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Au terme d’ une enquête réalisée sur 276 mineurs en rupture de famille : « Les enfants de la rue sont récupérables », estime le Pr Florentin Azia
L’humanité a célébré le vendredi 12 avril, «la Journée mondiale des enfants des rues (EDR)». Occasion d’attirer l’attention du monde entier sur le sort des millions d’enfants qui vivent et travaillent dans les rues.
Très nombreux à Kinshasa, les enfants de la rue, dont la société congolaise a collé des sobriquets comme «phaseurs, chégués, enfants de personne, enfants sans toit, teba…» peuvent être récupérés. L’espoir est donc permis de reconquérir ces enfants qui quittent le toit paternel autant que le milieu social, soit parce que chassés par les parents, soit parce qu’ils en ont décidé ainsi eux-mêmes, et s’installent dans la rue.
C’est la conclusion à laquelle est arrivé le Prof Florentin Azia Dimbu, professeur titulaire à l’Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa, dans son ouvrage intitulé « Enfants de la rue à Kinshasa. Enfants d’avenir« , publié en 2021 à l’édition L’Harmattan.
« Les enfants de la rue sont récupérables si on s’y prend à temps et avec des moyens appropriés. C’est alors qu’ils se révèleront comme des enfants d’avenir, voire des modèles de combat pour la réussite dans la vie et non plus comme des enfants de personne« , fait remarquer cet auteur de plusieurs articles scientifiques sur les enfants de la rue, publiés essentiellement dans les revues savantes internationales.
GARE A LA GRANDE DELINQUANCE
« Il convient d’agir vite», explique le prof Azia. Car, plus on tardera à traiter cette question, plus la paix sociale sera menacée. D’une part, parce qu’il y aura exaspération de la population. D’autre part, parce que les enfants de la rue d’aujourd’hui sont les adultes de la rue de demain. L’on passera progressivement de la petite à la grande délinquance« .
Préfacé par le Dr Xavier Emmanuelli, Secrétaire d’Etat honoraire du Gouvernement français à l’Action Humanitaire d’Urgence, Fondateur du Samu International et co-fondateur de Médecins sans frontières, ce livre est le fruit d’une enquête menée pour savoir si la culture de la rue n’avait pas altéré la structure de la personnalité, ou du moins sur le plan du développement mental et de l’affectivité des enfants de la rue.
Pour répondre à cette question, «276 enfants de la rue» étaient soumis aux épreuves projectives basées essentiellement sur les dessins enfantins. Il résulte de cette enquête que ces enfants exposés à toutes sortes de dangers et de dérives, sont caractérisés par une certaines prédominance de stress. Mais au-delà de tout cela, leur fond psychique est resté sain. Car, rien n’indique qu’ils sont intellectuellement inférieurs aux autres enfants de mêmes conditions qu’eux.
Bien plus, la séparation d’avec leurs familles n’est que de façade. Ils restent affectivement attachés à celles-ci.
Travailler avec affection
Initiateur de l’ONG Aide aux enfants en situation difficile (AESD), une asbl de protection et de promotion des enfants de la rue à Kinshasa, le prof Azia révèle qu’il faut y aller avec affection. « Il faudra que la manière de les approcher, les reprendre, leur parler, leur donner, soit teintée de beaucoup d’affection. C’est de cette façon seulement qu’ils pourraient adhérer à ce qu’on leur propose et sortir de ce carcan qui les bloque« , conseille-t-il.
« Car, de l’analyse du comportement et de la personnalité des EDR, il est apparu clairement que ce sont des enfants d’avenir, disposant des atouts absents chez la plupart de leurs compères restés docilement à domicile« , revèle ce défenseur des enfants en situation difficile. Aimé TUTI