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40 ans d’existence du Centre international des civilisations Bantu: un moment de grande ferveur et d’une extrême solennité
Jour pour jour, le Centre international des civilisations Bantu (Ciciba) vient de totaliser 40 ans d’existence. Avec ses 23 pays fondateurs de départ (en 1983), le Ciciba a marqué l’entrée de l’Afrique bantu dans le giron des organisations internationales qui comptent, il faut également allouer au Ciciba le privilège d’avoir pu, chemin faisant, affirmer la singularité de ses identités plurielles.
Aux dires du Directeur général du Ciciba, Manda Tchebwa, ce 40ème anniversaire est un moment de grande ferveur et d’une extrême solennité. Ainsi, il est pertinent de faire de ce moment commémoratif une opportunité de bilan, d’actualisation de nos savoirs et des projections vers un nouveau futur en partant de la vision du père fondateur, Omar Bongo Ondimba, qui disait dès la création du Ciciba il a cité : «Dans mon esprit, rechercher les racines bantu, c’est construire notre avenir. Au-delà d’une parenthèse historique de cent ans après la Conférence de Berlin, ce qui est réellement en jeu, c’est notre capacité à nous réapproprier notre identité. Notre identité n’est pas perdue comme on voudrait parfois nous le faire croire mais elle demande à être actualisée pour pouvoir féconder notre croissance et notre développement. Vos recherches sont la base même des connaissances pour des générations des Bantu qui, aujourd’hui encore, ignorent plus qu’ils ne savent d’eux-mêmes», fin de citation.
Le numéro 1 du Ciciba, est d’avis qu’une telle intuition ne pouvait qu’être payante à terme, autant qu’elle mérite d’être saluée.
«Après une convention intergouvernementale qui avait été paraphée par tous les ministres de la culture présents à la réunion inaugurale de Libreville, qui venait ainsi d’instituer officiellement un foyer de recherche, de documentation, de formation et de coordination de toute activité culturelle, intellectuelle ou scientifique destinée à la découverte, à la diffusion et à la promotion des valeurs du monde bantu, le Ciciba s’est efforcé d’assumer sa vocation africaine et internationale en privilégiant et diversifiant la coopération tant avec ses pays-membres qu’avec ses divers partenaires institutionnels, d’ici et d’ailleurs à travers le monde. Et ce, conformément à la Charte culturelle de l’Afrique».
Les avancées significatives
Les avancées de ces 40 années ont été significatives, poursuit-il, dans la mesure où elles ont permis au Ciciba non seulement d’accroitre ses capacités à se penser à partir de ses propres prismes, mais surtout de se doter d’outils épistémologiques efficients pour collecter, stocker et diffuser en direction de la planète entière les valeurs du monde bantu continental et insulaire dans ce qu’elles ont d’original et d’inédit. Sans mettre de côté les savoirs endogènes et leurs effets subséquents sur les plans de développement culturel de nos Etats.
Le DG Manda Tchebwa, a également indiqué que, pour intensifier la flamme de la présente commémoration, le Ciciba organisera une série d’activités culturelles et scientifiques, qui seront étalées sur toute l’année 2023 en divers pays de notre sous-région, voire jusqu’en Amérique latine, précisément à São Paulo (au Brésil), ville où le Ciciba a installé, depuis bientôt quatre ans, une représentation destinée à couvrir les activités du monde bantu de toute l’Amérique latine.
Processus de réforme pour le Ciciba
«Au moment où nous célébrons ces 40 ans d’âge de notre Institution, je me fais un devoir heureux d’annoncer à la communauté bantu qu’un processus de réforme a été engagé par le Ciciba à la demande de ses Instances, dans le but d’adapter notre institution aux défis et enjeux de notre temps. Les résultats de ces réflexions seront présentés en primeur aux assises du Ciciba, dès ce mois de janvier 2023 d’abord à la Réunion des experts, ensuite au Conseil d’Administration, et enfin à la Conférence des ministres ayant en charge les Affaires culturelles du Ciciba», a-t-il indiqué.
Pour finir, Manda Tchebwa, a en marge de cet anniversaire, rendu un hommage cordial et fraternel aux pères fondateurs, aux organismes partenaires, aux chercheurs et à tous les collaborateurs pour leurs diverses contributions au développement et la croissance du Ciciba.
Au terme de la Convention Intergouvernementale du 8 Janvier 1983 portant sa création, le Ciciba été institué comme un foyer de recherche, de documentation, de formation, et de coordination. En poursuivant un certain nombre d’objectifs entre autres, préserver et conserver les valeurs authentiques de la civilisation bantu, patrimoine commun aux peuples de langues et cultures bantu du Nord au Sud de l’Equateur, ainsi qu’à ceux de la diaspora, coopérer avec les institutions interafricaines et internationales à caractère culturel, scientifique et éducatif, en privilégiant et en intensifiant la coopération entre les pays de la zone bantu ; constituer une banque de données et un centre de documentation sur les cultures et civilisations des peuples de langues bantu ; promouvoir le développement des cultures par l’animation et le soutien à la créativité dans le monde contemporain … Tricya MUSANSI