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EN REACTION A LA SIGNATURE DES DECLARATIONS DES PRINCIPES EN KINSHASA ET KIGALI : Fatshi jure de ramener la paix définitive et totale dans l'Est de la RDC
Flanqué de son homologue Bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, en visite officielle à Kinshasa, le chef de l'État, Félix Tshisekedi a salué, hier mardi 29 avril, ce qu'il estime être "un pas dans la bonne direction " vers une paix longtemps attendue en République démocratique du Congo.
Le décor n'était pas anodin. La solennité du moment s'est doublée d'une cérémonie symbolique : celle de l'élévation du président Embaló au rang de Grand Coordonnateur dans l'ordre national Kabila-Lumumba, c'est une rare distinction donnée à un chef d'Etat étranger.
Cette reconnaissance lui a été décernée en témoignage de ses éminents services rendus non seulement à son peuple, mais également à l'ensemble des peuples africains. Elle couronne également son engagement indéfectible en faveur de la paix, de la réconciliation, de l'unité et de la dignité du continent africain.
Des initiatives diplomatiques encourageantes
Félix Tshisekedi a salué l'engagement personnel d'Umaro Sissoco Embaló, notamment en cette période de tensions dans l'est de la RDC. Il a loué ses nombreuses initiatives diplomatiques et humanitaires pour soutenir le peuple congolais, notamment après les événements douloureux qui ont conduit à la chute de Goma et de Bukavu.
" Ce que nous souhaitons depuis longtemps est en train de se réaliser maintenant : rapprocher nos deux pays; nos deux peuples. Parce que nous avons quelque chose en commun : l'amour de l'Afrique", a lâché Félix Tshsekedi.
"Et à ce titre, je tiens sincèrement à le remercier. Je le remercie d'autant plus qu'en cette période d'agression injuste et barbare dont nous sommes victimes, il a pris de nos nouvelles à plusieurs reprises, notamment ces derniers temps, lorsque la situation s'est empirée avec la chute de Goma et de Bukavu", a salué le président Rd-congolais.
" Il s'est beaucoup renseigné, a multiplié les contacts internationaux, afin de mobiliser le monde pour le retour de la paix. Pour moi, cela constitue une véritable marque d'amitié, de fraternité et de solidarité envers mon pays, envers mon peuple. Et je ne pouvais que lui témoigner ma gratitude de cette manière : en l'honorant du titre que je lui ai décerné aujourd'hui", a-t-il poursuivi.
Déclarations des principes entre Kinshasa et Kigali
Ce geste honorifique n'était pas seulement protocolaire ; il servait de toile de fond à un discours présidentiel dont la teneur fait échos à l'actualité du moment, notamment la signature des déclarations des principes entre Kinshasa et Kigali.
" La signature des déclarations de principes que vous avez vues est un pas dans la bonne direction, celle que j'ai toujours imprimée dans mon pays ", a déclaré d'emblée le Président Tshisekedi.
Regard droit braqué sur l'assistance et les mots pesés, en guise de serment. Fatshi jure de ramener la paix définitive et totale au pays. "Cet engagement que j'ai pris devant mon peuple, je le tiendrai jusqu'au bout. Je ramènerai la paix totale et définitive. Après ce que vous êtes en train de voir, il n'y aura plus de problème d'instabilité en République démocratique du Congo. Ça, c'est mon vœu et mon serment à la fois ", a-t-il promis.
Une promesse parmi d'autres, pourrait-on penser. Mais celle-ci a résonné différemment, portée par le contexte inédit d'une initiative diplomatique conduite par les États-Unis, et le frémissement d'un accord de paix qui semble, cette fois, à portée de main.
" Notre combat sera celui de vous apporter la paix"
Le premier des Congolais n'a pas seulement parlé comme un homme politique. Il s'est exprimé comme un chef d'Etat-major de l'armée lassé de deuils, comme un père de famille qui regarde l'Est ensanglanté et refuse la résignation. Car, cette promesse-là, il l'a répétée plus d'une fois. Déjà, en 2019, à la place de l'Indépendance à Bukavu, il jurait devant une foule émue: " Je suis prêt à mourir pour la paix ".
" Notre combat sera celui de vous apporter la paix, une paix définitive, nécessaire pour la stabilité de notre pays. Lorsque nous étions en campagne, j'avais mis en avant dans le thème de ma campagne comme priorité, le bien-être de l'homme congolais qui commence d'abord par le défi de la paix", a martelé Félix Tshisekedi.
"Je suis conscient des souffrances qui sont les vôtres et je n'ai ménagé aucun effort depuis que je suis au pouvoir pour entretenir nos forces armées et tout faire pour que celles-ci soient au top niveau et puissent faire leur devoir qui consiste à imposer la paix dans tout l'ensemble du territoire national. Et cette paix, croyez-moi, je suis prêt à mourir pour qu'elle soit une réalité. Je veux la paix ", avait-il déclaré.
Avec la diplomatie qu'il espère vaincre
Aujourd'hui, c'est avec la diplomatie qu'il espère vaincre. Le Président congolais a salué comme " un pas dans la bonne direction " la récente déclaration de principes signée à Washington entre la RDC et le Rwanda, en présence du secrétaire d'État américain Marco Rubio.
Cette déclaration, fruit d'une médiation américaine mais aussi d'un long travail régional, jette les bases d'un futur accord de paix. Elle engage les deux pays à respecter la souveraineté et les frontières, à mettre fin au soutien aux groupes armés, et à œuvrer pour une coopération économique renforcée, notamment autour de la transparence dans l'exploitation des minerais critiques.
Donald Trump se félicite
Le week-end précédent, c'est l'ancien président américain Donald Trump qui avait revendiqué une part de cette dynamique diplomatique, se félicitant d'avoir, selon lui, contribué à débloquer la situation.
Il annonçait dans la foulée un investissement de plus de six milliards de dollars dans le corridor de Lobito, un projet ferroviaire et logistique majeur destiné à acheminer les minerais de l'Afrique centrale vers les marchés mondiaux. À ses yeux, cet engagement économique s'inscrit dans une stratégie plus vaste qui consiste à faire avancer la paix par le développement.
Tshisekedi, en homme de parole, insiste : " Cet engagement que j'ai pris devant mon peuple, je le tiendrai jusqu'au bout. " Il le dit avec la gravité de celui qui sait que les regards des déplacés, des orphelins, des soldats tombés au front, sont autant de témoins silencieux de ses promesses.
Mais les faits sont têtus. Depuis le début de son mandat, la situation dans l'Est du pays n'a cessé de se dégrader. Les rebelles du M23 contrôlent toujours les villes importantes de Goma et de Bukavu, et l'Ituri reste une terre meurtrie par les attaques de groupes armés. L'état-major militaire, que le président avait promis de délocaliser vers l'Est, n'a jamais réellement quitté Kinshasa. A cet effet, le sentiment d'abandon persiste chez de nombreux Congolais.
Un avant-projet d'accord de paix d'ici le 02 mai
C'est dans cette optique que, l'initiative américaine, appuyée par la Communauté d'Afrique de l'Est, la SADC et l'Union africaine, prend une importance capitale. D'ici le 2 mai, Kinshasa et Kigali doivent présenter un avant-projet d'accord de paix. Une échéance qui pourrait, enfin, dessiner les contours d'un cessez-le-feu durable, voire d'une normalisation régionale.
En attendant, Félix Tshisekedi demande aux Congolais de " rester unis ", de " croire en la République " et de faire confiance à leurs institutions. Il parle d'un avenir où l'instabilité ne serait plus qu'un souvenir douloureux. Mais au-delà des mots, ce sont des actes que la population attend.
LA PAIX, UN HORIZON
Dans les territoires de Kalehe, Walungu, ou de Bukavu, les familles continuent de fuir, les écoles ferment, les champs sont abandonnés. Là-bas, chaque discours venu de Kinshasa est accueilli avec prudence, voire scepticisme. Car la paix, dans l'Est, se conjugue encore au conditionnel.
Entre-temps, dans la voix du Président, ce jour-là, il y avait autre chose. Une forme de détermination à concrétiser enfin sa promesse. Celle d'un homme qui, malgré les échecs et les revers, continue de croire que la paix est possible. Qu'elle n'est pas un mirage, mais un horizon.
Christian-Timothée MAMPUYA