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Des chefs coutumiers en formation sur le programme 03 à Kinshasa
Des chefs coutumiers venus de plusieurs provinces de la RDC participent depuis mardi à une formation de trois jours organisée dans le cadre du programme O3, «Our rights, Our lives, Our future» (Nos droits, nos vies, notre futur). Le lancement officiel a été présidé par le Vice-ministre en charge des Affaires coutumières, Jean-Baptiste Ndeze, en présence du Représentant de l’Unesco en RDC, Isaias Barreto Da Rosa, ainsi que des partenaires techniques, financiers et des représentants des communautés de jeunes.
Cette formation dont la clôture intervient ce 6 novembre 2025 à Kinshasa, vise à renforcer le rôle des chefs coutumiers dans la promotion des droits humains, de l’égalité de genre et de la santé sexuelle et reproductive des jeunes, conformément à l’Engagement de Brazzaville signé en avril 2023 par les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Elle s’inscrit dans une approche communautaire destinée à impliquer les leaders traditionnels comme relais de transformation sociale, capables d’influencer positivement les comportements et de prévenir les pratiques néfastes telles que les mariages précoces, les grossesses non désirées ou les violences fondées sur le genre.
Des gardiens des valeurs, mais aussi des acteurs du changement
Dans son allocution d’ouverture, le Vice-ministre Ndeze a salué l’engagement de l’Unesco pour son appui constant en faveur de la jeunesse congolaise et du développement communautaire.
«Vous êtes les gardiens des valeurs ancestrales, mais aussi des acteurs du changement. Votre parole peut transformer les comportements et protéger nos jeunes», a-t-il déclaré devant les participants.
Il a également souligné que cette initiative cadre avec la vision du Gouvernement congolais visant à rapprocher les institutions publiques des autorités traditionnelles.
Il a également annoncé la tenue Forum national sur les affaires coutumières qui réunira bientôt plus de 300 chefs coutumiers autour du Chef de l’État.
«L’importance de cette formation se reflète aussi dans la préparation du Forum national sur les affaires coutumières, qui abordera les grandes questions culturelles, économiques, foncières, éducatives et sanitaires», a-t-il annoncé.
Les chefs coutumiers, des relais puissants du changement social
De son côté, le Représentant de l’Unesco, Isaias Barreto Da Rosa, a rappelé que le programme O3, lancé en 2018, œuvre pour que chaque jeune puisse grandir en bonne santé, bénéficier d’une éducation de qualité et s’épanouir pleinement.
«La mobilisation des chefs coutumiers est stratégique. Vous êtes des relais puissants du changement social et culturel», a-t-il souligné. Avant d’affirmer la disponibilité de l’Unesco à accompagner le gouvernement congolais dans cette dynamique.
La formation adopte une approche participative et contextualisée avec une combinaison d’exposés, d’études de cas, des travaux de groupe et des partages d’expériences.
Les participants y explorent notamment les notions de genre, de masculinités positives, de santé sexuelle et reproductive, du VIH et du droit à l’éducation complète à la sexualité.
Ils sont également invités à identifier les pratiques coutumières pouvant compromettre la santé et les droits des jeunes, et à proposer des alternatives conformes aux droits humains.
D’après M. Isaias Barreto, cette initiative vise à favoriser le dialogue entre les savoirs traditionnels et les approches fondées sur les droits humains, afin d’adapter les pratiques coutumières aux réalités contemporaines.
Présent à l’atelier, le Roi Modi Misina, chef coutumier, a salué cette démarche: «Elle nous aide à adapter nos traditions aux réalités actuelles sans renier notre identité culturelle. Nous devons accompagner nos jeunes dans la modernité tout en préservant nos valeurs».
Tricya MUSANSI