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Tshikapa : les bureaux de l’EDC scellés par la DGRKAS, pour non-paiement des obligations
La ville de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, est plongée dans une vive inquiétude depuis hier lundi 23 février, à la suite du scellement des bureaux de l’Électricité du Congo (EDC) par la Direction générale des recettes du Kasaï (DGRKAS), pour non-paiement présumé des obligations fiscales provinciales. Selon des sources administratives locales, les agents de la régie financière provinciale ont procédé dans la matinée à la fermeture physique des installations commerciales de l’EDC, empêchant ainsi toute activité liée à la commercialisation de l’énergie électrique, notamment la vente des cartes prépayées utilisées par les abonnés.
Cette décision a entraîné l’arrêt automatique de la distribution des unités prépayées, principal mécanisme d’approvisionnement en électricité dans la ville. À Tshikapa, la majorité des ménages, des commerces et des petites entreprises dépendent exclusivement du système de recharge pour accéder au courant.
Des files d’attente ont été observées devant certains points de vente avant que la nouvelle ne se répande dans la ville, provoquant frustration et incompréhension parmi les usagers.
«Nous fonctionnons avec des cartes. Si on ne peut plus recharger, cela veut dire que nous allons rester dans le noir», s’est inquiété un habitant du centre-ville.
CRAINTES D’UNE PARALYSIE ÉCONOMIQUE
Les acteurs économiques redoutent des conséquences immédiates sur leurs activités. Les boutiques de conservation alimentaire, les ateliers de soudure, les cybercafés, les stations de recharge téléphonique et plusieurs services essentiels pourraient être contraints de suspendre temporairement leurs activités en cas d’épuisement des unités déjà achetées.
Les structures sanitaires privées, qui ne disposent pas toujours de groupes électrogènes fonctionnels ou de réserves suffisantes en carburant, pourraient également être affectées.
Plusieurs opérateurs économiques appellent à une solution urgente afin d’éviter un impact en chaîne sur la vie socio-économique de la ville qui pourrait entraîner une paralysie économique.
DIFFICULTÉS FINANCIÈRES OU SIMPLE DIFFÉREND ADMINISTRATIF ?
L’opinion publique s’interroge désormais sur les véritables causes de cette situation. Deux hypothèses dominent les débats : l’EDC ferait-elle face à des difficultés financières persistantes l’empêchant de s’acquitter de ses obligations fiscales envers la province ? Ou s’agirait-il d’un différend administratif ponctuel lié à un contentieux fiscal susceptible d’être résolu rapidement par voie de négociation ?
Jusqu’à présent, aucune communication officielle détaillée n’a été rendue publique ni par la DGRKAS ni par la direction provinciale de l’EDC pour éclairer l’opinion.
Cette situation met en lumière la fragilité de l’équilibre entre les régies financières provinciales et les entreprises publiques chargées des services essentiels. Elle soulève également la question de la gestion des obligations fiscales des entreprises stratégiques opérant dans les provinces. En attendant une issue favorable, la population de Tshikapa retient son souffle, craignant que la capitale provinciale du Kasaï ne soit progressivement plongée dans le noir si aucune solution n’intervient dans les prochaines heures.
Félix MULUMBA Kalemba