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64 ans après l’indépendance de la RDC : Tshituka Albertine salue les avancées des conditions de la femme
Engagée tôt dans les mouvements associatifs congolais, Tshituka Mpinganiayi Albertine fait une lecture de l’évolution de la condition de la Congolaise 64 ans après l’indépendance. Cette économiste de l’Université de Kinshasa(UNIKIN), option Economie publique et industrielle, salue les progrès réalisés sur la condition des femmes même si le chemin à parcourir est encore long.
La RDC vient de commémorer ses 64 ans d’indépendance. Quelle lecture faites-vous de l’évolution de la condition de la femme ?
64 ans après l’indépendance, je pense que nous avons fait un pas de géant. Mais, il faut reconnaitre que nous avons encore du chemin à parcourir. Je disais que nous avons encore du chemin à parcourir parce que, malgré de grands progrès réalisés sur le plan juridiconstitutionnel, les défis à relever sont encore immenses et des actions courageuses doivent encore être engagées pour favoriser et accroître la participation politique de la femme en RD Congo. Le tableau ci-après montre que, quel que soit l’indicateur qui est considéré, cette participation reste faible : en aucun moment on observe plus de 10 % des femmes, comparativement aux hommes, dans les différents types de participation, exception faite de leur participation aux élections. Car on a observé une proportion de 13,6 % des femmes candidates aux élections législatives de 2006 contre 12,8 % aux élections législatives de 2011. En 2018, il y a eu 50 femmes élues sur 585 (candidates), et cela était déjà un record pour le pays. En 2023, il y a eu 66 femmes élues sur 688. Les taux par province varient de 5 à 20 %. Cependant, on peut noter que certaines provinces n’ont aucune femme élue. C’est les cas des provinces de Maï-Ndombe, Maniema, Mongala, Sud-Ubangi, Tshuapa. C’est pour la première fois qu’il y a 18 femmes dans un gouvernement de 54 personnes.
Certaines femmes attendent le pouvoir sur un plateau d’or en lieu et place de se positionner par le scrutin par exemple. Qu’en pensez-vous ?
Les femmes qui attendent le pouvoir sur un plateau d’or existent tout comme il y a aussi des hommes qui le font. Les femmes qui savent se battre existent de même qu’il y a aussi des hommes qui se battent. Je ne suis pas d’accord avec cette opinion qui voudrait stigmatiser les femmes
Avez-vous un message particulier à adresser à la Congolaise au lendemain de 64 ans de l’indépendance ?
Comme message d’aujourd’hui et pour demain, je voudrais voir un Congo fort et autonome. Un Congo où chaque Congolais occupe la place qui lui convient selon ses capacités, ses compétences. Je voudrais que chaque Congolais prenne conscience de son rôle de citoyen, que chaque maman joue son rôle de mère dans la société en éduquant la nation. Que chaque Congolais, chaque Congolaise se sente responsable du devenir de ce beau et grand pays que nous ont légué nos ancêtres.
Propos recueillis par Dina BUHAKE Tshionza