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Et si on reprenait les cours de parentalité pour sauver nos foyers !
(Une réflexion de Tricya Musansi)
Saviez-vous qu'à Kinshasa, dans les années 50 et 60, des mères congolaises suivaient des cours pour apprendre à prendre soin de leurs familles ? Oui, ces femmes apprenaient à laver et habiller leur bébé, repasser et coudre des vêtements, cuisiner, faire la lessive, le ménage et la vaisselle. Bref, ces mamans apprenaient à faire les tâches ménagères. Loin d'être un carcan, ces formations leur offraient des outils nécessaires pour bâtir un foyer structuré et transmettre ces compétences à leurs enfants.
Aujourd'hui, une question se pose : "et si ces cours reprenaient?"
Dans la capitale congolaise, le recours aux bonnes et femmes de ménage est désormais quasi systématique, surtout chez les jeunes mariés. Ce phénomène traduit une évolution des modes de vie, mais révèle aussi une dépendance inquiétante à une aide extérieure pour des tâches qui faisaient autrefois partie du quotidien familial.
"Nos mères faisaient tout et nous montraient l'exemple. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes parents n'ont plus le temps ni la volonté d'assumer ces responsabilités. Le résultat est que des enfants grandissent en pensant que tout doit être fait par une aide-ménagère", a analysé une journaliste ayant requis l'anonymat.
Revoir ces cours de parentalité pourrait être une solution pour réhabiliter une culture du foyer où chacun, parents comme enfants, apprend à être autonome, voire utile au foyer. Ces formations, adaptées au contexte actuel, pourraient inclure entre autres : l'organisation équilibrée entre vie professionnelle et vie familiale, l'éducation partagée des enfants entre le père et la mère, et la transmission de valeurs d'autonomie aux jeunes générations.
Pour Eliane et Patrick Mbungu, mariés depuis 3 ans : "Au début, on pensait qu'aimer suffisait pour faire fonctionner notre foyer. Mais très vite, la réalité nous a rattrapés. Nous étions épuisés, chacun attendant que l'autre prenne en charge certaines tâches. Engager une bonne était devenu une béquille. Ces cours auraient pu nous aider à mieux nous organiser et à éviter tant de disputes inutiles", ont-ils fait comprendre.
De leur côté, Sandra et Willy Tankoy, jeunes parents d'un bébé de 8 mois, ont avoué qu'à la naissance de leur fils, ils ont eu recours à deux aides ménagères pour tout gérer. "Mais au fond, nous avons eu l'impression de fuir nos propres responsabilités de parents. Si ces formations existaient encore, elles nous auraient permis de mieux anticiper les défis d'un foyer".
Pierre et Monique Luvingila, 45 ans de mariage, ont affirmé qu'à leur époque, on leur apprenait dès le jeune âge à gérer une maison. D'après eux, ces cours ont été un pilier dans leur couple.
"Même aujourd'hui, nous partageons tout. La cuisine, le ménage, l'éducation des petits-enfants. Les jeunes couples manquent de ces bases solides, c'est ce qui fragilise leurs mariages" a, expliqué Monique, regard souriant vers son époux.
Ces cours doivent revenir pour préparer les célibataires
Merveille Lossele, 28 ans et célibataire, a indiqué vivre seule, mais réalise qu'elle ne sait même pas gérer un foyer correctement.
"La lessive, la cuisine… je dépends toujours des autres. Si je me marie demain, comment vais-je faire? Ces cours devraient revenir, même pour préparer les célibataires", a-t-elle suggéré.
Jean-Marie, 30 ans, célibataire, est d'avis que le ménage est une affaire des femmes mais reconnaît également que c'était une erreur de raisonner de cette manière.
"Chez nous, on disait que la maison, c'est l'affaire des femmes. Le résultat ce qu'à 30 ans, je ne sais ni repasser une chemise ni préparer un repas. Si on avait des formations mixtes aujourd'hui, ça briserait ces clichés et aiderait à former des hommes plus responsables", a-t-il fait savoir.
Un enfant qui ne voit jamais ses parents mettre la main à la pâte aura du mal à comprendre la valeur des efforts domestiques. Et demain, il risque à son tour de dépendre d'autrui pour des choses aussi basiques que préparer un repas ou ranger une chambre, a insisté la journaliste.
Et si nous reprenions les bonnes initiatives d'hier ? Peut-être que moins de jeunes couples vivraient sous le stress de la dépendance aux aides domestiques. Peut-être qu'un nouveau souffle d'autonomie et de solidarité familiale verrait le jour. On éviterait ainsi des cas malheureux où le mari tombe amoureux d'une bonne qui prépare mieux que son épouse.