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Cartes d’identité pour citoyen : l’ONIP n’arrive toujours pas à s’en sortir
C’est depuis plus d’une année que le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a obtenu sa carte d’identité biométrique des mains du Directeur général de l’Office national pour l’identification de la population (Onip). Depuis lors, c’est le silence radio du côté de cet office.
Cette attitude inquiète plus d’un citoyen dans la mesure où les Congolais attendaient que cette opération se poursuive sans désemparer. Plusieurs questions taraudent l’esprit des citoyens qui en ont marre de manque de cette pièce dont l’importance n’est pas à démontrer. Le fait que l’ONIP ne communique pas sur le sujet ouvre la voie à toutes sortes de commérages et de supputations. En même temps, beaucoup de citoyens éprouvent d’énormes difficultés pour la réalisation de certaines opérations. Il s’agit notamment de ceux qui ne disposent pas de cartes d’électeur, de passeport et de permis de conduire, pièces acceptées dans les banques et agences financières, car pour obtenir du cash dans ces maisons il faut se munir de l'une de ces pièces.
Face à cette situation d’incertitude, d’aucuns s’interrogent aujourd’hui sur le bien-fondé de la création de l’Onip qui n’arrive à rendre aucun service à la nation. On s’interroge également sur l’origine du blocage du processus qui avait si bien commencé avec le chef de l’État. S’agit-il d’un problème des finances ou de manque de vision de la part des dirigeants de cet établissement public ? S’il s’agit des difficultés dues au manque de fonds, comment l’Onip a-t-il pu imprimer la carte du président de la République, encore qu’une imprimerie ne puisse pas se limiter à faire sortir une seule pièce? Était-ce une simple opération de marketing pour faire croire au numéro 1 du pays que l’Onip est bel et bien opérationnel ?
S’il y a une odeur de détournement des fonds de ce côté-là, pour reprendre une expression du ministre d’Etat, ministre de la Justice, qu’attend l’Inspection générale des finances (IGF) pour y déployer son équipe de patrouilleurs ?
Recourir au service de la commune?
Pour revenir à l’incapacité de l’Onip de poursuivre sa tâche d’octroi des cartes d’identité biométriques, certains Congolais proposent le recours au service des communes comme ce fut le cas à une certaine époque. Dans cette logique, ils trouvent que cet office n’a pas sa raison d’être dès lors qu’il n’est pas à mesure de remplir la mission pour laquelle il a été créé. Pourquoi, se demandent-ils, l’État paie-t-il des gens qui ne lui rendent aucun service ?
À ce propos, il importe que les députés qui sont en pleine session ordinaire de mars se saisissent de ce dossier parce qu’il est impensable que pendant plusieurs années les Congolais ne disposent pas encore de carte d’identité et qu’il n’y ait pas de recensement de la population. Le chiffre de la population congolaise qu’on communique ces dernières années n’est que pure spéculation parce que non fondé sur une base objective.
Au lieu de continuer à débattre de questions qui n’ont pas un impact direct sur le vécu quotidien de la population, les élus à la Chambre basse du Parlement devraient se pencher sur des dossiers aussi cruciaux tels que le recensement de la population pour savoir combien nous sommes en RDC. Ont-ils prévu une rubrique pour le recensement dans le budget de cette année?
Un autre point sombre qui doit interpeller les représentants du peuple est la situation catastrophique des voiries urbaines à travers tout le territoire national.
Comme on le voit, la RDC fait face à plusieurs défis qui exigent beaucoup de moyens financiers pour les relever. Les députés doivent savoir qu’ils ont du pain sur la planche.
Muke MUKE