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Administration publique : L’Inap met une fausse pression sur le gouvernement
L’intersyndicale nationale de l’administration publique (Inap) est montée au créneau en ce début d’année pour rappeler au gouvernement l’accord conclu au mois de septembre 2023 sur l’augmentation des salaires des fonctionnaires et agents publics de l’Etat. Selon le président de cette structure, les deux parties se sont mises d’accord pour qu’à partir du mois de janvier 2024, un huissier touche l’équivalent de 350 dollars américains.
Selon le N°1 de l’Inap qui s’est exprimé dernièrement sur une station de radio locale, si le gouvernement ne respecte pas ses engagements, les syndicalistes vont prendre en mains leurs responsabilités afin de faire valoir les droits de leurs membres. C’est de l’intimidation à laquelle l’Inap recourt souvent pour tirer des dividendes.
Il est vrai que la mission primordiale des syndicalistes est de défendre les intérêts de leurs affiliés, mais il est aussi demandé aux syndicalistes de sensibiliser leurs syndiqués de l’acquittement de leurs devoirs professionnels. Tel n’est malheureusement pas le cas dans l’administration publique congolaise. Au lieu de réfléchir sur les causes profondes de la déliquescence de leur administration en vue de proposer des solutions appropriées pour son relèvement, les syndicalistes se fourvoient dans des chemins peu catholiques, pour leurs propres intérêts.
injection des proches qui occasionne la pléthore des effectifs
Ils ont le devoir des revendications mais ils ne font rien pour aider l’Etat à assainir les effectifs que le Trésor public doit payer. À plusieurs reprises, les syndicalistes ont été associés à des contrôles pour détecter les fictifs, mais il est déplorable de constater que lors desdites missions ils contribuent à l’injection des leurs occasionnant davantage la pléthore des effectifs dans l’administration publique. Ils oublient que par cet acte ils gonflent l’enveloppe salariale des agents et fonctionnaires. Une situation qui sert de prétexte au gouvernement de ne pas mécaniser beaucoup de ces personnels.
Lorsque l’Inap demande à l’Etat de payer à un huissier l’équivalent de 350 dollars américains, l’on peut quand même se demander combien le trésor public doit décaisser pour l’ensemble du personnel de carrière des services publics. Encore faut-il considérer que plusieurs de ces agents et fonctionnaires ne viennent pas du tout au service, mais se retrouvent dans leurs activités privées et n’attendent que le jour de la paie pour aller toucher à la banque.
attribution desordonnée des numetos matricules
La grande part de responsabilité du gouvernement dans cet imbroglio retombe principalement au ministère de la Fonction publique qui accorde vaille que vaille des numéros matricules sans tenir compte des réalités sur le terrain. Pour preuve, il y a une pléthore d’agents parce que la fonction publique a recruté sans tenir compte des cadres organiques des ministères. Comme ils n’ont rien à faire et par manque d’infrastructures, ces agents fantômes préfèrent rester chez eux et vaquer à leurs occupations.
Outre les fictifs, il y a de ceux-là sont payés par deux ou plusieurs ministères. À ceux-ci s’ajoutent les décédés qui continuent à être payés comme s’ils étaient encore en vie. S’il faut opérer aujourd’hui un contrôle sérieux dans les ministères, l’on aboutira à un véritable scandale. Le Trésor public paie beaucoup de chômeurs qui ne rendent aucun service à l’Etat.
Multitude de baremes
Un autre désordre dans l’administration publique est la multitude de barèmes. Il y en a au moins trois. Il y a des agents qui ne touchent que le salaire ordinaire. Ici un huissier à 200.000 FC et un directeur 430. 000 FC. Il existe des agents qui prestent dans des directions dites standards où le moins payé perçoit de loin plus qu’un directeur ordinaire. Un autre barème concerne les ministères privilégiés, notamment les Finances et le Budget, dont les primes sont 10 voire 20 fois plus que le barème ordinaire.
Face à cette injustice, l’Inap n’a jamais soulevé un doigt pour protester et réclamer que l’ordre soit remis dans la fixation des salaires. Sa tactique consiste à faire beaucoup de bruits en menaçant de déclencher une grève afin d’être soudoyés par le gouvernement. La future équipe qui sera mise en place par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo devra ouvrir l’œil et le bon pour remettre l’ordre dans l’administration publique. Muke MUKE