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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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"Ba fourmie kutu bazokolisa solidarité, mais biso batu se kindoki"
Ba fourmie kutu bazokolisa solidarité, mais biso batu se kindoki ". La traduction en français de cette phrase en lingala est: " Même les fourmis développent la solidarité, mais nous, les humains, ce n'est que de la sorcellerie ". La seconde partie de cette phrase peut aussi être traduite par " mais nous, les humains, nous ne faisons preuve que de méchanceté / jalousie "). En effet, la sorcellerie est souvent assimilée à la méchanceté gratuite, la jalousie, le fait de se nuire les uns aux autres, le manque d'entraide, de solidarité.
Aidons l'auteur du message à écrire correctement le mot " fourmie " sans " e ", mais avec " s " au plusieurs.
Merci à l'une de nos consœurs qui nous a envoyé ce message. Elle vient de le faire pour la énième fois.
Dans la plupart des cas, le mot " kindoki " (sorcellerie) est souvent utilisé de manière figurée en lingala pour désigner la méchanceté, la jalousie, l'égoïsme ou l'intention de nuire aux autres. On critique le manque d'entraide entre les êtres humains en le comparant au comportement exemplaire des fourmis caractérisé par leur solidarité.
Cette citation est donc une critique satirique et amère de la nature humaine, souvent utilisée dans les débats de société ou sur les réseaux sociaux pour dénoncer le manque d'entraide et de solidarité, et la malveillance entre les hommes, contrastant avec le comportement exemplaire des fourmis qui est encensé. On compare ainsi deux mondes : animal et humain.
D'abord, l'exemple des fourmis qui met en lumière leur solidarité. Les fourmis sont le symbole universel de l'organisation collective et du sacrifice pour la communauté. C'est l'esprit d'équipe qui est mis en exergue. Une fourmi seule ne peut pas survivre, mais ensemble, elles construisent des structures complexes, partagent la nourriture et défendent leur colonie. Il y a également l'instinct de survie collective. Chez ces insectes, la coopération est innée. L'intérêt du groupe passe toujours avant celui individuel.
Ensuite le constat sur le comportement des humains. Un comportement caractérisé par la "sorcellerie" qui est utilisée comme métaphore. Ici, le mot "sorcellerie " ne désigne pas nécessairement des pratiques magiques ou occultes au sens littéral. Il est utilisé de manière métaphorique et imagée pour qualifier la méchanceté gratuite, la jalousie, le sabotage mutuel et l'égoïsme, l'individualisme destructeur. Contrairement aux fourmis, les êtres humains (pourtant dotés de raison) choisissent parfois de se détruire entre eux au lieu de s'entraider.
Il y a ce qu'on appelle le complexe du crabe ou "l'effet panier de crabes". Si une personne réussit ou essaie de s'élever, d'autres cherchent souvent à la rabaisser par envie; ce que l'auteur de la formule qualifie ironiquement de "sorcellerie".
En résumé, cette phrase utilise l'ironie pour pointer du doigt un paradoxe : les insectes dits "inférieurs" font preuve d'une grande intelligence sociale par l'entraide, tandis que les humains, censés être plus évolués, utilisent parfois leur intelligence pour se nuire les uns aux autres. C'est un appel à plus d'empathie, de solidarité et de bienveillance dans les relations humaines. Voilà la grande leçon à tirer de cette phrase.
Kléber KUNGU