j’en suis persuadé.
Ainsi à ce jour, soit deux ans après, seule la technologie numérique valant Disposition Electronique Fiscale vient, sur instruction du Président de la République lors du Conseil des Ministres du vendredi, 27 juillet 2025, d’être acceptée, sous sa forme particulière de Portail numérique du Ministère du Portefeuille.
Qu’en est-il donc des autres résultats de recherche, d’autres prototypes du Génie Scientifique Congolais après ce dernier cité ci-dessus ?
J’en donnerai pour exemple, quelques inventions et innovations uniques au monde dans leur genre et révélées au Gouvernement et aux milieux d’affaires congolais depuis déjà trois ans, en l’occurrence :
i. la farine panifiable de manioc qui réduirait de près de 50% l’importation de la farine de blé, mise au point par la Professeur Madame Yandju ;
ii. les médicaments antirétroviraux et anti-cancéreux qui ont fait objet d’études observationnelles, qui sont admirées pour leurs effets en dehors du pays, et même qui ont fait l’objet d’une étude clinique randomisée, reconnue par l’OMS. Pour ces médicaments mis au point par l’Equipe CREPPAT, que vous avez personnellement portée à bout de bras pour qu’elle bénéficie d’un siège décent pour des recherches de premier plan, comptant deux brevets américain et un brevet provisoire sud-africain, la relégation au dernier plan par le ministère de la Santé publique est inqualifiable, alors que notre peuple meurt, chaque jour, de cancers et de viroses divers, soignés à coup de millions de dollars de transfert sans succès des patients à l’étranger avec au bout des résultats mitigés ou tout simplement la mort.
iii. les technologies de lixiviation innovantes de traitement de pointe du cuivre, du cobalt, du COLTAN, de la cassitérite, ces minerais dont les chiffres d’exportation se calculent en centaines de milliards de dollars chaque années ne rencontrent pas le moindre intérêt ni du Gouvernement ni de la GECAMINES, alors que la mise en service desdites technologies par ce leader du secteur minier dans notre pays je citais la Gecamines, le réinstallerait à la première place de l’industrie du cuivre, du COLTAN, du cobalt, de la cassitérite, du manganèse, du tungstène et d’autres minéraux comme la bauxite ou le ferro-nickel dans le monde ;
iv. un jeune médecin de moins de trente ans a mis au point une petite lampe magique qui permettrait au personnel médical, même le moins expérimenté, de chercher et de repérer, sans le moindre effort, une veine à piquer même chez les nourrissons et les personnes à peau grasse. Une découverte qui deviendrait, dans le monde entier, comme le thermomètre, tellement il serait d’usage à la fois aisé et, surtout, permanent dans les dispensaires, centre de soin des quartiers et dans les grands hôpitaux. Où se trouve donc le Gouvernement pour s’approprier de cette découverte géniale du Génie Scientifique Congolais dans le plus grand intérêt de notre peuple et de tous les peuples du monde.
v. Kinshasa est la seule grande mégapole au monde sans feu rouge de signalisation routière. Pourquoi l’invention du robot roulage, unique au monde ; de l’ingénieure Kirongozi, qui a fait ses preuves dans les essais test à Kinshasa et à Lubumbashi, n’est-il pas mis en service pour réduire sensiblement les embouteillages interminables qui accablent les automobilistes dans notre capitale ? Et pourtant ce bijou scientifico-artistique fait la fierté de notre pays au musée de TERVUREN à Bruxelles.
vi. Enfin, Excellence Madame la première Ministre, Représentante personnelle du Président de la République, je Vous rends un vibrant hommage et vous félicite sincèrement d’avoir opté pour l’achat, par la République, du brevet d’invention de la batterie au lithium ION, invention de la compatriote la professeur Ingénieure Sandrine Mubenga, qui vient d’obtenir un brevet américain. Voilà une première millionnaire la vôtre suprême Autorité va créer conformément à sa promesse de faire des jeunes entrepreneurs millionnaires.
C’est dire que les 65 autres prototypes du Conclave du Génie Scientifique Congolais de 2023 sont en attente de mise en service par les ministres sectoriels. Ils seront rejoints par les 64 prototypes du 2ème Forum de 2024 et par ceux-probablement 250, du 3ème Forum que nous inaugurons ce jour. Le Gouvernement disposera donc, à dater du 29 août 2025, d’environ 400 prototypes d’innovations/inventions à injecter dans la vie socio-économique nationale.
Au Conclave du Génie Scientifique Congolais de 2023, le Président avait instruit les institutions de la République, du Parlement et du Gouvernement, de porter le budget de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique à au moins 3 % des crédits de la loi de finances 2024. Le budget accordé a été de l’ordre de 2.6 %. Mais hélas, son exécution n’a pas dépassé le taux de 11 % de ces crédits accordés constituant ainsi l’un des taux d’exécution le plus bas du Gouvernement.
Pourtant depuis quelques années, la République traverse, dans un bon nombre de secteurs, notamment sécuritaire, sanitaire et agroalimentaire, une période de crises prolongées qui devraient, comme dans d’autre pays, faire l’objet de recherches scientifiques devant trouver des solutions de résilience. Nul n’est besoin de rappeler que c’est en période des grandes crises qu’émergent, dans les grandes nations des inventions/innovations Scientifiques et technologiques majeures.
C’est le cas de la bombe atomique et l’avion à réaction, deux inventions pointues occasionnées par la 2e guerre mondiale et qui ont marqué profondément l’équilibre sécuritaire dans le monde et l’autre l’expansion du voyage aérien.
Aussi, je réitère mon plaidoyer pour un budget de recherche scientifique et innovation technologique supérieur à 3 % ans la loi de finances 2026 en cours d’élaboration. Car, la grandeur du Congo réside aussi et avant tout dans sa capacité à mettre en valeur ses énormes potentialités naturelles, capacité essentiellement scientifique et technologique de transformation locale des matières premières dont le génie scientifique congolais a abondamment et continuellement fait preuve, du Conclave 2023 au présent Forum. Car, aussi, la puissance économique et technologique des nations se reflète d’abord dans leurs budgets de recherches scientifique et technologique.
A mon avènement, il y a environ 2 ans et demi à la tête du Ministère de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique, ministère crée depuis 43 ans, je n’ai trouvé qu’une timide ébauche récente de politique nationale de recherche scientifique datant de 2022. Plus de 40 ans durant le ministère était donc dirigé sans vision ni boussole. Très rapidement, avec la collaboration des grands cerveaux scientifiques et chercheurs des universités et instituts supérieures de la capitale, les fondamentaux d’une politique, comprenant objectifs et stratégies ont été définis et compiles dans un projet de loi portant principes fondamentaux de la recherche scientifique et innovation technologique. Le texte se trouve présentement au bureau du Président de l’Assemblée Nationale dont je sollicite l’examen et l’adoption par les deux Chambres au cours de la session parlementaire de septembre 2025 pour permettre, enfin à ce ministère clé, de disposer d’un cadre légal et organique à la hauteur de ses missions et des ambitions d’un grand Congo scientifique et technologique .
Permettez-moi de saisir la présente occasion pour m’adresser à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire et de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique qui prend fonction dans 48 h.
Excellence, les centaines de chercheurs présents dans cette salle et les centaines d’autres absents de ce lieu évoluent majoritairement (à plus de 85 %) en dehors des milieux académiques et de nos centres de recherches étatiques. Ils mènent leurs recherches avec des moyens et des fonds propres ; beaucoup serrent la ceinture pour arriver à réaliser leurs inventions et innovations. Ils sont généralement modestement habillés, leur cravate, lorsqu’ils la portent, est souvent peu soigneusement nouée, Ils comptent un très faible pourcentage d’embonpoints.
A mon avènement au ministère de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique, la quasi-totalité de ceux que j’ai reçu à mon cabinet m’ont avoué qu’ils n’avaient jamais, auparavant, été reçus par un ministre de la recherche.
Selon ces déclarations, jusque-là, le ministre, dans sa tour d’ivoire, ignorait non seulement les problèmes, mais aussi et surtout l’immense richesse scientifique et technologique dont ils étaient porteurs. Pour maintenir ce climat de collaboration instaurée depuis 2 ans et demi, je vous conseille de partager équitablement votre temps de travail entre le traitement des questions académiques et la gestion attentionnée des chercheurs qui sont très majoritairement indépendants. C’est l’une des clés de réussite de votre mandat à la tête de cette deuxième branche clé de votre ministère. Quant à moi, passionné de recherche depuis plus de trente ans, je reste disponible pour tout service à vous rendre dans ce domaine, dans les limites de mes capacités.
La plus grande satisfaction que j’emporte de mes deux ans et demi à la tête de ce ministère est d’avoir convaincu les inventeurs et innovateurs qu’ils sont précieux pour la République et que c’est eux qui fonderont sa puissance et sa grandeur au sein des nations en Afrique et dans le monde. A la sortie de ce grand ministère, mon vœu le plus ardent est que le Président, Chef de l’Etat, le Parlement et le Gouvernement, prennent conjointement la juste mesure de ce que représente la recherche scientifique et l’innovation technologique dans la résolution des problèmes qui accablent le pays, particulièrement ces 30 dernières années.
Que, comme dans les autres grandes nations, des mesures ad hoc soient prises avec diligence. Car comme l’a dit un grand homme d’Etat : YES, WE CAN. Oui, nous le pouvons, nous pouvons faire du Congo une grande puissance en Afrique et dans le monde.
Je vous remercie de votre bien aimable attention
Prof Dr Gilbert Kabanda Kurhenga
Ministre sortant de la recherche scientifique et innovation technologique