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ECC Kasaï-Central : le dépassement des mandats de l'équipe dirieante du Synode provincial divise
Une nouvelle crise institutionnelle frappe l'Église du Christ au Congo (ECC) dans la province ecclésiastique du Kasaï. Dans une déclaration rendue publique hier jeudi à Kananga, 19 des 33 membres effectifs du Synode provincial de l'ECC ont officiellement récusé l'équipe dirigeante du Synode provincial du Kasaï-Occidental démembré, dénonçant un " dépassement inacceptable " de mandat et une violation des principes statutaires.
Cette fronde interne, qui accuse la direction actuelle d'exercer illégalement ses fonctions depuis plus de neuf ans au-delà de la durée prévue, jette une ombre sur la gouvernance de l'une des plus influentes institutions religieuses de la région.
Les signataires de la déclaration, représentant la majorité des membres synodaux, affirment que l'actuelle équipe dirigeante, dont le mandat aurait dû prendre fin il y a près d'une décennie, se maintient illégitimement à son poste en violation flagrante des dispositions statutaires de l'ECC. " Cette prolongation abusive sape la crédibilité de nos institutions et bafoue les principes de transparence et de redevabilité que l'Église prétend défendre ", peut-on lire dans le document.
Selon les statuts internes de l'ECC, les instances synodales sont soumises à des limites de durée précises, renouvelables uniquement par des votes conformes aux procédures ecclésiastiques. Or, les contestataires soutiennent qu'aucune résolution canonique ni aucune consultation légitime n'a permis cette prolongation, ouvrant la voie à une "gouvernance arbitraire ".
UNE CRISE AUX RAMIFICATIONS MULTIPLES
Au-delà de la question du mandat, les dissidents pointent du doigt des dysfonctionnements structurels : gestion opaque des ressources, absence de dialogue synodal, et marginalisation des voix critiques. " Comment prêcher la moralité et la justice quand nos propres dirigeants foulent aux pieds les règles qu'ils sont censés incarner ? ", interroge un pasteur signataire sous couvert d'anonymat.
Cette crise intervient dans un contexte déjà tendu pour l'ECC, tiraillée ces dernières années entre des défis socio-politiques, des rivalités internes et des pressions externes. Le Kasaï, région historiquement marquée par son influence ecclésiale, voit ainsi resurgir des divisions qui pourraient affaiblir le rôle stabilisateur de l'Église dans une zone encore fragilisée par des tensions communautaires.
À ce stade, la direction récusée n'a pas officiellement réagi à ces accusations. Cependant, des sources proches du bureau synodal évoquent une " tentative de déstabilisation " menée par des " factions nostalgiques d'anciennes structures pré-démembrement ".
Félix Mulumba Kalemba