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Accord de Doha : Kinshasa juge "non satisfaisant" le premier projet
*Le président de la République, Félix Tshisekedi exprimerait ses réserves face à la médiation qatarie.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a clairement exprimé son opposition au projet d’accord récemment soumis par le Qatar, destiné à mettre fin au conflit dans l’est du pays. L’information a été rapportée à la presse hier mardi 19 août par le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, lors de son séjour à Kinshasa dans le cadre d’une tournée en Afrique.
Un mois après la signature d’une déclaration de principes entre Kinshasa et l’AFC/M23, les négociations donnaient des signes d’essoufflement. Selon le belge Prévot, le président congolais estime que le texte proposé n’est pas satisfaisant et qu’il nécessite un réexamen avant toute avancée.
«Une nouvelle phase de discussions va s’ouvrir dans les heures et jours qui viennent à Doha. Manifestement, le président Tshisekedi m’a confirmé que le texte qui avait été proposé n’est pas satisfaisant. C’est un élément important à avoir en tête».
La Belgique vigile sur les questions de droit international
Le ministre belge a ajouté que son pays continuerait à agir «comme vigile sur les questions de droit international» et a exhorté toutes les parties à travailler pour l’instauration d’une paix durable.
«Je vais espérer que tout va pouvoir permettre que les signaux s’alignent pour pouvoir obtenir un résultat le plus rapidement possible. La Belgique va continuer d’agir comme vigile sur les questions de droit international et appelle l’ensemble des parties à œuvrer pour qu’une paix durable puisse s’installer rapidement», a déclaré, à la presse, Maxime Prévot.
Vital Kamerhe déplore l’absence de changements sur le terrain
Le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a également exprimé son inquiétude concernant la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Lors d’une conférence de presse conjointe avec Maxime Prévot au palais du peuple, il a souligné que les accords de paix de Washington et la déclaration de principes de Doha n’ont pas encore produit de résultats tangibles sur le terrain.
«Nous avons constaté que ces accords n’ont pas changé grand-chose sur le terrain, les efforts doivent être faits», a-t-il déclaré. Kamerhe a insisté sur la nécessité d’un dialogue à la fois national et international pour renforcer la cohésion nationale, rappelant que le président, soutenu par plusieurs forces politiques et sociales, dispose d’une autorité plus forte que celle que lui confère la majorité à l’Assemblée nationale.
Le projet qatari proposait un calendrier structuré en trois phases
Selon plusieurs sources dont nos confrères de «Jeune Afrique»,Le projet qatari proposait un calendrier structuré en trois phases. Dès la signature, il prévoyait la création d’un Mécanisme multilatéral de suivi chargé de superviser la mise en œuvre de l’accord. La première phase devait se concentrer sur la situation humanitaire et la restauration de l’ordre, incluant la création d’une Force spéciale intérimaire et l’organisation d’un Format tripartite pour le retour des réfugiés.
La deuxième phase était centrée sur la gouvernance intérimaire et la sécurité, avec la mise en place de nominations locales en consultation avec l’AFC/M23 et la préparation des élections prévues en 2027 dans les zones affectées. Enfin, la troisième phase visait la relance politique, sociale et économique, avec un Dialogue national en 2026, la mise en œuvre d’un Plan de redressement économique et l’instauration d’un Mécanisme de vérité et réconciliation.
Ezechiel Monteirious Monteiro