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NOUVEAU PROCUREUR GÉNÉRAL AU PG PRÈS LA COUR D’APPEL DE KINSHASA/MATETE, Roger Mavungu Mavungu : « Rendre compte ne doit plus être vu comme une trahison »
Le nouveau Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, Roger Mavungu Mavungu, a estimé que rendre compte ne doit plus être vu comme une « trahison » ou une « attaque », mais comme un exercice normal de gestion publique. Il a affirmé cette règle de gestion moderne lors de la cérémonie solennelle de sa prestation de serment le vendredi 04 septembre 2026, à Kinshasa, à l’occasion de l’audience publique et solennelle de renouvellement du serment.
Lors de son serment, le nouveau Procureur général Roger Mavungu Mavungu a placé la redevabilité du ministère public au cœur de son mandat. Cela, conformément au thème de sa mercuriale : « La redevabilité du pouvoir judiciaire : cas du Ministère public ». Il venait ainsi de donner le ton de son mandat à la tête du Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete : plus de transparence, plus de responsabilité.
Dans sa mercuriale, le nouveau Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete a rendu grâce à Dieu avant de remercier le chef de l’État Félix Tshisekedi pour sa « confiance ». Tout en indiquant que la présence de l’assistance prouve combien l’amélioration de la justice, et particulièrement de la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, la tient à cœur.
« L’OBLIGATION POUR UN MAGISTRAT DE RENDRE COMPTE »
Dans son discours, le représentant du ministère public a défini le concept « redevabilité » comme « l’obligation pour un magistrat de rendre compte des missions lui confiées par la loi ». Un devoir fort redouté par bien des agents et cadres de l’administration publique pour des raisons évidentes.
Comme un enseignant, il a choisi de faire passer son message par des images aussi simples qu’accrocheuses et autres exemples de proximité, propres à la vie quotidienne.
« Il suffit qu’un mari demande à son épouse comment elle a dépensé l’argent du marché pour que la soirée tourne au vinaigre. De même, une autorité interpellée au Parlement crie tout de suite au complot », a déclaré Roger Mavungu Mavungu.
Dans le secteur judiciaire, il suffit que la hiérarchie annonce des « journées portes ouvertes » qui constituent une occasion donnée aux justiciables de se prononcer sur la manière dont la justice est rendue par les magistrats, en mettant parfois en cause certains d’entre eux, pour que ceux-ci taxent leurs chefs hiérarchiques de chercher à se mettre en vedette pour s’attirer les faveurs du chef de l’Etat.
Ils estiment que ceux-là agissent en dehors du champ judiciaire alors que, précise le PG près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, les « magistrats sont censés rendre la justice au nom du peuple » aux termes de l’article 149 alinéa 3 de la Constitution.
« JUGEMENT DES NATIONS PAR DIEU » AU DERNIER JOUR
Les Saintes Ecritures lui ont également aidé à faire comprendre son message du jour. Il s’est ainsi inspiré des versets 31-46 du chapitre 25 du livre de Mathieu, qui évoquent le « jugement des nations par Dieu » au dernier jour, pour indiquer que toute personne devra rendre compte à Dieu sur la gestion des missions, commandements et talents reçus de Lui, exercice qui sera sanctionné par le séjour au ciel ou en enfer.
Ce devoir de reddition au dernier jour, comme on peut s’en rendre compte, provoque un traumatisme permanent chez l’homme qui ne comprend pas comment s’ouvre devant lui cette possibilité de rejoindre l’enfer après tant de souffrances endurées sur terre.
RENDRE COMPTE DOIT DEVENIR UN EXERCICE NORMAL ET RÉGULIER
Autant d’exemples montrant suffisamment que toute personne, gestionnaire des affaires publiques ou privées, semble réfractaire à cet exercice de reddition.
Rendre compte sur les missions reçues de la loi doit, en principe, devenir un exercice normal et régulier car il permet, à toute autorité politique ou administrative, et en l’espèce judiciaire, de se rendre compte si sa gestion de la chose publique est demeurée dans le cadre tracé par la loi ou s’en est éloignée ou s’il a posé des actes (actions) palpables et impactants, susceptibles d’améliorer son secteur d’activité (en l’occurrence une bonne distribution de la justice) en vue de recadrer son action.
Le Procureur général Roger Mavungu estime qu’il faut briser cette logique. Par conséquent, rendre compte ne doit plus être vu comme une « trahison » ou une « attaque », encore moins un complot, mais plutôt comme un exercice normal de gestion publique.
Autrement dit, le Procureur général Roger Mavungu Mavungu ambitionne de faire de la redevabilité son sujet favori tout au long de son mandat à la tête du Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete.
Rappelons que Roger Mavungu Mavungu a été nommé Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete par le président de la République, Félix Tshisekedi, au terme des ordonnances n°526/121 et 26/122 du 28 juillet 2026.
Cette cérémonie grandiose et de portée judiciaire majeure s’était déroulée en présence de plusieurs magistrats, autorités politiques et membres du barreau. C’est notamment, le président de la Cour constitutionnelle et président du Conseil supérieur de la Magistrature, Dieudonné Kamuleta, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, et le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki.
Kléber KUNGU